Biographie Monique HOILLY-ANDURAND FORMATION : Beaux Arts de Bordeaux et travail en atelier chez différents peintres dont : Ousseynou Sarr, J M Scotti, Pierrick Le Sault, Pierre Desvaux… EXPOSITIONS 1998 Château Montgaillard Cestas 2000 Galerie Ousseynou Sarr Bordeaux 2002 Espace AG2R Bordeaux 2004 Salon d’Albi 2005 Eglise Saint Rémy Bordeaux 2006 Siège BNP- Paribas Bordeaux (acquisition de 3 grands formats en exposition dans les salons de la banque) 2008 Espace Z Peugeot av de la Grande Armée Paris 2009 Sélectionnée par le Comité Le Musée Privé pour "Le Musée des Artistes" 2010 Exposition de Groupe  MONIQUE ANDURAND, VERONIQUE STIERS MARTINE VOISIN BLANC Chais de RYST ET DUPEYRON (négociant en vin et Armagnac) 12 cours du Médoc 33000 Bordeaux
2011 EXPOSITION Chapelle du Couvent au centre d’Ars ILE DE RE - ARS EN RE 25 juillet au 7 août 2011 Novembre 2011 Exposition avec l'atelier Aquitaine dans l'Eglise Saint-Remy à Bordeaux 2012 EXPOSITION Chapelle du Couvent au centre d’Ars ILE DE RE - ARS EN RE 30 avril au 8 mai 2012 
Texte par Jean-Paul Gavard Perret LES PORTES DE MONIQUE HOILLY-ANDURAND Monique Hoilly-Andurand peint par gestes vifs pour dévider l'écheveau du temps mais afin d’en retenir des instants. Elle peint l’éclat face à tout ce qui enferme. Son corps n'est pas séparé de ses toiles : il est dedans et les œuvres en contiennent jusqu’au parfum. Tout est là: le trop brûlant, le presque impossible. Quelque chose de violent que l’artiste fait remonter et à laquelle elle donne « corps ». L'émotion qui parfois soude les lèvres se libère. Les formes deviennent les brouhahas du silence, des arpents de lumières colorées, des effusions intérieures. Surgit l’étreinte de l’espace et du temps. La peinture devient un acte absolu et qui brûle. Reste la nudité lumineuse du rythme des toiles. Elles ne saisissent que la sensation, elles retirent les écorces des apparences. La vie se dresse dans ce que la peinture tord ou caresse. La peinture devient l'art de donner de l’espace à la réciprocité pour qu’elle soit plus intense. La créatrice fomente des volumes afin que l' espace soit plus fort que le temps. C’est un parcours initiatique. Le mental et le corps sont dans la même amplification. Les yeux sont fermés pour la fusion et ouverts pour la complicité. Chaque toile œuvres s’offrent avec une évidence sensorielles, elles montrent ce que les mots ne pourront jamais dire. Il y a là tout le contrôle et tout l’excès de Monique Hoilly-Andurand. Une telle recherche possède quelque chose d'âminalité. On se sent bien. Bien et secoué. On se sent traversé. Il y a la force du désir. Et probablement en regardant le ciel depuis son atelier l’artiste le parsème de bleu de Prusse et de rouge de feu. Les peintures permettent de franchir la frontière du réel, de changer de corps, de lieu, de temps. Voici ce qui touche à notre plaisir, à notre jouissance et, en conséquence, à nos possibilités d’angoisse puisque nos certitudes se voient interpellées. Les peintures ne donnent pas simplement à voir, elles retiennent, contiennent. L’expérience est autant existentielle qu’esthétique. Et il faut sans doute voir de telles œuvres dans une salle privée de lumière. Elles seules doivent être éclairées afin d'en éprouver la puissance. Posées les unes à côté des autres elles forment un mouvement d’ensemble. Surgit un effet étrange : danse immobile, appel muet vers l’espoir d’un seuil à franchir. Ne demeurent qu’un vertige et un appel. A notre “ aveuglement ” répond l’attente exaspérée par un dispositif pictural qui exclut toute position de voyeurisme. Monique Hoilly-Andurand invite à franchir le seuil d’un lieu qui n’est plus à l’extérieur mais dedans. Plus que l’étrangeté explosive apparaît une intériorité. Elle permet à l’inconscient qui habituellement ne connaît pas la traversée des frontières d’être mis en connexion avec ce qui le dérange. Le décor chavire. Il n’existe plus de place au « cliché ». Se touche une clameur intérieure, muette et mutante. La créatrice ne duplique pas du semblable, du même. Sa peinture renvoie à un autre écho. Un monde de structures est atteint. Il nous désaxe de notre assise, de notre sécurité. C’est un pas au-delà autant qu’en deçà. Nous sommes au sein de cerclages. Franchir la frontière revient donc à accepter de passer la limite de notre ignorance, d’accepter le saut vers ce qui échappe - mais qui est là. Un paysage “ neuf ” se développe, se convulse dans un espace silencieux où les pulsions règlent les comptes du sujet envers son désir et celui de l’autre. Ce travail conduit donc bien vers les défilés de l’inconscient mais il ne lui donne plus de quoi “ se défiler ” devant le péril de la traversée. Par chaque peinture-frontière Monique Hoilly-Andurand fait reculer l’enlisement. Le seuil ne sera donc pas un leurre mais une jouissance qui fait sourdre des gerbes divergentes de sens. Les formes et les couleurs grouillent comme en formation, en expectative. Elles restent éloignées de tout fantasme puisqu’il n’est pas à l’image. Mais il fait mieux : il est devenu langage. Ce langage est le plus souvent une matière jouissante et l’apparition d’une terre promise. Monique Hoilly-Andurand en effet déchiffre le monde en empêchant l’espace - sur lequel nos corps s’appuient - de s’écrouler, de s’abîmer. A ce titre et paradoxalement cette peinture provoque un retournement car elle n’est pas pur miroir mais effraction. Ce qui est le contraire d’une évasion : à savoir une invasion, un envahissement. Jean-Paul Gavard-Perret |