Critique cinéma: Rembobimage

 

L’intelligence des arbres

Une esthétique métaphysique de la supériorité végétale

Par Fabrice Venturini

S’il y a un documentaire dense, précis, aussi savant que poétique à voir et à revoir, c’est bien « L’intelligence des arbres », et son corollaire «  Les trésors cachés des plantes » ; car c’est justement avec une intelligence hors pair autant que pédagogique que Peter Wohlleben et Suzanne Simard décryptent ce que nous croyons parfois être des déserts verts.

De ces déserts où même une liane égarée peut singer la forme d’une feuille croisée. Un désert où l’on apprend que l’arbre n’est pas solitaire, mais solidaire, capable d’amitié… et même de compassion, pour son voisin malade. Celui qu’on abattra, et dont on abattra, de fait, la faculté de transmission, sa mémoire.

Comme la nature humaine la plus éclairée, l’arbre cherche avant tout la différence (et non les rangées uniformes que l’homme lui inflige) : qu’il s’agisse de simples végétaux, ou d’alter ego, au risque d’en mourir…

Dans ce balai de quêtes ancestrales, les arbres-mères prennent le relais, et avertissent petits et grands congénères de dangers à venir.

Reste la musique, inaudible aux profanes, de ces cuivres verts, qui pullule sur nos têtes distraites ; quand une multitude de racines aide jusqu’à survivre la souche que l’on croit morte, mais qui ne fait que trôner sur ce réseau vertical d’arbres, conscient et vivant, dont on n’entend , encore, que les silences.

« L’intelligence des arbres »

Avec Peter Wohlleben, forestier et auteur de « La vie secrète des arbres », et l’écologiste Suzanne Simard.

L
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Fabrice VenturiniL’incontournable second rôle prolifique du cinéma français

Par Fabrice Venturini.

Décédé en juin 2011, membre de La Comédie Française, père du cinéaste Philippe Garrel et grand-père de l’acteur Louis Garrel et de l’actrice Esther Garrel, Maurice Garrel aura marqué les esprits ; jusqu’à ses nominations tardives aux Césars pour « La discrète », de Christian Vincent, et « Rois et Reine », d’Arnaud Desplechin. Sans occulter ses deux nominations aux Molières : respectivement pour « C’était bien » et « Le visiteur »…

Père nécessiteux, il fut marionnettiste. Acteur, il côtoya les plus grands : Costa-Gavras, François Truffaut, Joffé, Clément, Cavalier, Deray, Piccoli, Chabrol, Lelouch, Godard etc. Son réalisateur de fils également : Philippe Garrel.

A l’heure où ce dernier s’apprête à sortir son prochain film, à l’heure aussi où Louis Garrel incarnera Godard au cinéma, dans «  Le redoutable », de Michel Hazanavicius, la femme de Maurice Garrel, Huguette, ainsi que Fabrice Venturini, s’attellent à un projet commun : trouver un musée ou une galerie partenaire en vue d’un livre hommage et d’une exposition où s’illustrera la part méconnue du public de l’œuvre de Maurice Garrel. A savoir la trentaine de peintures qu’il laissa (et pour laquelle il n’eut pas le temps d’organiser une manifestation), des poèmes inédits, des photographies qui ne le sont pas moins, avec Albert Camus, Genet, Piccoli, et autres instantanés magnifiques…

-Appel à collaboration : merci à toute institution, musée ou galerie, qui témoignerait un intérêt à ce projet, d’en faire part à l’adresse mail suivante : venturinimage.seconde(at)gmail.com

Photo de Maurice Garrel par Huguette Garrel

Photo de Maurice Garrel par Huguette Garrel

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Beaucoup de choses ont été écrites  sur l'analyse, la fonction, le rôle, la présence de la photographie dans les films de Wim Wenders. Photographie comme métaphore ou comme métonymie, elle est partout dans son œuvre. Philippe Dubois ne dit-il pas que " tous les héros de Wim Wenders sont des professionnels du regard "... On pourrait surtout dire que le cadre est partout dans ce cinéma, sous toutes ses formes.

On sait Wim Wenders cinéaste, photographe, transcripteur de solitudes...
 
On le sait moins narrateur d’images fixes, d'imaginaires picturaux. Et pourtant, il n'y a point d'œuvre wendersienne sans commutation effective avec l'œuvre picturale d'Edward Hopper : " Nighthawks", "Early sunday morning", "Gas station", toutes ces réalisations ont en commun d'avoir métamorphosé la vision cinématographique de Wim Wenders; sans oublier la référence commune à " The Killers ", de Robert Siodmak.
 
"Alice dans les villes", "Paris Texas", "Lisbon story", " l'Etat des choses", " Faux mouvement ", ou encore " Les ailes du désir " , forment non seulement une somme artistique à elles seules, mais également un somptueux apport aux grands faits de l'histoire de l'art...

Par Fabrice Venturini

Wim Wenders Berlinale 2015
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Khaled Ghorbal  

Entre digression et cohésion, couleurs d’un humanisme d’aujourd’hui

Par Fabrice Venturini


Définir le cinéma de ce réalisateur aussi majeur que discret relève en quelque sorte de la gageure. Rares sont en effet les cinéastes  « patients » et obstinés à porter la cohésion de leur œuvre à ce degré de perfection. Khaled Ghorbal est de ceux-là. De ceux qui, comme les frères Dardenne, savent capter les ellipses, au point d’en faire des « phrasés » visibles autant qu’audibles, de par leurs vibrations éparses.
Un silence, chez Khaled Ghorbal, c’est déjà un film. Dans ce cinéma transi de territoires (désert, ville, émancipation, rencontre et renoncement), chaque objet constitue sa propre digression. L’espace du 9-3, dans «  Un si beau voyage », devient étendue vierge de sable blanc dans la seconde partie du film. La rage de «  Fatma », son deuxième long métrage, devient odyssée de l’être.«El Mokhtar » (L’Elu) enfin, son premier court métrage, met en exergue la radicalité ontologique de son objet.
En pointilliste aguerri, Khaled Ghorbal propose avec «  Zaafrane », son dernier opus, toute la palette d’une variante qui réinterroge l’ensemble d’une œuvre.
Reste à souhaiter que le cinéma français continuera d’égrener la parole et la fibre de ce cinéaste hors des sentiers battus…

Khaled Ghorbal
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Sing Street

Entre silences et chants : la gracieuse émergence

Un film de John Carney
Par Fabrice Venturini


Sélectionné au festival du cinéma américain de Deauville 2016, Sing Street propose d’habiles et émouvantes contingences à partir d’un contexte social à la fois hostile et déclencheur…

Nous sommes à Dublin, dans les années 80. Crise oblige, le sage Conor, lycéen dont les parents sont au bord du divorce, se voit contraint d’intégrer une école publique où violence et puritanisme font bon ménage. Mais la rencontre fortuite d’une «  matrice de vocation » va changer la donne…

Grâce à Raphina, Conor comprend qu’il peut maîtriser son destin. Et pour se faire, créer…un groupe ; où projections actuelles et «  futuristes » (comme il aime à le dire) génèrent une forme de résilience.

SING STREET 120h
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Rester vertical L’onirique chaos
d’Alain Guiraudie

Par Fabrice Venturini

Un homme, une route, une mise en abyme initiale cernent d’emblée le problème du cinéma. Si Damien Bonnard (Léo, dans le film) n’est pas Alain Guiraudie, il se pose, comme lui, la question de l’écriture filmique…sur un grand causse de Lozère. Errance des images et des mots, errance des corps, tout concourt à la déconstruction de la verticalité d’un âge d’homme ; paternité à la clef. A travers un montage aussi hypnotique que sensuel, et un travail de la lumière aussi onirique que naturaliste, Guiraudie construit l’improbable quête existentielle d’une « bête humaine » qui sombre peu à peu dans la misère, mais qui, face à la rencontre de loups, sait, précisément, «  rester vertical ». Auteur du très remarqué «  L’inconnu du lac », Alain Guiraudie est passé maître dans l’art d’une simplicité complexe. Le monde est vide certes, mais chaotique et protéiforme…
Un dédale formel, stylistique et philosophique à appréhender instinctivement donc ; avec le secret désir de, comme le réalisateur l’explique lui-même, «  grandir le réel, l’amener vers autre chose ».

Rester vertical d’Alain Guiraudie
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L’ECONOMIE DU COUPLE
Par Fabrice Venturini

Un film de Joachim Lafosse

Un homme, une femme, une image, une stabilité déviante, deux enfants : tels sont les ingrédients préliminaires d’un couple « défusionnel » d’aujourd’hui…
Un couple à l’économie émotionnelle, obligé de cohabiter, malgré d’éphémères tentatives de rapprochement. Après quinze ans de vie commune, Marie et Boris se séparent ; mais c’est elle qui a acheté la maison dans laquelle ils vivent avec leurs deux enfants. Boris, lui, a tout rénové ; jusqu’à ce qui a donné au domicile familial une plus-value inestimable : l’amour…

A l’heure des comptes, aucun des deux ne veut lâcher sur ce qu’il juge avoir apporté. Filmé à la lisière des «  scènes de la vie conjugale » d’un Bergman, ou dans l’antichambre du Cassavetes d’ «  une femme sous influence », l’économie du couple s’inscrit dans la longue lignée des films sur les rapports entre les hommes et les femmes.

Rien de spécifiquement novateur donc ; mais un désir supplémentaire de montrer ce désir indescriptible de dualités aussi convergentes, que divergentes…

L’ECONOMIE DU COUPLE Un film de Joachim Lafosse 
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L’EFFET AQUATIQUE
OU
LA  REMANENCE DE L’EFFET PRIMITIF

Par  Fabrice Venturini

Présenté lors de la Quinzaine des réalisateurs  à Cannes en 2016, « L’effet aquatique » s’inscrit dans la lignée esthétique d’une forme rémanente du cinéma primitif ; et épouse les contours d’un Jacques Tati qui égarerait Hulot à la piscine Maurice Thorez de Montreuil…
Ici, apparition impromptue plein cadre et contingence sociale se côtoient avec autant d’humour que de gravité. Samir, grutier à Montreuil, tombe ainsi amoureux de la belle Agathe, maître-nageuse qu’il poursuivra jusque dans ses déplacements à l’étranger. Le fil conducteur de tout cela : l’horizontalité bleutée de l’eau de piscine, comme un effet…cinémascope.
Au milieu, les regards, les non-dits, les silences «  liquides » opèrent avec mesure ; et la réminiscence de figures du burlesque aussi. Il faut voir «  L’effet aquatique » pour ces composantes. «  L’objectif [explique Sòlveig Anspach] était de faire convoler le burlesque et la comédie romantique, en harmonisant ces deux « sources » d’inspiration souvent contradictoires, et parfois dissonantes.

 
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Le néoréalisme se développe en Italie dès la fin de la Seconde Guerre mondiale et témoigne du contexte social et historique du pays. En rupture avec l’époque mussolinienne, le cinéma italien connaît alors une situation exceptionnelle.

La représentation de la réalité devient  primordiale. Le néoréalisme va « traquer la réalité dans la rue ».

En 1942, Visconti réalise son premier grand film, une œuvre fondatrice du néoréalisme italien. Alors que la censure italienne n’autorise que les films qui prônent le bien-être social, Visconti propose l’histoire  d’un couple adultère qui élimine le mari gênant, et le portrait sordide d’un pays qui étouffe sous la chape de plomb du régime fasciste…

Cette adaptation de James Cain (Le facteur sonne toujours deux fois) sera aussitôt censurée. Mais pour en parler, le monteur du film, Mario Serandrei, invente l’adjectif visionnaire : néoréaliste…

Mouvement cinématographique d’importance, « l’école néoréaliste »,  est cependant issue principalement de l’école réaliste française (Renoir, Clair, Grémillon) et de l’autocritique italienne elle-même.

Ainsi que le dit Panofsky,  il s’agit de «  filmer avec style une réalité non stylisée  ». Pour Deleuze, c’est surtout la marque de «  la crise de l’image action »…

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Je suis né en 1968, à Bagneux, en région parisienne.Les troubles identitaires d’une mère , enseignante en littérature, et la présence d’un père peintre, passé du « lettrisme » à la « figuration narrative » , ont sans aucun doute exarcerbé ma sensibilité créative. Une intranquillité transformée en intuition. D’où l’éclectisme de mes études universitaires : lettres modernes, cinéma, esthétique et sciences de l’art… Un cheminement qui m’a, in fine, mené à l’écriture d’une thèse consacrée à la délicate question de l’étude du « cinéma de l’immigration ».

Fer de lance de mes aspirations intimes, l’image-texte m’aura finalement propulsé socialement vers des postes de formateur en français-lecture de l’image, à Gobelins-L’École de l’image, notamment.

Un parcours familial chaotique et la rencontre de personnalités du monde du spectacle ont, en fin de compte, favorisé l’émergence de précieuses interventions ou collaborations : conférences-débats sur Georges Brassens, hommage à Abdellatif Kechiche avec les Films du Delta, partenariat avec des médiathèques pour des animations cinématographiques sur François Truffaut, Khaled Ghorbal… Mon travail d’écriture est donc toujours plus axé sur la recherche d’« urgences iconologiques ». Avec La Poétique du pré-songe, je sondais l’image improbable. Mon étude sur Georges Brassens me guida sur les pas d’une conduite créatrice.

 

Fabrice Venturini

Photo de Fabrice Venturini

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LE MUSEE PRIVE

tél: (33) 09 75 80 13 23
Port.: 06 08 06 46 45

 
Le Musée Privé Magazine d
 

 Patrick Reynolds
Directeur de publication

  art à Paris - LE MUSEE PRIVE
 

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