Raoul Hausmann Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart

MUSEES - FONDATIONS - INSTITUTIONS

Raoul Hausmann, Dadasophe
De Berlin à Limoges
Artiste invité : Peter Keene
Parlons-en.
OEuvres de la collection
Expositions du 27 février au 12 juin 2016
Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart
Place du château
87600 Rochechouart France+33 (0) 5 55 03 77 77
www.musee-rochechouart.com
contact.musee(at)haute-vienne.fr

Ce printemps, le musée départemental d’art contemporain de Rochechouart fête les 100 ans de Dada en présentant une exposition consacrée à l’artiste Raoul Hausmann. Il s’agit de la première exposition personnelle d’envergure qui lui est dédiée depuis la rétrospective de 1994. Cette manifestation s’appuie sur le fonds conservé par le musée, riche de plus de 700 productions et de milliers d’archives personnelles. Ces oeuvres et textes créés et conservés par Raoul Hausmann tout au long de son exil permettent de dresser un portrait inédit de celui qui se revendiquait « dadasophe », et de mettre en valeur la diversité de son art, en particulier l’héritage expérimental de Dada.

Raoul HAUSMANN, Dada Raoul 1951,

Raoul HAUSMANN, Dada Raoul, 1951, papiers et photographies découpés, aquarelle et encre sur papier 37,5 x 30 cm, Collection musée départemental d'art contemporain de Rochechouart

Raoul Hausmann naît à Vienne en 1886. Fils d'un peintre académique, il gagne Berlin en 1900. Après des débuts influencés par le cubisme, l'expressionnisme et le futurisme, il est en 1918 un des fondateurs à Berlin du mouvement Dada. Apparu deux ans plus tôt à Zürich en réaction à la 1ère guerre mondiale, Dada redéfinit profondément et avec iconoclasme la forme et les buts de l’art. A Berlin, Dada se fait davantage politique. Hausmann en est un des grands animateurs. Face au constat de l’échec des Beaux-arts traditionnels, notamment de la peinture, il invente le photomontage et devient un des initiateurs du poème phonétique, dont le fameux Fmsbw qui a une grande influence sur son ami Kurt Schwitters.
 Raoul HAUSMANN, Nu bleu, 1916, Huile sur toile, 74,5 x 58 cm
Raoul HAUSMANN, Nu bleu, 1916, Huile sur toile, 74,5 x 58 cm,
Collection musée départemental d'art contemporain de Rochechouart
Malgré la fin de l’aventure berlinoise, l’expérience Dada qui a remis en cause les cloisonnements artistiques et la frontière entre l'art et la vie, ne quitte pas la pensée d’Hausmann. Dans les années 1920, il réfléchit à une machine qui serait capable de convertir les sons en images : l’ « optophone ». En même temps, il commence une
pratique photographique. Cependant, en 1933, l’arrivée au pouvoir du régime nazi qui le considère comme un « artiste dégénéré » l’oblige à fuir l’Allemagne. Il trouve refuge sur l’île d’Ibiza, dont il explore le paysage et l’habitat par la photographie. Une nouvelle fois, l’histoire le rattrape, la guerre civile espagnole le force à un nouvel exil. Après un périple européen, il trouve refuge en Limousin, à Peyrat-le-Château où il séjourne durant la guerre, puis à Limoges où il demeure jusqu'à son décès en 1971.
Raoul HAUSMANN, Material der Malerei, 1918
Raoul HAUSMANN, Material der Malerei, 1918, Papiers collés, 32 x 18 cm,
Collection musée départemental d’art contemporain de Rochechouart
Dans l’après-guerre, il renoue avec l’héritage de Dada. Il renouvelle sa pratique du collage, poursuit celle de la photographie, reprend en 1959 celle de la peinture abandonnée en 1918 et développe une importante oeuvre écrite, poétique et théorique. A l’époque où le terme « néo-dada » devient à la mode et où de plus en plus de jeunes artistes et critiques prennent contact avec lui, Hausmann s’attelle à l’histoire de Dada. Entre polémiques (avec les lettristes, les néo-dadas, les nouveaux réalistes etc.) et affinités (avec les situationnistes, avec Fluxus etc.), l'oeuvre d'Hausmann devient à nouveau dans les années 1960 une référence pour les nouveaux courants de l’art contemporain qui redécouvrent le modèle expérimental de Dada.
Raoul HAUSMANN, Larmes rouges pour la Tchécoslovaquie,
Raoul HAUSMANN, Larmes rouges pour la Tchécoslovaquie,
30 décembre 1968, Papiers découpés, 65,5 x 50 cm,
Collection musée départemental d'art contemporain de Rochechouart

Cette exposition puise dans le fonds des 700 oeuvres et archives du musée (poèmes, romans, textes théoriques, correspondances, carnets, négatifs photographiques etc.), qui est, conjointement avec la collection de la Berlinische Galerie, la source principale sur l’artiste. Provenant directement de l’atelier de l’artiste, cette collection permet de rendre compte de l’oeuvre ambitieuse du dadasophe et de l'arrière-plan historique et intellectuel qui l'a nourrie. « On est ce que l'on garde » : les archives de l’artiste, leurs lieux de conservation comme leurs manques, reflètent l'histoire d'un homme, l’histoire d’un exil et « L’esprit de notre temps », pour citer sa sculpture la plus connue. Mêlant les médiums artistiques (collages, dessins, photographies, peintures, film, enregistrements…), cette exposition révèle les différentes facettes de l’art du « Dadasophe ». L’exposition présente également à titre exceptionnel L’optophone revisité par l’artiste Peter Keene qui a reconstitué et donné forme à l’invention théorique de Raoul Hausmann.

L’exposition s’accompagnera d’un ouvrage édité aux éditions Dilecta.

Raoul HAUSMANN, (sans titre), Photographie, 1931, 40 x 30 cm
Raoul HAUSMANN, (sans titre), Photographie, 1931, 40 x 30 cm,
Collection musée départemental d'art contemporain de Rochechouart
Musée départemental d’art contemporain de Rochechouart
Place du château
87600 Rochechouart France+33 (0) 5 55 03 77 77
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