Née en Algérie , Nadia Spahis poursuit des études d'art à l'école nationale puis l'école supérieure des Beaux -arts et l'université de Paris 1 sorbonne. Elle vit et travaille en région Parisienne depuis 1995. Diplomée en décoration (DNBA )et en Arts Plastiques et sc de l'art (DESA )elle poursuit sa démarche et sa passion pour l'image et la représentation du corps dans nos sociétés dites "modernes". Créatrice iconoclaste, elle bouleverse les modes de pensée, interroge sur les rapports entre l'image et le corps, son travail se situant à la limite du conceptuel.
EXPOSITIONS 2010 sélectionnée par Le Musée Privé -Paris 2010: du 28 au 30 mai:"les roses de saint germain " commissaire d'exposition : Véronique Grange Spahis Galerie de L'Europe, Saint Germain-des-Prés Paris . 2009: novembre centre culturel Algérien à Paris exposition collective avec 25 artistes en hommage au peintre Guermaz 2008: juin centre culturel Algérien à Paris exposition individuelle Hygride et Camouflage 2008: juin espace d'art contemporain Eugène Baudouin à Antony à venir le monde sage commissaire Claude Yvans 2008: mars espace Eugène Baudouin un lieu un lien "6 artistes Algériens commissaire Martine Bercovy 2007: Musée Issiakhem Kabylie Algérie. Exposition inaugurale du Musée 2006: Espace Univers Paris ,exposition collective et vente aux enchères par Maître Cornette de Saint-Cyr ; commissaire d'exposiiton Véronique Grange Spahis 2006: stand au marché d'art contemporain de Paris Bastille 2006: juin:Exposition internationale galerie Top action Alger 2004: mairie du 13 ème Paris "sucrée-sacré - salé " 2004: festival d'art contemporain "AFRICAJARC " ville de Cajarc 2004: les "Parasols Ringis" malle d'artistes, support pédagogique 2003-2004: Résidence d'artistes de 45 jours invitation par la ville de Roman au musée international de la chaussure; espace visitation. Aménagent d'une salle de 80 m2 2003: novembre viaduc des arts Paris Panet dz 2003: octobre -novembre Musée d'art naif "Halle saint Pierre" Montmartre exposition individuelle 2003: le génie de la Bastille "la 1003 em nuit "à l'atelier dorée 2003: Mairie de Paris salon des tapisseries 2003 : Espace Michel Simon café des Arts Noisy le grand 2003: mars "La galerie rue de la forge royale Paris 2003: mars"Atelier Z" rue de la grande armée Paris 2001: mars :centre culturel Algérien à Paris 2000: avril foire international Paris "la villa du bac" 1999: avril Musée des Beaux- Arts Alger 1999: avril biennale internationnale des Arts Plastiques UNESCO/AIAP invitée d'honneur aux Emirats 1999: janvier cabaret sauvage La vilette Paris 1998: Divan du monde Paris 1998: mai Biennale du salon Pyrénées arts 1997: Galerie Nikki Marquadt place des Vosges Paris 1996: Première biennale des créatrices méditerranéennes Galerie Cargo Marseille 1996: mars Hôtel des Pénitentes Angers 1993: centre culturel Français d' Alger exposition individuelle "Algérie éxil intérieur" 1993: fresque de 500 m2 gare routière d'Alger 1993: centre culturel Espagnol Alger Site Internet de l'artiste : http://artandbodylove.odexpo.com
TEXTE DE JEAN-PAUL GAVARD-PERRET SUR L'ARTISTE NADIA SPAHIS : CE QUI ARRIVE Dans les œuvres de Nadia Spahis par stupeurs de l'entraperçu une fraîcheur de création fait monter des incendies. Certaines de ses femmes glissent sous le verglas des couleurs. Nous sommes alors encore plus éloignés d’elles. Mais nous restons en intime connivence. Elles deviennent nos clandestines là où les horizons n’ont plus de réalité. Et nous demandons qu’à prolonger le voyage des couleurs et des sens. Senteur de cacao, parfum Chanel n° 5. Enlacement des formes, inondations (après l’incendie). Puissance d'apparition parfois par enlisement. Par ses "érogènes", "icônes", "dolls", ses "femmes de pub" et à travers divers techniques souvent mixtes, des jeux de camouflages et d'hybridations Nadia Spahis telle l'amazone d'Afrique du Nord (que son nom suggère) donne une nouvelle figure à la postmodernité plastique. La jeune artiste réunit des figurations à la Gilbert et Georges, un paradoxal néo-réalisme onirique et une métamorphose des images "pieuses" (cf. sa "Madonna"…) des mythologies contemporaines. Se situant sur les traces des apparences elle pénètre leur mystère par la matière sensation, la matière émotion. Couleurs et vibrations s'inscrivent parfois avec violence pour créer une intimité inattendue née à la faveur des recoupements et des renversements. La peinture ne recouvre plus : elle découpe et transfigure. Sa créatrice propose un passage et un renversement par tractions, poussées, recompositions lumineuses. Des éléments hétérogènes sont introduits afin de diffracter la clarté en un emmêlement de convergences par le bleu, le jaune, le rouge, le vert là où le terme de matrice reprend tout son sens. Manipulant des simulacres Nadia Spahis substitue ses leurres à divers types de métamorphoses. Les "érogènes" et certaines de ses "dolls" en donnent parfois des états naissants. Chacune de ces femmes prend corps dans une mise en scène où le jeu entre intériorité et extériorité fonctionne par effet de surface. S'accomplit par la narrativité particulière une mise en abîme des masques. Nadia Spahis propose une suite de déplacements par la cohérence défaite de ses jeux de couleurs. En surgit un côté Matisse pour l'émerveillement au sein même de la précarité et la splendeur de ses traces. Se fichant des débats théoriques sur la représentation, l'artiste expérimente. Se mêlent les fixités et les errances dans ce tutoiement vers l’inconnu avec une masse d'ingrédients imprévus et de chausse-trappes. Dès lors la connotation de théâtralité détruit la superficialité décorative. L'art pivote de la recherche d'une simple beauté "émotive" vers la saisie "émouvante" du mouvement et de la lumière. Du portrait pictural sort divers types de "dédoublements". Chaque photo devient un photogramme. Les œuvres sont hypnotiques parce que "défaillantes". La créatrice opacifie la prétendue transparence pour mettre en exergue non "ce qui arrive" mais - à l'inverse - "ce qui n'arrive pas" en nous glissant dans une zone d'errance. Tout se passe comme si nous avions qu'un œil et deux sexes : le monde se bouleverse. Nous sommes là où l'artiste voit et où ses femmes jouissent. Elles-mêmes courent après leur sexe pour rendre le nôtre plus visible. Pourtant nous sommes pris de haut en un tel vertige. Nadia Spahis glisse sa lumière en ce que Quignard nomme "La nuit sexuelle". Celle-ci ne se perd plus entre les jambes. Et si c'est le cas en surgit un autre soleil. Doublant l'astre majeur l'artiste invente une autre terre. Il n'y aurait plus de nuit. Il n'y aurait que le jour. L'artiste nous fait donc changer de planète. Elle permet aux yeux sexués (sous des lunettes de soleil) d'approcher un corps de feu. Un être est à naître avec un œil sous le ventre et deux sexes sous le front. Soudain nous ne cherchons pas à nous accoupler nous cherchons à naître. Enfin. Jean-Paul Gavard-Perret |