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LE MUSEE PRIVE REMZI
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| REMZI, peintre français est né en 1928 à Kirikhan, Anatolie. Il vécut à Antioche, puis à Istanbul où il fut accueilli par le « groupe des Dix » avec lequel il exposa en 1950 et 1952. Peintre de figures, portraits, intérieurs, paysages, natures mortes, pastelliste, graveur. Il fut élève et diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts d'Istanbul, alors dirigée par le peintre français LEOPOLD LEVY. En 1953, il s'établit à Paris.
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A la charnière de deux cultures l’Orient de son enfance et l’Occident avec son pays d’adoption la France, le philosophe et critique d’art Henri Van Lier a qualifié Remzi de peintre interculturel. Cette double identité lui a donné la richesse des couleurs, la sonorité des tons, la sensualité et la sensibilité des sujets qu’il a puisés dans sa vie à Montparnasse dans les années 50. | PRESENTATION | Remzi est né à Kirikhan près d’Antioche en 1928 dans une famille kurde du Sud- Est de la Turquie. Son père a quitté sa mère avant sa naissance et Remzi ne fait sa connaissance qu’à l’âge de Treize ans. Lorsqu’il entre à l’école primaire, Remzi ne parle que le kurde, sa langue maternelle, et l’arabe. Il y apprendra par la suite le français. Alors que sa mère vit dans le village de Yalankoz, iI est placé dans une famille de Kirikhan. Là il scrute les mains du fils de la famille lorsqu’il dessine. C’est en autodidacte qu’il va s’exercer au dessin. Il réalisera sa première peinture à l’âge de seize ans. Faute de peinture en tube, c’est chez un garagiste, peintre en lettres à l’occasion, qui lui fournit les matériaux et lui prodigue les conseils techniques élémentaires.Remzi va ensuite au collège et au lycée d’Antioche. Son professeur de dessin ayant été formé à l’académisme, l’encourage dans sa vocation. En 1947, à l’âge de 19 ans, il va exposer pour la première fois à Kirikhan dans le centre culturel au grand dam de sa famille et notamment de son père qui veut le voir exercer un « vrai » métier. Presque toutes ses peintures sont vendues. Fier de ce succès et grâce à l’intervention d’un ami de son père qui va persuader ce dernier, Remzi se rend à Istanbul pour tenter le concours d’entrée à l’Académie des Beaux-Arts alors dirigée par le peintre français Léopold Lévy. Il choisira l’atelier de Bedri-Rhami Eyuboglu ouvert à l’art occidental et à l’école française en particulier.
 Pendant ses six années d’étude, il participe à des expositions de groupe à l’Institut Culturel Français d’Istanbul et à Ankara. Il fait partie du « Groupe des Dix » tous élèves de Bedri-Rhami Eyuboglu avec lesquels il expose dans divers espaces culturels. C’est en 1953, que Remzi décide de partir pour Paris. Il fréquente Montparnasse où il rencontre les peintres du moment. Remzi écoute et se questionne. Il retrouve Léopold Lévy avec lequel s’installe une relation filiale jamais démentie. Il fréquente l’atelier du graveur Friedlaender et l’Académie de la Grande Chaumière. Un moment tenté par l’abstraction, il retourne à une figuration qui correspond davantage à son inspiration tournée vers la nature et l’expression des sentiments. Se détournant délibérément des préoccupations de certains sur « l’avant-garde » ou la modernité, il se remet à peindre des personnages, des natures mortes, des fleurs, des objets du quotidien. Plus tard, la rencontre avec la Corse et plus tard avec la Drôme, lui inspirera des paysages qui lui rappellent les montagnes du Kurdistan, et donnera à sa palette des couleurs plus éclatantes. Il participe dès son arrivée à Paris à de nombreuses expositions de groupe, puis seul en France, en Suisse, en Allemagne, en Italie. Sa dernière exposition rétrospective a eu lieu au Musée du Montparnasse en octobre 2005. | OEUVRES |
EXPOSITIONS | 1947 Expositions personnelles Kirikhan Antioche Istanbul 1948 Maison du Peuple Sisli Istanbul 1950 Exposition personnelle Kirikhan Exposition du « Groupe des Dix » Istanbul 1951 Exposition du « Groupe des Dix » Istanbul 1955 La Hune Paris Exposition de groupe Gravures 1956 Iris Clert Paris Exposition de groupe Musée d’Art Moderne de la ville de Paris Première exposition Internationale d’Art Plastique Galerie Sehir Istanbul Exposition personnelle 1957 Galerie Estève Exposition de groupe Paris 1958 Salon des Surindépendants Paris 1961 Académie des Beaux-Arts Exposition de groupe Istanbul 1962 Galerie Sehir Exposition de groupe organisée par Le Pati Ouvrier Turc Istanbul 1965 Galerie 7 Exposition de groupe Paris 1966 Galerie Dogus Exposition de groupe Ankara 1968 Galerie La Bazarine Exposition de groupe Portraits Paris Galerie La Muraille Besançon « Sept peintres turcs à Paris » 1969 Exposition personnelle Boulogne sur Seine 1971 Musée National de Laon Exposition rétrospective Laon Salon d’Art Mantes la Jolie 1972 Galerie Tivey-Faucon Exposition personnelle Paris Galerie Chantepierre Exposition personnelle Suisse Galerie Tivey-Faucon Exposition personnelle Hommage à Pougny Paris 1974 Salon d’Art Mantes la Jolie Galerie Kriegel Exposition de groupe Portraits Paris 1976 Galerie La Galée Exposition de groupe Montélimar 1976 Granges de Servette Exposition de groupe Douvaine 1977 Galerie La Galée Exposition de groupe Montélimar 1977 Galerie Saint-Georges Exposition de groupe La Nature Morte du XVIIème à nos jours Lyon 1977 Palais de l’Europe Exposition de groupe Menton 1977 Galerie Saint-Georges Exposition de groupe Lyon 1978 Galerie de Nevers Exposition de groupe Paris 1978 Musée Château Exposition personnelle rétrospective Dourdan 1980 Galerie de Nevers Exposition personnelle Paris Galerie J. Auriel Exposition personnelle Toulouse Galerie Claude Hémery Exposition personnelle Paris Les Hauts de Belleville Exposition personnelle Paris 1981 Brigitte Schéhadé Exposition personnelle Paris 1982 Galerie Ikuo Exposition personnelle Pastels Paris Galerie J. Auriel Exposition personnelle Toulouse Association « La Rue de Bourgogne » Exposition personnelle Paris 1983 I.N.E.P. Exposition personnelle rétrospective Marly-le-Roi 1985 Galerie Istria-Damez Exposition personnelle Paris Galerie J. Auriel Exposition personnelle Toulouse 1988 Artefieria Bologne Italie 1989 Galerie Nadalini Exposition personnelle Paris Galerie des Artisites Exposition personnelle Paris 1992 Musée Carnavalet Exposition de groupe Paris 1993 Galerie Etienne de Causans Exposition personnelle Paris 1994 Galerie am Domhof « Les Peintres de Paris » Exposition de groupe Zwickau Allemagne 1997 La Capitale Galerie Exposition personnelle Paris 2001 Galerie Claudine Legrand Exposition personnelle Paris 2005 Musée du Montparnasse « De Montparnasse aux divins divans » Exposition personnelle Paris 2008 La Capitale Galerie Exposition personnelle Paris 2009 La Petite Galerie Saison turque à Paris Exposition de groupe Paris 2010 Musée du Montparnasse Une Ecole de Paris Turque Exposition de groupe Paris 2012 Février 2012 Remzi Rasa "Choisir la solitude" Une rétrospective Santral Istanbul Mai 2012 Remzi Rasa "Choisir la solitude" Une rétrospective Diyarbakir novembre 2012 Artisan galerie Istanbul | | | Musées | 2010 Musée du Montparnasse "L'Ecole de Paris Turque" 2005 Musée du Montparnasse « De Montparnasse aux divins divans » 1992 Musée Carnavalet, Paris. Exposition de groupe. 1976 Musée de Dourdan. Exposition personnelle rétrospective. 1971 Musée National de Laon. Exposition personnelle rétrospective. 1956 Première Exposition Internationale de l'Art Plastique et Contemporain au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris. | R E M Z I : "Une Peinture Interculturelle" par Henri Van Lier | On pourrait les appeler les Interculturels. Certains viennent de Chine. D'autres des Andes. Un bon nombre aussi du domaine arabo-islamique. Ils ont en commun d'avoir gardé leur vision d'origine, même s'ils la fécondent d'éléments grammaticaux et de thèmes empruntés à la contemporanéité internationale. Somme toute, là ou les Post-Modernes jouent diachroniquement avec les époques, les Interculturels jouent synchroniquement avec les cultures. Remzi est exemplaire à cet égard. Ses thèmes sont un fauteuil, une table, une montagne de la Drôme, et, dans sa grammaire, on sent qu'il regarde admirativement les impressionnistes et Cézanne, surtout Matisse. Mais la vision de base, le travail cérébral de base vient de plus loin, dans le temps, mais surtout dans l'espace. Elle suppose les plateaux moyens du Kurdistan, irrigués du Tigre et de l'Euphrate par où les céréales sauvages des très hauts plateaux d'Anatolie et d'Arménie sont pour la première fois descendues vers les plateaux inférieurs de la Mésopotamie, fondant nos premiers empires Région depuis islamisée. Cela saute aux yeux dès le trait. Le dessin ne tente pas de cerner, ni d'appuyer, ni de creuser, -mais d'écrire légèrement, en un suspens de la ligne qui est l'écriture arabe En tapis volant Le transatlantique pliable à merci, et dont les appuis mêmes ne sont que des pliures impondérables devait fournir à Remzi une série inspirée. Toute étoffe également. Sinon que chez lui les nappes de Cézanne deviennent l'aile, la ceinture et le turban géants de l'archange des Merveilles de la Création, datées de 1370, probablement en Irak. La lumière suit, plus proche de Byzance que d'Argenteuil. Elle n'est pas tombée sur les choses, elle ne s'est pas reflétée sur les choses, elle en est "exsudée" de par dernière, de par dedans, comme disait !e vieux Suidas parlant des murs de mosaïque Donc pas la couleur de l'icône russe. visqueuse et rayonnante, créant une transcendance proche. Mais justement des teintes glissées qui ne compromettent pas l'absolue non-épaisseur de l'arabesque Techniquement, ce sont les pigments du pastel sec sous j'huile, l'huile Blockx plutôt que Talens. Comme chaque fois dans le monde arabo-islamique, le voile est la clé de tout II ne dissimule pas l'inavouable, comme en Occident. Ni ne donne à deviner !'essentiel à travers lui, au-delà de lui, comme en Occident toujours. C'est un voile qui n'a pas d'à-travers, et qui n'est devant rien. Dont les chevauchements (ceux de l'écriture et des Mâgâmat d'al Harîrî) et la lumière en suffusion sont la seule réalité définitive. Ontologie autre. Il serait temps de songer à une vaste exposition des Interculturels. Ce serait une contribution importante à la compréhension de notre société internationale. Ils ne sont ni avant-gardistes ni archaïques, Ni non plus éternels. De façon actuelle, ils croisent les espaces autant que les temps. La place de Remzi y serait d'autant plus saisissante que sa culture d'origine est réputée sans images. En fait, il continue la grande tradition de l'image arabo-islamique qui a eu cours pendant la période créatrice de l'Islam, du VIIème siècle au XIV°, des Sassanides à Bagdad, avant l'asphyxie par les Turcs et le radicalisme iconoclaste. Henri Van Lier Février 1989 | REMZI PAR P.G. BRUGUIERE | (…) Quand nous regardons un par un les chapiteaux du cloître de Moissac, bientôt, immanquablement, une aube spirituelle d’éternité vient éclairer le monde qui nous entoure. Les arbres du préau, les tuiles du toit, le ciel même ont une lumière nouvelle. Cet espace de lumière, nous le trouvons dans toute l’œuvre de Rembrandt comme dans les Sainte-Victoire de Cézanne. J’ai conservé de l’œuvre de Remzi le souvenir fidèle de la splendeur de la couleur. Aujourd’hui, j’ai entre les mains une reproduction d’un de ses portraits monochromes et la photographie de ce fauteuil au bouquet de fleurs. Ce n’est pas le mouvement qui structure cette peinture. Rien n’y est animé, le fauteuil n’ouvre pas ses bras, ils sont ouverts : les fleurs combinent leurs couleurs avec la somptuosité du tissu qui recouvre le siège. Le fait est là, dans sa cruauté, et c’est bien cela qui nous touche dans ses peintures, et en particulier dans ses portraits. Ni la lumière ni l’espace ne viennent altérer la splendeur de cette architecture de couleurs. Et c’est que l’art de Remzi atteint sa perfection. Remzi m’apparaît tel un Chagall ou un Soutine venus du nord-est de l’Europe au début de leur carrière, pour produire chez nous et faire s’épanouir un art qui leur est propre. (…) P.G. Bruguière 1991 | REMZI PAR CLEMENCE SCALBERT | « Remzi, lui, semble s’être placé dans une démarche différente, voire contraire. Les objets de sa maison, composant son environnement quotidien, reviennent très souvent dans ses tableaux et semblent construire des repères familiers, un monde intime - intérieur - qui s’opposerait aux tours impersonnelles et aux grands espaces vides. Il a peint de nombreuses natures mortes dans lesquelles les objets qui l’ont accompagné dans ses déplacements et dans sa vie ont une place privilégiée : un sucrier blanc, une cruche verte, ou un buffet. Des scènes d’intérieur sont également dépeintes dans La porte ouverte, La porte fermée, Ma prison, Coin cuisine, etc. On peut tout à fait voir dans la peinture de ces objets la construction d’un monde protégé, rassurant dans l’exil. Ma prison a été peinte dans le sud de la France. Remzi s’est dit : « imaginons que je sois en prison, que je ne puisse pas sortir, est-ce que je pourrais toujours peindre ? » Il s’est alors enfermé dans le cabanon qu’il habitait et a peint sans sortir une vingtaine de toiles. Il a peint son intérieur. Il s’agit donc véritablement d’une peinture (et de la construction) d’un monde clos auquel il peut se rattacher, dans lequel il se donne une place précise et sûre. » Clémence Scalbert « Mémoire spontanée et travail de mémoire : exil et diaspora. Le processus de création chez six peintres kurdes. »
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