MYLENE BESSON ET PIERRE LELOUP MADE IN HEAVEN |
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Les deux œuvres conjuguent l’altérité, la distance comme la proximité en créant l’extériorité de divers pans lumineux sur le corps. Tout se fonde par un effet littoral où se conjoignent sans cesse l’ouvert avec le retrait, l’éclaircie avec la réserve, l’éveil au corps avec la souveraineté de son retrait. L’humain est porté à découvert. Et soudain on se souvient qu’être sur terre veut dire être sous le ciel. Cela veut dire être aussi dans l’atelier des deux artistes. C’est de là que tout part et que constamment tout revient. Sans doute les créatures des deux artistes rêvent-elles de tomber indéfiniment dans le ciel. Rêvent-elles d’y dormir. De façon directe ou indirecte leurs initiateurs ont un seul souci : celui d’une double création qui reste résolument verticale - même si en un temps plus ancien Mylène Besson peignit des femmes douloureusement repliées de manière fœtale. Les deux artistes retrouvent ainsi l'attestation de la "merveille" dont parlait Giacometti : à savoir qu'un être puisse se tenir debout. Ils pensent l'art autant en terme d'être qu'en tant que signe. Pour autant le premier n'est plus un simple référent. Le corps est le corps même de la peinture. Dans ses œuvres les plus puissantes Pierre Leloup peignit des dos nus, sachant que "ce qui est le plus profond dans l'homme c'est sa peau" (Valéry). Quant à Mylène Besson ses reines et ses maîtresses restent la figure rémanente et le témoignage perpétuel de la disparition. Pour autant leur verticalité n’est en aucune manière une nostalgie pour le divin. La peinture vit ici sans son recours. Et le couple n'oublie jamais l'humain trop humain. Il agite les deux œuvres et leurs hautes figures immobiles. Elles prirent naissance dans le petit jardin arpent d'un paradis terrestre et un lieu secret de lumière. Leur recherche fut donc grande de bonheur. Ils le donnent en partage. Qu'ils en soient remerciés. Jean-Paul Gavard-Perret «Face à Face» de Pierre LELOUP et Mylène BESSON. FACE A FACE Le Musée Faure est le dépositaire aixois de la mémoire lamartinienne, et à ce titre, le temps peut y être facilement suspendu l’espace d’une exposition, et les heures propices s’y égrener paradoxalement au fil des arcanes de nos propres mémoires. Pierre LELOUP Né en 1955, peintre, poète, décorateur de théâtre, infatigable illustrateur et grand «passeur d’art», le sien mais aussi et surtout celui des autres, il a été un grand animateur du musée Faure, avec 2 expositions personnelles en 1989 et1996, et 2 expositions collectives autour de son ami Michel BUTOR en 1995 et 2006. Puisse-t-il en être amicalement remercié ! Pierre LELOUP est décédé en janvier 2010. Mylène Besson Née en 1961, Mylène BESSON peintre et illustratrice elle aussi, a été la compagne de vie et de route de Pierre, et à ce titre, nous a grandement aidé à la préparation et la concrétisation de cette exposition.
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