Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés à
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avant le 1er avril 2012. L’auteur est prié d’inclure une courte notice biographique (50-100 mots), un résumé du texte (100 mots), ainsi que son adresse postale et son courriel. Les propositions non liées aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année). L’idée de la peinture La peinture a plus d’une fois été déclarée morte, mais elle n’a jamais cessé d’être au coeur des démarches artistiques. Le regain d’intérêt qu’elle semble connaître aujourd’hui pousse la revue esse, arts + opinions à vouloir étudier plus avant ce phénomène. D’emblée il faut préciser qu’il n’est plus possible, après l’épisode moderniste qui a fait connaître à la peinture abstraite un apogée historique, d’aborder la peinture exclusivement en termes de spécificité du médium. C’est pourquoi le présent dossier souhaite considérer des pratiques artistiques qui interrogent la peinture comme dispositif visuel et qui font de son histoire et de ses conventions leur objet. En somme, ce n’est pas la peinture, mais plus généralement l’idée de la peinture qui nous intéresse. À l’évocation de la peinture, plusieurs enjeux affleurent. Que penser d’abord de ces « retours » en force de la gestualité et de la virtuosité technique dans la pratique du médium peinture ? S’agit-il, en réponse à la dématérialisation de l’art et à la désertion des ateliers, d’une réaffirmation de l’objet d’art dans sa matérialité, d’un certain fétichisme de la touche et de l’expressivité de l’artiste, voire d’un « savoir-faire » retrouvé ? En quoi cela réactive-t-il des modalités d’affirmation du sujet auteur, de la croyance en son authenticité ou, au contraire, de sa facticité par le pastiche de styles et l’hybridité ? Que dire aussi de la méfiance en général cultivée à l’endroit de la peinture pour sa complicité disons « naturelle » avec le marché de l’art ? Qu’en est-il par ailleurs des discours postmodernistes des années 1980, de ceux qui, par exemple, publiés dans la revue américaine October, démonisaient la peinture en la qualifiant de bourgeoise et de régressive ? Peut-on encore parler d’un fossé entre, d’une part, les tenants d’un art critique par définition non pictural et les tenants d’une peinture prisée par le marché de l’art et les ventes aux enchères ? Si non, comment réconcilier ces enjeux ? Un autre pan des pratiques picturales, qui tendent à s’imposer de plus en plus, thématisent l’histoire et l’historicité de la peinture ainsi que ses conventions en ayant recours notamment à d’autres médiums (photo, vidéo, performance, sculpture et installation) et aux discours à son propos. Sous quelles formes et par quelles stratégies se donne à voir cette mise en perspective des enjeux historiques de la peinture ? Comment les artistes en viennent-ils par exemple à reconsidérer l’héritage de la peinture, les rapports hiérarchiques et les catégorisations sur lesquels on fondait sa valeur ? En effet, la peinture et son histoire, qui a longtemps dicté l’histoire de l’art en général, reposaient sur des exclusions qui font aujourd’hui l’objet d’un profond réexamen par les approches féministes et postcolonialistes que plusieurs artistes adoptent, alors que d’autres revisitent le médium en remettant au cause les conventions du sujet peint, de l’originalité et de l’unicité par opposition aux médiums de reproductibilité technique. Parmi les reconsidérations qui ont cours, plusieurs portent sur le modernisme avec des artistes qui poursuivent l’aventure du monochrome, à l’évidence inépuisable. Au contact des différents régimes de visualité et de représentation, il ne suffit d’ailleurs plus aujourd’hui de catégoriser la peinture en termes de figuration ou d’abstraction ; alors qu’en est-il des notions de fenêtre, d’écran et de tableau qui ont fourni à la peinture ses différents modèles théoriques à travers le temps ? Ce sont ces enjeux, et d’autres encore, que ce dossier veut explorer en invitant les auteurs à soumettre leurs propositions et leur texte. ESSE
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