Des prix déconnectés des réalités du marché

Ventes aux encheres des commissaires priseurs

ARTPRICE Novembre 2011 - A l'heure où l'intention d'achat d'œuvres d'art dépasse les 70% selon l'Art Market Confidence Index d'Artprice, les estimations des ventes d'art impressionnistes et modernes de New York se hissent toujours plus haut. La course aux records sur le marché haut de gamme se poursuit selon les prévisions de Christie's et Sotheby's. Les ventes du soir ouvrent le 1er novembre chez Christie's au Rockefeller Plaza ou 71% des lots offerts (85 lots) sont attendus à plus d'un million de dollars. Sotheby's œuvre le lendemain pour tenter de disperser 76% de ses 71 lots au-delà du million de dollars.

Le lot phare de chacune des sociétés propulse les estimations à plus de 25 m$ car, même si Sotheby's garde l'estimation de son paysage de Gustav KLIMT secrète, les quatre dernières œuvres vendues dans cette veine ont été adjugées entre 28 et 39 m$.

Chapitre sculpture

Le point d'orgue de la vente Christie's est une Petite danseuse de 14 ans d'Edgar DEGAS. La sculpture la plus célèbre du mouvement impressionniste est ici estimée entre 25 et 35 m$. Ce modèle de bronze à la cire perdue signée Hebrard gagnerait donc 8 m$ en moins de deux ans (cédée l'équivalent de 17 m$ chez Sotheby's Londres le 3 février 2009) et 15 m$ dans la décennie (cédée l'équivalent de 10,4 m$ chez Sotheby's Londres le 27 juin 2000). Avertissement aux amateurs : toutes les petites danseuses de Degas ne sont pas des étoiles, d'autres fontes plus tardives de la jeune danseuse (100 exemplaires) sont abordables pour moins de 30 000 $ en salles (29/03/2009, invendue à son estimation de 24 000 - 28 000 € chez Monsantic en Belgique). Face à Christie's, Sotheby's annonce un superbe Nu de dos d'Henri MATISSE entre 20 et 30 m$. Il s'agit du premier état d'une série de reliefs en bronze de plus en plus stylisés. L'année dernière (2010) pour ces même ventes, Christie's signait une enchère exceptionnelle de 43,5 m$ pour le quatrième et dernier état de la série. Ce record de 2010 explique l'estimation optimiste de 2011, pour cette Vénus puissamment charpentée du premier relief d'une série qui existe sous forme complète au Centre Georges Pompidou de Paris et au Kunsthaus de Zurich. Il s’agit là de fontes exécutées à un petit nombre d’exemplaires, après le décès de l’artiste.

Si le premier relief du Nu de dos ne prétend pas à un nouveau record pour Matisse, la Femme de Venise VII d'Alberto GIACOMETTI le revendique. Femme de Venise VII, estimée entre 10 et 15 m$ (6 exemplaires, 1957), provient en effet des héritiers du grand marchand d'art Pierre Matisse, qui l'acquit en 1958 auprès de Giacometti. L'histoire amicale de ces deux géants de l'art confère à l'œuvre un pedigree irréprochable et passionnant qui a poussé Christie's a gonflé son estimation. Jamais une Femme de Venise n'a en effet passé le seuil des 10 m$.

Chapitre peinture

Coté peinture, Christie's affiche à son programme onze œuvres de Pablo PICASSO, dont deux portraits de Marie-Thérèse et Dora Maar, chacun estimé entre 12 m$ et 18 m$. La Femme endormie (1935, 55.2 x 46.4 cm) pourrait dépasser ces prévisions puisqu'une autre Jeune femme endormie réalisée la même année, aux couleurs certes plus fauves mais aux traits moins élégants, s'est vendue l'équivalent de 19 m$ le 21 juin 2011 à Londres (Christie's). Le deuxième portrait de Picasso est une Tête de femme au chapeau mauve de 1939 qui n'a jamais vu les enchères. Partir dans sa fourchette d'estimation en ferait la femme chapeautée la plus chère dans l'histoire des enchères de Picasso. De même, la toile Les vacances de Hegel (1958) de René MAGRITTE, parait lourdement estimée à 9-12 m$. Même si la cote de Magritte est au beau fixe, l'association incongrue d'un verre d'eau posé sur un parapluie parviendra-t-elle à détrôner un record tenu par la plus célèbre série de l'artiste, L'empire des lumières (11,5 m$, Christie's NY le 7 mai 2002) ? Outre Les vacances de Hegel, Christie's propose quatre autres toiles de Magritte, tandis que Sotheby's en offre trois le lendemain : 8 Magritte en deux jours, c'est autant de peintures de l'artiste surréaliste qui furent soumises à enchères sur l'ensemble de l'année 2009. Les ventes impressionnistes et modernes rajeunissent : Claude MONET se fait rare tandis que les surréalistes grimpent en nombre et en cote.

Les raretés

Le tenue de ces ventes est, il est vrai, d'une incroyable qualité : pièces rares et parfaitement abouties, provenances irréprochables... tout concourt à des catalogues d'exception. Parmi les rares signatures très convoitées, celles de Paul DELVAUX et de Tamara LEMPICKA de se paieront chères. Les Mains de Delvaux, toile de 1941, sont estimées entre 6 et 9 m$... afin de convaincre le vendeur de s'engager à disperser un tel chef-d'œuvre, Christie's se porte garant sur cette œuvre. La société de ventes est donc engagée financièrement sur cette transaction à un prix miminum convenu avec le vendeur qui s'avère être le Musée d'art moderne de New York. Une telle provenance pourrait la porter à un nouveau record mondial, venant détrôner Les cariatides récemment vendues 8 m$ dans la maison concurrente Sotheby's (le 3 mai 2011). Sotheby's propose par ailleurs le 2 novembre la « petite soeur » des Cariatides : mêmes modèles, même format et même année d'exécution pour une toile intitulée Nus à la statue et proposée entre 3 et 5 m$.

Dans sa course aux records face à Sotheby's, Christie's offre un chef-d'œuvre de Tamara Lempicka. Cette rareté est estimée entre 6 et 8 m$, soit 200 000 $ de plus que le record signé en juin 2011 chez Sotheby's pour la superbe Dormeuse (cédée l'équivalent de 5,8 m$ le 22 juin 2011). Sotheby's concourt à nouveau le 2 novembre pour la plus belle adjudication de Tamara de Lempicka avec un langoureux nu en buste intitulé Le Rêve (Rafaëla sur fond vert), estimé entre 5 et 7 m$.

Les fichiers des sociétés de ventes sont si bien fournis en investisseurs milliardaires que les œuvres dispersées en salles sont plus chères désormais que celles proposées par les galeries d'art. Le boom des prix de l'art, l'hypermédiatisation des ventes de prestige et le travail de titans opérés depuis des années par les sociétés de ventes pour globaliser leur rayonnement ont définitivement inversé la tendance : l'opportunité d'acheter des chefs-d'œuvre se paye au prix le plus fort et la tenue exceptionnelle du marché haut de gamme relance le jeu des garanties et des enchères irrévocables (Irrevocable bid, pré-vente à un montant tenu secret assorti d'un intéressement de l'enchérisseur irrévocable dans le cas où l'œuvre se vendrait plus chère à un autre adjudicataire). Le retour de ses engagements financièrement risqués pour les sociétés de ventes démontrent leur degré de confiance dans le marché.

Source Artprice.com

 

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