LE MUSEE PRIVE STEPHANE FRADET-MOUNIER |
|
|
VIDEO
Une description en images de l'oeuvre et du travail de Stéphane Fradet-Mounier, qui nous présente aussi un dossier spécial paru dans le magazine d'art "Update", et quelques images prises lors d'une récente exposition à la galerie BOGO de Budon, en Corée du Sud. A description of Stephane Fradet-Mounier's works, some extratcs from a special article about Stephane published in art magazine "Update", and some videos from one of his recents exhibitions in BOGO Gallery, Budon, South Korea. Montage : André-Charles Idier /
Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
PRESENTATION DES OEUVRES
Expositions : 2011 Vente Cornette de Saint Cyr Vente aux enchères du Lundi 28 mars 2011
2010 Galerie la Rotonde Paris 18 2009 JN'ART Paris village suisse 2008 Sparts 41 rue de Seine Paris 6ème 2007/2008 Trans'art express Batignoles Paris 17 2006 Galerie Carincotte - 180. Rue Paradis - Marseille - 2005 Salon Art Miami 2004 Sens des Signes & A.I.A.P - Monaco 2003 Shocking - Monaco 2002 Avril/ La Petite Galerie - Rue de Seine - 75006 Paris
2001 Janvier: La Petite Galerie - Rue de Seine - 75006 Paris 2000 Poulain le Fur - Palais des Congrès - Paris 1999 Salon du 4 - Espace des Blancs-Manteaux - 75004 Paris 1998 Prix du Nouveau Talent & du Public Biennale de la Sculpture Animalière de Rambouillet 1997 Salon (des Maires de France 1991/1996 Expositions de Groupe - Paris / Ibiza / Saint-Tropez 1995/2001 Artiste Permanent - Galerie Saint Gilles Paris Expositions avec catalogues En Permanence Galerie Le Musée Privé - Rue Cardinet - 75017 Paris Galeries qui représentent ses oeuvres en permanance : Galerie Le Musée Privée/139, rue Cardinet 75017 Paris La Rotonde-Yvon Birster Expositions récentes : SFM, un art de la mesure et de la retenue La Rotonde-Yvon Birster CONTACTER L'ARTISTE :
STEPHANE FRADET-MOUNIER : JEUX ET ENJEUX PAR JEAN-PAUL GAVARD-PERRET Il faut bien se garder de réduire comme on le fait parfois l'oeuvre de Stéphane Fradet-Mounier à un jeu empreint de légèreté. Certes le sculpteur ne joue pas sur les effets de masse. Cela est important. Mais il ne faut pas en tirer des conséquences hâtives et anecdotiques. Le sculpteur nous prend dans un réseau étrange d'équilibres et de déséquilibres, de répétitions mais aussi de divers types de raréfactions ou d’amenuisements. Dès lors la notion de jeu - quoique séduisante - ne peut qu'amenuiser l'enjeu de l'œuvre. Tableaux sculptés et sculptures proprement dites créent des sortes de liserés (mais pas forcément de bordures) au moment où se produit un renversement : la matière perd en densité mais en même temps ce qui est de l'ordre de l'impalpable devient matière. L'artiste ramène à une source du langage plastique. La forme y décompose le monde pour le recomposer autrement et dans l’espoir de la “ chimérique expatriation du feu intérieur ” dont parle le poète Jacques Dupin. Les oeuvres de Stéphane Fradet-Mounier sont une succession de métamorphose même lorsque des formes reconnaissables - chaises échelles - y apparaissent. Celles-ci perdent toutefois leur valeur utilitaire pour devenir des symboles concrets de l'espace et de ses germes. Au moment même où la statuaire bascule de son piédestal classique (qu'on qualifiera pour faire simple à la Rodin) il ne s'agit pas de remplacer ce socle par un autre. Avec le sculpteur tout fonctionne autrement et - c'est à noter - sans le moindre didactisme ou souci de la "démonstration". Mais il y a plus : le lange de la statuaire ne devient pas pour autant platement symbolique. Il n'est pas qu'illustration abstraite dans le concret. Par ailleurs Stéphane Fradet-Mounier connaît autant la perfidie de la justesse, l'illusion du bien montrer que le mortel danger de l'authentique. Dès lors arrachant la sculpture à son habituelle sacralisation il la livre à une suite de perforations, d'aérations, de déplacements par ce que Beckett demandait à tout artiste : "a breaking down and a multiplication of tissue". De cette manière le créateur touche le fond du réel à travers la matière découpée mais aussi par un thème central que nous nommerons aérien. Cette manière de figurer éveille l'idée d'une présence impalpable, manquante mais dont l’ « idée » est suggérée. Les sinuosités des lignes ou leurs élancements verticaux comme leurs déplacements horizontaux deviennent l’enjeu d’une vie intense au sein même de la fixation et des contraintes imposées à la matière qui ne cessent de rappeler la lutte de l'être comme celle de l’artiste. La seule symbolique de l’œuvre n’est produite que par une série de décalages et une ironie qui ne se contente pas d’une approche purement conceptuelle de l’art. Celle-ci réduit toujours une œuvre à de l’illustration. L’artiste la refuse comme il refuse le simple décorum. La sculpture n’est plus seulement un objet posé – subtilement ou non – dans un espace. L’enjeu du jeu proposé est donc plus sérieux qu’il n’y paraît : le jeu de multiple (répétitions de formes) fait celui de l’unité et l’unité est donc démultipliée. L’artiste ne cherche donc pas à réactualiser une symbolique pérenne : il la détourne pour lui permettre de parler autrement à l’image de la matière qui se détache d’elle-même en divers jeux de bandes ou des sortes d’emporte-pièces. Certes une recherche de l’esthétique, une certaine manière de jouer avec l’illusion ne sont pas absentes : ce serait d’ailleurs renier ce qui fait (en partie) que l’art est art. Plus ingénieux que ses contemporains platement iconoclastes Stéphane Fradet-Mounier ne rejette pas l’objet : il se confronte à lui. Il le malmène habilement en le travaillant méticuleusement pour le mener dans des chemins de traverses afin qu’il soit opérant et qu’il puisse toucher autant l'affect que l'esprit. Contre la vision « épique » de la statuaire qui l’a réduite trop souvent à une marchandise l’artiste propose une autre plus-value. Le temps semble suspendu dans la géométrisme parfois sophistiqué. Prenant de la distance avec le classicisme le créateur ne renonce par pour autant à « faire » même si pour certains adeptes du mou et du moelleux cela est devenu incongru. Fradet-Mounier s’oppose et fait résistance à une telle myopie qui voudrait le placer à tort au rang de passéiste. Ses sculptures sont fascinantes. Elles deviennent la traduction du mouvement en termes forcément immobiles. Il y a là une dynamique immanente et une présence fabuleuse, obsédante parfois même subtilement érotique. La sculpture devient le lieu du transfert entre le ciel et la terre. L’échelle par exemple - et même s’il joue avec - n’y est pas pour rien. Elle reste le signe de mariage du paradis et de l'enfer dans une sorte de symbolisme poétique qui, in fine, pousse le réalisme à l'extrême. Par exemple dans « Equilibre » des cercles jouent entre eux pris au piège de la matière mais l'acier fait son envol. C'est pourquoi cette œuvre comme toutes les autres ne connaissent pas la chute. Elles deviennent des corps d'air étayés de strates en un mouvement de conquête. Sous leur diversité de formes surgit une unité de motif plus que figurative. L’œuvre peut donc être considérée comme une suite de variations sur un même thème en des digressions de composition, des modulations de la matière. Indépendantes les unes des autres, les pièces jouent sur le conflit du vide et de plein, de l’ouverture et de la béance qui plus que la fermeture est son véritable contraire. Chaque fois la "même" oeuvre est donc remise " à zéro " afin d’atteindre un point d’impossible absolu qu'il convient de serrer chaque fois de plus près. D’une pièce à l’autre l’œuvre engage la totalité du projet artistique. La parenté entre elles invite à voir chacune d’elle comme un morceau d'un « puzzle » (dont l’artiste offre une figuration dans l’une de ses pièces) ou une version diffractée et incomplète d’un Idéal. En conséquence Stéphane Fradet-Mounier ne considère pas la sculpture comme un art qu'on possède mais comme une recherche. Chaque pièce témoigne de l'introspection agissante. Celle-ci devient un acte de fabrication, une pensée qui se prend elle-même pour objet. La pesanteur de la matière est là pour exalter l'apesanteur de la vie, la force et la précarité, l’équilibre recherché dans un constant déséquilibre. Ajoutons que peu à peu la maturité a effacé les défenses de l'artiste. Plus il progresse plus il est hanté par le Mystère de l'identité. Son "je" ne peut donc être un jeu mais représente un enjeu. Les seules pirouettes que se permet l'artiste appartiennent au registre de la pensée et afin de la désenclaver pour que par l'imaginaire en action surgisse le je caché aussi cérébral que sensuel, aussi primitif qu'actuel. Jean-Paul Gavard-Perret SPÉPHANE FRADET-MOUNIER : EMERGENCES, RESURGENCES PAR JEAN-PAUL GAVARD-PERRET La sculpture chez Fradet-Mounier entraîne une expérience du visible que la plupart des travaux de ses confrères sont inaptes à saisir. Elle n’est plus un lieu fermé et compacte. De l’air y passe. Elle évoque pourtant une solidité. Mais emprunter un tel chemin revient à prendre la part du risque, de renoncer aux formes prévisibles en un développement et un renversement des coordonnées spatiales. Emerge la sensation du lieu. Les sculptures deviennent objet d’aimantation et de propulsion. Par ses forgeries et ses ponçages l’artiste crée ce que Didi-Hubermann nomme un « aître » : à savoir non pas ce dans quoi nous habitons mais ce qui nous habite et nous incorpore. L’épaisseur est ténue mais tient. Sculptures et tableaux-sculptures restent complexes et méticuleuses en des équilibres et des déséquilibres. Chaises ou échelles (par exemple) sorte de leur aspect utilitaire sans pour autant se réduire à un symbole. Sous leur diversité de formes surgit une unité de motif plus que figurative. L’œuvre peut donc être considérée comme une suite de variations sur un même thème en des digressions de composition, des modulations de la matière. Indépendantes les unes des autres, les pièces jouent sur le conflit du vide et de plein, de l’ouverture et de la béance. Chaque fois la "même" oeuvre est donc remise " à zéro " afin d’atteindre un point d’impossible absolu qu'il convient de serrer de plus près. Et d’une pièce à l’autre l’œuvre engage la totalité du projet artistique. La parenté entre elles invite à voir chacune d’elle comme un morceau d'un « puzzle » (dont l’artiste offre une figuration dans l’une de ses pièces) ou une version diffractée et incomplète d’un Idéal. Surgit une dilution de l’effet de surface et de ses qualités de compacité. Le lambeau, le fragment créent des minces traversées qui déchirent la masse mais et créent une obombration très atmosphérique. Il ne s’agit plus de plénitude : nous sommes transportées dans le royaume des passages dans un développement qui joue avec le chromatisme. L’artiste connaît autant la perfidie de la justesse, l'illusion du bien montrer que le mortel danger de l'authentique. Dès lors arrachant la sculpture à son habituelle sacralisation il la livre à une suite de perforations, d'aérations, de déplacements. Le créateur touche le fond du réel à travers la matière découpée mais aussi par un thème central que nous nommerons aérien. Cette manière de figurer éveille l'idée d'une présence impalpable, manquante mais dont l’ « idée » est suggérée. Les sinuosités des lignes ou leurs élancements verticaux comme leurs déplacements horizontaux deviennent l’enjeu d’une vie intense au sein même de la fixation et des contraintes imposées à la matière qui ne cessent de rappeler la lutte de l'être comme celle de l’artiste. Jean-Paul Gavard-Perret |
|||||||||||||||||||||||||||||||||||






