Le Musee Prive Emmanuel Rene |
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EMMANUEL RENE ITINERAIRE D'UN CREATEUR
Interview d'Emmanuel René, artiste conceptuel Parisien, par Patrick Reynolds, directeur du Musée Privé. Emmanuel Rene TAGUEUR au LOUVRE
OEUVRES
PRESENTATION Emmanuel René artiste fondateur de la translucidité définit son formalisme comme iconoclaste et abscons. Iconoclastes et inspirées d’Andy Warhol, ses œuvres accaparent l’espace virtuel des icônes de l’art pictural et le restituent dans l’accroissement de ses limites. Il oriente son travail vers une peinture abstraite dans un esprit de déstructuration. Les agencements de couleurs y sont traités rigoureusement, au rythme de transformations automatisées. L’iconographie de départ ne s’y rappelle qu’en contrepoint. Abscons comme la volonté de revisiter des toiles séculaires qui passe par leur exploration et leur déclinaison pour les faire revivre. La matérialité mise en oeuvre dans son travail est hyper-structurée, recherchant ici aussi l’émergence de phénomènes de chaos. Il combine couleurs et matières par l’assemblage d’encres pigmentaires et de toiles, qu’il extrait du savoir faire de Didier Vancostenoble qui, à la manière d’un typographe ou d’un imprimeur d'eau-fortes, assure la postproduction de l'oeuvre. L’investissement d’Emmanuel René est orienté vers l’intellectualité et se traduit par un travail intérieur d’introspection libre. Son approche personnelle d’un équilibre ressenti fait ré émerger pour chacun l’herméneutique intime née de visions picturales antérieures. Emmanuel René a publié une de ses Editions sur Google Livres : voir cette édition G M T Par Emmanuel RENE BIOGRAPHIE De façon parallèle, il développe sa sensibilité artistique par des travaux photographiques conventionnels. La substitution des émulsions photographiques microscopiques colorées, par des fragments de verre uniformément brisés le conduit à réaliser des vitraux, au moyen d’ « encollage sur le champ », selon une technique originale. Depuis 25 ans, il utilise l’opportunité des journées européennes du patrimoine où la reproduction d’œuvres d’art est librement autorisée. Ces sources sont caractéristiques des thèmes qu’il traite. Après les avoir transformées informatiquement, il en extrait les combinaisons de formes et de couleurs qui caractérisent son style. Comme ce serait le cas pour une lithographie ou une eau-forte, la discussion entre l'artiste (responsable de la création de l'image virtuelle), le réalisateur (Didier Vancostenoble, responsable du tirage unique de l'œuvre) et les galeries LoL et Le Musée Privé, où il expose (Laurent Badier, responsable de l'intégration de l'oeuvre dans l'environnement immobilier) implique d'incessants allers et retours entre le premier apparenté à la "production", le second, apparenté à la "post production", le troisième apparenté à " l'intégration". Ces allers et retours vont porter tant sur les couleurs dans leur rapport aux divers types de toiles et d’encres pigmentaires, que sur les ruptures de cadres utilisés dans l'oeuvre finale, dans leur rapport à l'architecture intérieure. Récemment, il a utilisé l’éclairage par diodes électroluminescentes pour aboutir à des modifications cycliques des interactions lumière – pigment, qui prolongent son travail sur la matière. Chaque oeuvre de l'artiste est accompagnée au dos d'un certificat : EXPOSITIONS 1999 Expositions Oeuvres de Soins à l'Assistance Publique des Hopitaux de Paris (APHP) 2008 LOL Gallery 2009 Rétrospective Emmanuel René à BICHAT 2009 Carrousel du Louvre Pierre Eugène commissaire (artplus europ) 2009 Grand Marché d'Art Contemporain Bastille 2010 Exposition PROVOK réunissant 25 artistes et 5 Galeries d'Art pour un évènement exceptionnel. 2010 Maison des Métiers d'Art de Pézenas Exposition ShowRoom des créateurs Les entreprises qui collectionnent l'artiste En Permanence Galerie de l'Hôtel de WICQUE à Pezenas Oeuvres de l'artiste vendues en Ventes aux Enchères Publiques Voir les résultats sur ARTNET Prochaines Expositions Association Arts au château de Guers Fin juillet - début août 2011 Visites aux Chandelles Château de Valencay LE MUSEE PRIVE
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Texte par Jean-Paul Gavard-Perret EMMANUEL RENE : VISITATIONS Ouvrant la profondeur de la peinture Emmanuel René en traverse l’histoire, en escalade les remparts pour nous transporter en des lieux inconnus à travers du – a priori - reconnaissable. Son travail livre les clefs de la libération d’un cortège d’œuvres qui cohabitent avec l'immortel afin d’accéder à un autre empyrée parcouru de frissons. Se chevauche le temps vers l'ailleurs et l'absolu. Celui-ci est façonné de sirènes, de tempêtes et d’essors de paix qui filent sur la voix lactée de nos mémoires. Définissant lui-même son formalisme comme « iconoclaste et abscons » les œuvres du créateur accroissent les limites de l’art ancien par une avancée en déconstruction. L’iconographie primitive, originale n’est présente qu’en contrepoint et filigrane dans des agencements de formes et de couleurs traitées avec rigueur par la scansion de diverses métamorphoses programmées. Les toiles séculaires sont revisitées en devenant des étranges diagrammes de visibilité. Les œuvres d’Emmanuel René créent en conséquence des ouvertures par essence paradoxales puisqu'au moment où sa peinture s'ouvre au monde visible elle devient par le recouvrement qu'elle induit (et enduit) "une dissimulation". Mais c'est à travers un tel mouvement qu'elle donne accès à l'envers du monde, à ce qui en lui reste la région de la dissemblance. Certes l’artiste nous laisse bien seul avec sa peinture : mais pour notre plaisir. Il nous « abandonne » avec uniquement des bribes d'images. Nous sentons qu'elles nous regardent, nous touchent au plus profond mais nous éprouvons tout autant que nous n'en saisirons jamais les tenants et les aboutissants. Cela est donc pire que dans nos cauchemars ou nos rêves qui nous laissent seuls - parfois jusqu'au désespoir - lorsque nous ne parvenons pas à les tirer de cette masse d'oubli dont nous sentons bien que toute notre vraie vie s’y tisse en secret et dans l'ombre de l'ombre. L’œuvre d’Emmanuel René, dans ses fragmentations et ses déplacements, procède de la même manière. Elle nous laisse orphelins de nos illusions dans ce qui tient d’une énigme programmée. Si l'histoire de l'art suit l'histoire des êtres et de leur connaissance Emmanuel René comme un Warhol mais par une autre voie en signifie à la fois la déroute et la reprise. Il ne faut pas se limiter à savoir ce que deviennent les formes anciennes mais comment et pourquoi elles se transforment soudain en glissant vers l’abstrait. L’artiste, les redistribuant sans cesse, modifie leur propre statut, leur rapport au regard. Il convient aussi de se demander non seulement comment elles apparaissent mais comment elles disparaissent un temps plus ou moins long. Et l’artiste illustre comment toute l'histoire de nos images est celle de combat sans merci contre l'oubli. C'est pourquoi le corps à corps que l’artiste opère avec l’art devrait plutôt se nommer « l’image à image ». Emmanuel René n’est pas un chasseur d’icônes, un chercheur de trophées imaginaires à ramener chez lui mais un destructeur, un dépeupleur d'images qu'il dévore comme ces dernières dévorent sa vie. De la masse des œuvres du passé il cherche par son alchimie à savoir comment tramer d’autres voies. A notre propre chaos livré à l’énigme d’images célibataires il propose une redistribution de leurs « cartes » et de leur « peau ». Sur leur tatouage figural il incise une autre hiérarchie hors imitation. Il n’y a plus copie et modèle. La copie dévore le modèle. Seule celle-là et telle qu’elle devient jouit du privilège d’exister. Ce qui peut apparaître comme un « moins être » devient un plus non par ce que chaque œuvre créée assemble mais dissemble. Son pouvoir à la fois terrifiant et fascinant tient au fait qu’elle rejette toute forme envisagée ou tenue comme telle. Ce qu’elle découvre n’était pas prévu : une forme germe en avançant. Elle condense en transposant l’image première dans un autre champ de perception sensorielle. La matérialité mise en oeuvre dans ce travail d'une extrême précision recherche ainsi l’émergence de phénomènes de « chaomorphisme » dont Didier Vancostenoble, à la manière d’un typographe assure la postproduction. Face à l’hallucination née de visions picturales antérieures Emmanuel René offre donc une conversion par effet de surface. L’image picturale créée n’est donc jamais équivalence de celle dont elle est tirée, elle n’est pas un portant visuel du passé mais un point de capiton sur le futur. Ainsi entre l’œuvre de « base » et l’œuvre de l’artiste surgit le noeud parfait qui n’a pas besoin de corde et qui ne peut être défait. Par sa conversion; son hystérésis l’œuvre qui émerge n’est pas représentation mais présentation, connaissance. Il existe un transfert dans le mental et sur l’écran-matrice de la toile « subjectile » où la « choséité » (Beckett) de la peinture a prise. Il ne faut plus chercher à reconnaître du visible « déjà vu » mais se laisser prendre dans ce qui est d’abord un chaos de constellations formelles. Elles ne peuvent se saisir puisque dans cette approche nous ne possédons pas encore de points de repère. Ajoutons que la forme et la couleur doivent leur état à leur de chimie. C’est elle qui fait varier les tensions de lumière et ses traversées. C’est elle qui décide. Et pour cet abstracteur de quintessence qu’est Emmanuel René il n’y a pas d’autres histoires à la peinture que celle du travail. Lui seul permet d’atteindre par la subversion des images une sorte de vérité. Et le peintre pourrait faire sienne la phrase d’un autre peintre : « Il y a des gens qui veulent tirer de la peinture des enseignements pour la vie. Pour cette sorte de gens très respectables je dois dire qu'à mon immense regret je ne peins pas » (Josef Ciesla). Le travail d’Emmanuel René reste un phénomène rare dans l’histoire de la peinture. A sa manière l’artiste demeure – en dépit des apparences et de son statut - un marginal dont l’oeuvre « schizophrénique » (ce qui n’est pas le cas de son créateur !) parcourt le temps afin d’épuiser les images admises. Ne se réclamant d’aucune école, aussi lancé vers le futur que reconnaissant envers les maîtres du passé le créateur reste porteur des valeurs subtiles de la peinture. Certes il ne la considère pas comme vecteur du “ progrès universel ” mais il demeure le sismographe appliqué qui ébranle les rapports de la peinture face à l’impérialisme de l’image. Joie, spontanéité, rêves et poésie restent pour lui des mots-clés face au dressage, à la soumission et à l’aliénation qui prolifèrent et gagnent en consistance (virtuelle) dans un monde lui-même de plus en plus virtualisé. Son œuvre est une manière de résister. Les lignes précises, fines, aériennes, les couleurs violentes soulignent un univers en déréliction puisque du passé. Mais ses « vitrines » prouvent l’agilité d’esprit d’un créateur dont l’exubérance est à la fois déchaînée mais contrôlée. Il est facile d'imaginer la concentration et la patience qu'implique le choix d’un tel « territoire » de prospection. Ce dernier demeure autant un espace intime qu’un laboratoire et un dédale. Emmanuel René peut y laisser parler sa fantaisie, tester l'« acoustique » que créent ses oeuvres par échos et confrontations. Il peut y défier tous les codes et cultiver l'art de sa bouffonnerie métaphysique. Il devient le roi et son fou - ou son maître à danser - avec une incoercible liberté iconographique dans un jeu quasi ailé aux seins des maillons de la chaîne historique des images. L’artiste envoie au regard - de ceux qui se croient beaucoup trop intelligents, de ceux qui ne sont pas capables de garder leur aplomb devant un peu de « sotie », de ceux qui n'ont pas même encore appris à devenir ignorants, de ceux enfin que l'on ne peut presque pas convaincre – l’évidence curieuse de quelque chose capable de dissoudre les leurres de leur intelligence ou de ce qui en tient lieu. Cet aspect funambulesque, cette manière d'aventurer la peinture au-dessus de l'abîme lui-même mis en abyme, requiert virtuosité et discipline. Ces qualités l’artiste les met au service de ses gammes chromatiques en des sortes de feuilletons ou de visitations. Ils et elles permettent une lecture plus que divertissante du monde. Le peintre engage aussi un dialogue avec ceux à qui il « empreinte » les offices. Il en tire des étincelles poétiques neuves en ses dérives hallucinées et contrôlées. Emerge une errance où le "je" du peintre jubile au sein de tourbillons créés par la prestesse la plus stupéfiante. Emmanuel René est donc à sa manière un peintre pointilleux et pointilliste. Et s’il « parle » constamment de lui c’est à travers les autres : modèles ou références détournées comme s’il existait là un dispositif schizophrénique, une scission du moi qui non seulement se scinde en deux mais se démultiplie de manière rhizomatique. Le peintre invente des stratégies qui libèrent l’invisibilité sous-jacente dans un travail éloigné de toute pensée capiteuse. Il ouvre l’image-reflet - en la désaxant - à son creux en une sorte d’immense fable du désir. Avec sa curiosité joyeuse il trouve sa route en ouvrant des œuvres comme des huîtres. Son "je peins donc je suis" détermine la conclusion de tout un mouvement passé (par effet d'une généalogie) et signale le commencement d'un mouvement à venir (l'appel à une nouvelle généalogie en gestation). Nous restons suspendus entre deux temporalités au moment où la peinture demeure un moyen de poser la question cruciale du temps et par voie de conséquence à l'engendrement. L’artiste remet en cause ce qu'il en est de la peinture, de son passé, de son devenir. Et pour ce « doute » il garde sans cesse la bonne distance : celle qui autorise les transgressions des règles à travers une énorme ironie à l’égard de soi, du monde et de la peinture elle-même. Ecrivain et Critique d'Art
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