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Tempête sur le monde de l’art Le 15 septembre 2008 l’artiste Damien Hirst vend sa production 2008 directement chez Sotheby’s Londres pour des enchères record de 88,94 millions d’Euros récoltés : voir l’article dans lemonde.fr département culture: http://www.lemonde.fr/ Le site paris-art.com publie l’excellent article de André Rouillé sur cette vente intitulé Koons, Hirst & Cie : art, fric et démesure : http://www.paris-art.com/ Le séisme provoqué par cette vente directe dans les milieux feutrés des galeries est-il à la hauteur de l’événement ?
Il convient d’analyser la répartition des ventes aux enchères dans le monde, par chiffre d’affaires pour avoir la réponse objective à cette question : Répartition par gamme de prix du nombre de lots adjugés analyse 2003 source artprice Moins de 1000 € : 43,8 % des ventes De 1000 à 10.000 € : 42,4 % des ventes De 10.000 à 100.000 € : 12,2 % des ventes De 100.000 à 1.000.000 € : 1,5% des ventes Au-dessus de 1.000.000 € : 0,1 % des ventes Cette analyse objective montre que les ventes de plus de 100.000 € représentent 1,6% des ventes mondiales, 86,2 % du marché étant réalisé avec des ventes de moins de 10.000 €, ce marché des enchères millionnaires s’adresse à des millionnaires qui sont de plus en plus nombreux dans le monde, ayant acquis des fortunes rapidement, ils sont extrêmement sensibles à la communication et tout l’art des grands « auctioners internationaux » est de les amener à dépenser chez eux. Damien Hirst et Jeff Koons sont issus de la communication et de la finance, Jeff Koons a même été trader à Wall Street et tous deux ont le sens de la polémique, ils savent choquer et alimenter ainsi les médias. Ces publicités presse, passages télévision, pages de magazines représentent un capital qui est partie intégrante du prix de leurs œuvres. Véritables chefs d’entreprises leurs ateliers emploient des centaines d’assistants, ils s’apparentent plus à des producteurs réalisateurs de cinéma qui mobilisent des capitaux pour générer leurs films, font travailler des équipes et réalisent des profits à l’échelon planétaires. La présence de ces artistes dans les institutions, salons, musées et "commissaires-priseurs internationaux" est fondamentale pour l'établissement de leur cote financière. La cote d'un artiste est avant tout de nos jours constituée par la communication planétaire faite autour de l’artiste. C’est le résultat de la financiarisation de l’art comme la financiarisation du monde de l’entreprise a conduit à placer l’argent au centre des échanges mondiaux en lieu et place des productions. On connaît le résultat avec la crise actuelle de la finance mondiale.
Est-on à la veille comme dans la finance d’un chute vertigineuse des ces artistes ? En fait il faut n’y prêter aucune attention car comme je l’ai précisé ce marché ne représenterait qu’un phénomène marginal (1/1000ème du marché mondial) dont on ne pourrait tirer aucune conclusion d’ensemble vu l’étroitesse de ce marché. Serait-il sage de tirer des conclusions à partir de ventes qui ne représentent que 1/1000ème du marché et de les extrapoler à l’ensemble du marché ? C’est un peu comme si on effectuait les cotations du CAC 40 sur 1/1000ème du marché boursier. L’art est complexe dans ses fonctionnements, le fantasme, l’irrationnel, sont un des nombreux éléments qui déclenchent la pulsion d'achat. C’est le grand fantasme de l ‘art qui mêle le talent et l’argent alors qu’il y a des artistes de grand talent que l’on peut acquérir pour des sommes modestes : c’est la démarche de la majorité des collectionneurs. Les plus grands collectionneurs ont toujours détecté les artistes importants dans l'histoire de l'art, avant tout le monde, ils sont visionnaires et possèdent "l'art de l'anticipation". Il vaudrait mieux parler des ventes à moins de 1000 € (43,8% des ventes mondiales) mais cela ne ferait rêver personne : le rêve et le fantasme sont le propre de l’homme qui a besoin d’admirer ce qui le dépasse, de créer des idoles et des dieux comme les peuples primitifs. |