Critique cinéma: Rembobimage

Le néoréalisme se développe en Italie dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et témoigne du contexte social et historique du pays. En rupture avec l’époque mussolinienne, le cinéma italien connaît alors une situation exceptionnelle.

La représentation de la réalité devient  primordiale. Le néoréalisme va « traquer la réalité dans la rue ».

En 1942, Visconti réalise son premier grand film, une œuvre fondatrice du néoréalisme italien. Alors que la censure italienne n’autorise que les films qui prônent le bien-être social, Visconti propose l’histoire  d’un couple adultère qui élimine le mari gênant, et le portrait sordide d’un pays qui étouffe sous la chape de plomb du régime fasciste…

Cette adaptation de James Cain (Le facteur sonne toujours deux fois) sera aussitôt censurée. Mais pour en parler, le monteur du film, Mario Serandrei, invente l’adjectif visionnaire : néoréaliste…

Mouvement cinématographique d’importance, « l’école néoréaliste »,  est cependant issue principalement de l’école réaliste française (Renoir, Clair, Grémillon) et de l’autocritique italienne elle-même.

Ainsi que le dit Panofsky,  il s’agit de «  filmer avec style une réalité non stylisée  ». Pour Deleuze, c’est surtout la marque de «  la crise de l’image action »…

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Je suis né en 1968, à Bagneux, en région parisienne.Les troubles identitaires d’une mère , enseignante en littérature, et la présence d’un père peintre, passé du « lettrisme » à la « figuration narrative » , ont sans aucun doute exarcerbé ma sensibilité créative. Une intranquillité transformée en intuition. D’où l’éclectisme de mes études universitaires : lettres modernes, cinéma, esthétique et sciences de l’art… Un cheminement qui m’a, in fine, mené à l’écriture d’une thèse consacrée à la délicate question de l’étude du « cinéma de l’immigration ».

Fer de lance de mes aspirations intimes, l’image-texte m’aura finalement propulsé socialement vers des postes de formateur en français-lecture de l’image, à Gobelins-L’École de l’image, notamment.

Un parcours familial chaotique et la rencontre de personnalités du monde du spectacle ont, en fin de compte, favorisé l’émergence de précieuses interventions ou collaborations : conférences-débats sur Georges Brassens, hommage à Abdellatif Kechiche avec les Films du Delta, partenariat avec des médiathèques pour des animations cinématographiques sur François Truffaut, Khaled Ghorbal… Mon travail d’écriture est donc toujours plus axé sur la recherche d’« urgences iconologiques ». Avec La Poétique du pré-songe, je sondais l’image improbable. Mon étude sur Georges Brassens me guida sur les pas d’une conduite créatrice.

 

Fabrice Venturini

Photo de Fabrice Venturini

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Ecrire la présence-absence…d’un déplacement


                                    Scol’ART (3)

On sait, depuis Roland Barthes, le rêve d’une littérature  « blanche », sans narrateur donc. Une littérature du signe en somme ; l’épopée de l’artiste Nathan Sawaya participe des mêmes contingences sémiologiques. Elle nous offre, comme en suspens, l’ombre  d’une narration enfantine faite de légos pour mieux redéfinir, in absentia, nos émotions totémiques premières : le soulagement, la joie, l’énervement…


Et c’est ce qu’a bien senti cet élève de quatrième de l’école Cohen Ténoudji. Une intuition à saluer, et à poursuivre, à l’image de l’adolescent éclairé, que tout véritable amateur d’art se doit de rester…

Feux rouges Sawaya
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Scol’Art : les icono… logiques

Par Fabrice Venturini

Image et enseignement général ne font, force est de le constater, que rarement cause commune efficiente. L’analyse de l’image enseignée aux scolaires relève dès lors beaucoup plus de la paraphrase que de l’appréhension proprement dite des processus iconologiques.

Et c’est là tout le paradoxe français ; le dogmatisme des compétences au détriment de l’errance intuitive. Se tromper sur l’image peut s’avérer vital - c’est un euphémisme -, au risque de la rendre muette…

Il nous faut retrouver, grands et petits, le syndrome « Fred » ; le célèbre auteur de bande dessinée. Il est ainsi frappant d’observer les capacités de réminiscence de nombre d’adolescents qui, de la lettre à l’image, possèdent la mémoire cachée où maître Philémon et l’ami Barthélémy (Robinson « transfiguratif ») ont jeté l’ancre et… l’encre.

scol art1
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Par Fabrice Venturini

Quand la publicité fait Art

L’initiation d’un public non averti aux dimensions sémiologiques de l’image ne fait souvent sens que lorsqu’elle entre en résonance «  magnétique » avec un domaine cognitif connu, ou reconnu de l’enfance.

L’expérience menée auprès d’une classe de sixième concernant les clés de l’image a néanmoins donné lieu à d’étonnantes productions et réflexions. Témoin cette très belle argumentation d’une jeune fille intégrant tout juste le collège, et n’ayant de « BALLY » aucune connaissance préalable. Preuve, s’il en est, que l’iconologie peut aisément s’appréhender au-delà de tout référentiel d’enseignement.

Une expérience mise en place au collège Cohen-Ténoudji, vouée à perdurer…

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Bartabas dans un film de Alain Cavalier LE CARAVAGE

Coutumier des prix et cinéaste singulier, Alain Cavalier revient, dans un film sans dialogues, au cinéma de l'épure qui le caractérise.
Et c'est peu dire que le trio Bartabas, le Caravage, Cavalier, laisse pantois. Comme si suggestivement, les élans chorégraphiques du premier épousaient le ténébrisme du second, pour se diluer dans la palette cinématographique du dernier.

Le Caravage, en effet, est un film de captations. Non celles d'un Peter Greenaway qui s'emparerait de Rembrandt, mais celles d'un Alain Cavalier qui chercherait à communier avec le Caravage : un cheval en l'occurrence.

"Le duo Bartabas-le Caravage, j'ai ramé avant de le filmer correctement. Il est fait de rythmes et mélodies musculaires qu'il faut capter à la seconde" confie ainsi le réalisateur.

Un film-contingence en somme, où théâtre d'ombres de chevaux rime avec piste de cirque éclairée, jalonnée de l'intime...

Et au milieu, des esquisses de naufrages joyeuses, pleines d'échappées belles poétiques, où, faut-il le dire, la magie de l'œil-caméra opère puissamment.

Fabrice Venturini

Alain Cavalier le Caravage

Marguerite par Fabrice Venturini

Ponctué de cinq chapitres, « Marguerite » est un film qui s’écoute autant qu’il se regarde ; un film à l’esthétique « naturaliste » où chaque portion de vie s’étoffe de mélodies intermédiaires : sentimentales, musicales, in fine, quasi transcendantales…

Une réussite donc, où le talent de Catherine Frot explose comme rarement.

Xavier Giannoli signe un film d’une grande justesse où âmes égarées, non-dits, bienveillance et mensonges mêlés composent le portrait d’une femme aimante, et paradoxalement préservée.

Il faut voir « Marguerite » pour cela : pour sa sublime cruauté feutrée autant que pour cette femme prête à tout pour être regardée.

Et dans cette partition, tout sonne juste, personne ne chante faux.

C’est à une véritable symphonie organique que Giannoli nous convie.

« Marguerite », de Xavier Giannoli, avec :
Catherine Frot
André Marcon
Michel Fau
Christa Théret
Denis Mpunga
Sylvain Dieuaide
Aubert Fenoy
Sophia Leboutte
Théo Cholbi

 Image

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 Mehdi Charef : entre ruptures et continuités intertextuelles par Fabrice Venturini

En mai 1985, un film créa une véritable onde de choc sur les écrans français : Le thé au harem d’Archimède. Issu d’un roman publié en 1983 aux éditions du Mercure de France, son auteur, Mehdi Charef, signait là l’œuvre qu’il faut considérer comme le manifeste de la génération « beur ».

Dès lors, de son premier à son dernier film, « Graziella », Mehdi Charef aura enfilé les perles…d’une métaphore filée ; et n’aura eu de cesse d’entériner la cause des altérités : intertextuelles d’abord, puisqu’elles surplombent son travail de faiseur d’images.

Marilyn Monroe, Humphrey Bogart, Giuletta Masina, Jean Seberg et, in fine, Rossy de Palma, cohabitent ainsi - douloureusement ? - au sein des fictions Charefiennes.

Chaque situation filmique, et finalement écranique, est, de fait, redimensionnée. L’ensemble constituant le gage de ce qu’un psychanalyste « concerné » analysait si bien : « arabe = rebeu = le beur = rebel ».

 A tout préjugé esthétique, par voie de conséquence….

Mehdi Charef
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La « solidarité sainte de l’artisanat »

Par Fabrice Venturini

À l’Estaque, faubourg de Marseille, le cabaret Le Perroquet Bleu sert de refuge et de point de repère à des personnages aux sensibilités contrastées. Leur vrai quotidien, c’est la communauté qu’ils y forment ensemble, pour le meilleur et pour le pire, avec le constant souci de « garder la tête hors de l’eau… ». Film pur et rare, À la vie, à la mort ! est un de ceux dont on aime dire qu’ils sont de circonstance ; de ceux qui résonnent comme une évidence, sans polémique ou sans partisan…
Ici, tout commence et tout finit par Le Perroquet Bleu ; et c’est pour nous montrer la vie, toute la vie, mais en mieux, car Robert Guédiguian n’aime pas les fausses notes. Avec son sens aigu de l’errance intérieure, il nous invite à un voyage hors du commun, au milieu de Marseille, au cœur du désir, aux confins du hasard. Si ses personnages sentent bon la Méditerranée, c’est par souci de ne pas trahir ; car son identité, c’est sa fidélité. Fidélité à l’écriture et au cinéma tout d’abord (le rôle principal est tenu par Gérard Meylan, un ami d’enfance de Robert Guédiguian). À la vie, à la mort ! est en effet son sixième long métrage, mais n’allez pas lui demander si tout est dit, il sourira, et vous fera comprendre, avec la modestie qui le caractérise, qu’il poursuit sa route, que ses personnages ne sont pas morts avec ce film, qu’il leur reste beaucoup à nous dire et à nous faire partager. Car chez Robert Guédiguian, on n’est jamais « assez généreux » ; tant qu’il reste une ombre d’humanité, on  a toujours plus à donner. Guédiguian, c’est le revers des idées reçues : chez lui, pas de haine, pas de vengeance, pas de gratuité. Si l’on aime, c’est que l’on vit, et si l’on vit, c’est que l’on aime ; même si pour cela, il faut parfois « franchir le pas ».

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Le cinéma et l'adolescence ont en commun leur jeunesse, ils sont le trait d'union de toute une diversité mais n’échappent pas pour autant au problème d'une définition. En schématisant on pourra dire de l'adolescence qu'elle est un corps d'émotions où s'expérimentent toujours plus de limites. Alors que le cinéma est un corps d'images à la fois façonné et minutieux, quoique étendu dans ses  approches techniques et thématiques. Mais la rencontre entre le cinéma et l'adolescence ne peut se limiter à de simples évocations de l’un et de l’autre, car ils s'épousent tous deux sous maintes représentations. Ainsi le cinéma destiné aux adolescents est-il histoire de fascination. Il éblouit, rassemble, communique aspirations et reflets d'une catégorie sociale toujours plus offerte à de nouveaux moulages. D’autre part on a pu différencier de plus en plus l’adolescent de l’adulte et confronter plus largement leurs perceptions réciproques au sein des écrits de fiction.

LA FASCINATION

Afin de développer cette idée de fascination sous la forme d'une image suggestive, on pourrait comparer le cinéma adolescent au film de Giuseppe Tornatore intitulé Cinéma Paradiso ; nous sommes dans les années cinquante, en Sicile, où un jeune garçon découvre la magie du cinéma aux côtés d'un projectionniste. Tous deux deviennent complices, et c'est de ce nœud que naît une passion réciproque pour le septième art... Ce film est caractéristique d’un « dialogue » capital entre deux catégories d'êtres, le jeune et le moins jeune, destinés à cohabiter dans l'imaginaire cinématographique des générations à venir. Ainsi  penser l'image, c'est penser cette rencontre.

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LE MUSEE PRIVE

tél: (33) 09 75 80 13 23
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 Patrick Reynolds
Directeur de publication

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