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THOMAS LEVY LASNE
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A la fois narrative et impressionniste, hyperréaliste et paradoxalement sortant des contingences la peinture de Thomas Levy Lasne est marquée du goût de la précision. Pour lui, les modèles quittent la situation d’objet pour devenir sujet afin d’inventer une peinture de soi et du monde à travers des portraits paradoxalement « sublimés ». De prime abord photographique la peinture en élimine le côté le plus immédiat qui soit.
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| | Thomas Levy-Lasne huile sur toile intitulée "Le couple" dimensions 200 x 200 cm | | Un tel travail reste dans ses sujets et son langage très lié à l’expérience personnelle de l’artiste comme à une vision des formes, des couleurs, de l’imaginaire, au désir de capturer et reproduire encore et toujours cette magie de l’image qui se révèle - comme à la surface de l’eau - à la surface des être. Le créateur saisit les beautés simples de la vie, des instants de grâce éphémère même dans une certaine trivialité. Comme Elina Brotherus (dans un autre genre) pour le jeune artiste le sujet n’a pas besoin d’être sublime pour émouvoir. L’essentiel est le temps qui lui est accordé. Thomas Levy Lasne sait retenir un visage, un fragment de silhouette dans son œuvre. Il capte l’ambiguïté du genre en chaque portrait comme en ses segments d’atmosphères-paysages. Explorant sa relation aux perceptions des modèles ou de son environnement l’artiste produit une vision fragmentée et subjective du temps, de l’espace et du portrait lui-même. Le créateur accumule les idées, avale images et histoires. Il note, croque, digère puis oublie. Si bien que chaque œuvre se transforme en un moment poétique qui produit chez le spectateur une sorte de rêverie mystérieuse, de songe énigmatique. Un simple accident sur la peau d’un de ses personnages transforme le portrait en paysage. L’artiste s’attache aux vibrations des couleurs, à la lumière, la sensualité picturale, aux formes et aux contours dans une faible profondeur de champ. Refusant tout flou poétique il cherche moins à décrire qu’à suggérer en insistant sur la netteté et la précision. | | | Thomas Levy-Lasne Huile sur toile intitulée "Condiments" dimensions 60x73 cm | | « Photographiques » ces images sont tout autant des moments d’évasion, de recueillement. Emane une « rêverie » au sens où l’entendait Rousseau. On perçoit – par effet d’ellipse par exemple - combien la peinture devient autant la sœur d’une dérive que l’expérience des êtres qui s’y plongent. L’artiste pose la question - et en ce sens sa peinture est expérimentale - « qu’est-ce que voir ? », « Qu’avons-nous vu d’un paysage ou d’un portrait et qu’en voyons-nous maintenant ? ». L’approche chromatique, la permutation implicite des genres, la présence ou l’absence des figures créent un effluve poétique par laquelle la pure narration introduit une réflexion sur la suspension et le passage du temps. La frontière entre réalité et fiction se brouille. Le film du temps s’altère pour laisser au spectateur un espace de liberté et de rêve où le corps de la femme est exploré dans, par exemple, tout un jeu de vêtements et selon des fragments où le gros plan brouille jusqu’aux effet de précision et de flou Une suggestion chargée d’un érotisme particulier est présente. Preuve que dans la recherche intuitive de l’artiste rien n’est laissé au hasard. Il travaille les couleurs, leurs densités et contrastes mais sans excès, juste comme un tireur le ferait sous agrandisseur, mais avec la souplesse, la précision et autonomie du peintre. | | | Thomas Levy-Lasne huile sur toile intitulée "Devant Courbet" dimensions 97x130 cm | Dans une période où brutalité, vitesse, accumulation sont les concepts performatifs du quotidien Thomas Levy Lasne propose une halte, une pose. Les « reportages » implicites de telles images prennent un sens très particulier. L’imaginaire devient la projection d’une douceur, d’une qualité particulière d’émotion portée non vers l’exacerbation, l’hystérie trash mais l’apaisement. La peinture reste un appel au songe, à l’évasion mais au sein même du quotidien. Elle reste aussi une forme d’introspection. Le temps est donc bien le véritable sujet de la peinture. Le tout sans rien théoriser pour pouvoir approcher le mystère du regard. Par le plus intime l’artiste touche une généralisation de sa propre expérience. Force est de constater qu’on s’y retrouve . Les émotions livrées par la peinture induisent le partage au sein d’une forme d’hybridation du masculin et du féminin. Se ressent dans cette approche des liens avec les œuvres photographiques d’Elina Brotherus (déjà citée) ou les regards qu’un Rinko Kawauchi porte sur l’enfance ou que Loan Nguyen porte sur la femme. Mais Thomas Levy Lasne les développe selon un formalisme pictural (au bon sens du terme) qui permet le développement de toute une palette. Les personnages à la fois restent enclos dans leurs rectangles mais en même temps ils « explosent » non sans sensualité froide. | | | Thomas Levy-Lasne huile sur toile intitulée "Boite de nuit" dimensions 97 x 130 cm | Quant au paysage la photographe l’ouvre à un autre esprit de compréhension. Le spectateur est confronté à l'espace intérieur et à l'espace extérieur ou plutôt à ce qu'il croit être dedans, à ce qu'il croit être dehors : "être" est donc la réalité commune de ces paysages. L’artiste considère donc de manière très particulière le paysage. Les reprises mettent du paysage dans du paysage, de l’espace dans l’espace. Les œuvres fixent le spectacle du paysage tout en le traversant. Elles sont donc un point de vue comme la réalité elle-même est un point de vue. L’artiste souligne toujours le paysage en tant que gigantesque engloutissement dans le temps. A l’infini miroir lointain voilé embrumé du paysage l’artiste préfère une certaine clôture.
Jean-Paul Gavard-Perret | Voir le site internet de l'artiste http://www.thll.fr
| BIOGRAPHIE DE THOMAS LEVY-LASNE | Né en 1980 à Paris vit et travaille aux Lilas | Expositions Récentes | 2012 Exposition personnelle, Drawing Now, Galerie Isabelle Gounod, Caroussel du Louvre. 2011 Exposition personnelle, Les choses muettes, Château de la Louvière, Montluçon Exposition collective Novembre à Vitry, Vitry-sur-Seine Exposition collective L’exil, commissariat Gaël Charbeau, BackSlash Gallery, Paris 3e Exposition collective Et plus si affinités..., Artothèque de Caen, Caen Exposition collective Dessin/3/desseins, Galerie Isabelle Gounod, Paris 3e Exposition collective La festive, La métive, Ahun, Creuse Exposition collective Salon de mai, artiste invité, Espace Commines, Paris 3e Exposition collective Lilar’t, Les Lilas 2010 Exposition personnelle, Dorothy’s gallery, Paris XIe Exposition personnelle, Espace culturel Henri Dunant, Les Lilas Exposition collective Jeune création, 104, Paris Exposition collective Parcours Carne, Hôtel Forest Hill, Paris XIXe Exposition collective Salon de Montrouge, Montrouge Exposition collective Lilar’t, Les Lilas 2009 Exposition collective Novembre à Vitry, Vitry-sur-Seine Conception et réalisation de l’affiche du spectacle Hamlet joué au TAP (Scène Nationale de Poitiers) 2008 Exposition collective Novembre à Vitry, Vitry-sur-Seine | Résidence | 2011 Shakers, Montluçon, six mois La Métive, Ahun (Creuse), trois semaines 2004 Echange de trois mois à l’Ecole des Beaux-Arts de La Cambres, Bruxelles | Publication | 2012 Catalogue personnel de l’exposition de l’Orangerie de la Louvière, Montluçon (30 pages, 1000 exemplaires) 2010 Jeune Création
2010 55e Salon de Montrouge (PDF)
2004 Diplômés 2004 Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
| Formation | 1998- 2004 DNSAP à l’unanimité (Beaux-Arts de Paris) | Acquisition | 2012 Fond Shakers, Montluçon 2010 Cinq aquarelles Artothèque de Caen
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