30-05-2012

LE MUSEE PRIVE
139, rue Cardinet
75017 Paris
tél: (33) 09 75 80 13 23
et   (33) 01.40.54.77.03

Port. 06 08 06 46 45

Ligne directe en priorité :
09 75 80 13 23

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Métro : Malesherbes

Horaires d'ouverture de la galerie rue Cardinet :  sur rendez-vous ouverture à la demande téléphonez au 09 75 80 13 23.

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Le Musee Prive Emmanuel Rene

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Artiste fondateur de la translucidité, il manie l'art de la provocation ou la provocation de l'art, l'iconoclastie ou la création après la destruction et la remise en question des nos habitudes de penser selon des modèles ou des normes. Ce sont toutes ces interrogations auxquelles Emmanuel René essaye de répondre par de nouvelles questions : un talent qui déconcerte comme Warhol pouvait nous troubler aussi en recréant une nouvelle vision de l'art.

Patrick Reynolds

 

 EMMANUEL RENE ITINERAIRE D'UN CREATEUR


Le Musée Privé rencontre Emmanuel René
le-musee-prive. - Découvrez plus de vidéos créatives. 

Interview d'Emmanuel René, artiste conceptuel Parisien, par Patrick Reynolds, directeur du Musée Privé.
Réalisé par André-Charles Idier / Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Emmanuel Rene TAGUEUR au LOUVRE 

Emmanuel RENE rejoint cette communauté depuis la création de celle-ci le 3 décembre 2010.
Là, il crée et a en responsabilité, depuis sa création, le groupe de discussion « Tarturb au Louvre »
http://communaute.louvre.fr/ dont le descriptif est le suivant:

" La provocation de l'art, la création après la destruction ne sont-elles manifestes au fur et à mesure que nous suivons notre Louvre?  Cf www.ejr.be  Chacun(e) voudrait-il (elle) exprimer son Louvre en ce sens"

 
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OEUVRES

 
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 Emmanuel René Titre de l'oeuvre "Don't think Baoum"
technique mixte acrylique et encre pigmentaire 80 x 101 cm

 
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 Emmanuel René " La piscine à minuit, où coulent : sous l’eau, la scène, hors d’eau, mon sexe contre ton ventre." technique mixte acrylique et encre pigmentaire 80 x 101 cm

 
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 Emmanuel RENE « Lumbago », technique mixte acrylique et encre pigmentaire, 80 X 103 cm

 
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Emmanuel René "La bête de scène" technique mixte acrylique et
encres pigmentaires 80 cm X 101 cm

 
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Emmanuel René "Les fleurs et la parole" technique mixte acrylique et
encre pigmentaire 81 x 100 cm
 

 
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 Emmanuel René "L’espace-temps" technique mixte acrylique et
encre pigmentaire 81 x 100 cm

 
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 Emmanuel René "Le calme" technique mixte acrylique et
encre pigmentaire 81 x 100 cm

 
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Emmanuel René "Le cowboy chéri son père mourant" technique mixte acrylique et
encre pigmentaire 100 cm x 81 cm
 

 
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Emmanuel René "La vigie" technique mixte acrylique et
encre pigmentaire 81 x 100 cm

 
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Emmanuel René "L’abris" technique mixte acrylique et
encre pigmentaire) 100 x 81 cm

 
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Emmanuel René "Le blitz" Technique mixte acrylique et
encre pigmentaire 81 x 100 cm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRESENTATION

Emmanuel René artiste fondateur de la translucidité définit son formalisme comme iconoclaste et abscons.

Iconoclastes et inspirées d’Andy Warhol, ses œuvres accaparent l’espace virtuel des icônes de l’art pictural et le restituent dans l’accroissement de ses limites. Il oriente son travail vers une peinture abstraite dans un esprit de déstructuration. Les agencements de couleurs y sont traités rigoureusement, au rythme de transformations automatisées. L’iconographie de départ ne s’y rappelle qu’en contrepoint. 

Abscons comme la volonté de revisiter des toiles séculaires qui passe par leur exploration et leur déclinaison pour les faire revivre.

La matérialité mise en oeuvre dans son travail est hyper-structurée, recherchant ici aussi l’émergence de phénomènes de chaos. Il combine couleurs et matières par l’assemblage d’encres pigmentaires et de toiles, qu’il extrait du savoir faire de Didier Vancostenoble qui, à la manière d’un typographe ou d’un imprimeur d'eau-fortes, assure la postproduction de l'oeuvre.

L’investissement d’Emmanuel René est orienté vers l’intellectualité et se traduit par un travail intérieur d’introspection libre. Son approche personnelle d’un équilibre ressenti fait ré émerger pour chacun l’herméneutique intime née de visions picturales antérieures.

Emmanuel René a publié une de ses Editions sur Google Livres : voir cette édition G M T Par Emmanuel RENE

BIOGRAPHIE
Emmanuel René est né le 17 décembre 1947 Il vit en région parisienne depuis sa plus tendre enfance et suit un cursus universitaire classique qui l’engage dans la carrière de médecin hospitalo-universitaire à la faculté Paris 7 – CHU Bichat où il exerce depuis 1978.

De façon parallèle, il développe sa sensibilité artistique par des travaux photographiques conventionnels. La substitution des émulsions photographiques microscopiques colorées, par des fragments de verre uniformément brisés le conduit à réaliser des vitraux, au moyen d’ « encollage sur le champ », selon une technique originale.

Depuis 25 ans, il utilise l’opportunité des journées européennes du patrimoine où la reproduction d’œuvres d’art est librement autorisée. Ces sources sont caractéristiques  des thèmes qu’il traite.

Après les avoir transformées informatiquement, il en extrait les combinaisons de formes et de couleurs qui caractérisent son style.

Comme ce serait le cas pour une lithographie ou une eau-forte, la discussion entre l'artiste (responsable de la création de l'image virtuelle),   le réalisateur (Didier Vancostenoble, responsable du tirage unique de l'œuvre) et les galeries LoL et Le Musée Privé, où il expose (Laurent Badier,  responsable de l'intégration de l'oeuvre dans l'environnement immobilier)  implique d'incessants allers et retours entre le premier apparenté à la "production", le second, apparenté à la "post production", le troisième apparenté à " l'intégration". Ces allers et retours vont porter tant sur les couleurs dans leur rapport aux divers types de toiles et d’encres pigmentaires,  que sur les ruptures de cadres utilisés dans l'oeuvre finale, dans leur rapport à l'architecture intérieure.

Récemment, il a utilisé l’éclairage par diodes électroluminescentes pour aboutir à des modifications cycliques des interactions lumière – pigment, qui prolongent son travail sur la matière.

Chaque oeuvre de l'artiste est accompagnée au dos d'un certificat :

EXPOSITIONS

1999 Expositions Oeuvres de Soins à l'Assistance Publique des Hopitaux de Paris (APHP)

2008 LOL Gallery
Laurent Badier
34, rue de Saussure
75017 PARIS - France
Paris
0147632374
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Site web : http://www.lolfrance.com/

2009 Rétrospective Emmanuel René à BICHAT

2009 Carrousel du Louvre Pierre Eugène commissaire (artplus europ)
http://www.artpluseurop.eu/
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2009 Grand Marché d'Art Contemporain Bastille
Joel Garcia Organisation http://www.joel-garcia-organisation.fr/

2010 Exposition PROVOK réunissant 25 artistes et 5 Galeries d'Art pour un évènement exceptionnel.
Centre Culturel Christiane Peugeot - Atelier Z 
62, avenue de la Grande Armée, Paris 17° (Métro : Argentine/Porte Maillot)
Tél. 01 45 74 32 53 (Bureau) - 01 45 72 30 73 (Atelier)
http://atelierz.reflechissons.net/site/
Comme le disait Bertolt Brecht :
"La provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds"

2010 Maison des Métiers d'Art de Pézenas Exposition ShowRoom des créateurs
http://metiersdart.cahm.net/fr/pezenas/actus/showroom-des-createurs.html
Hôtel Flottes de Sébasan Pezenas 11 décembre 2009 / 4 janvier 2010
T : 04 67 98 16 12 Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Les entreprises qui collectionnent l'artiste         
Centres d'Hôtelerie restauration commerces du 17° arrondissement à Paris:
"Le Palace Nails" 84 rue de Saussure 75017
" Le coin chaud froid " 7 rue Jouffroy d'Abbans 75017
" Opale" 71 rue de levis 75017
Cabinet Thamie 3 rue Salneuve 75017
Cabinet développement durable 12 rue Dulong 75017

En Permanence Galerie de l'Hôtel de WICQUE à Pezenas
Galerie située dans un site historique exceptionnel
Galerie de l´Hôtel de Wicque  Pierre & Florence Feille 
9 & 11 rue de la Foire  34 120 Pézenas  France  
Téléphone : 04 67 98 83 28
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Oeuvres de l'artiste vendues en Ventes aux Enchères Publiques
Hotel des ventes DROUOT Salle 2 SVV Giafferi le 2juin 2010 14h30 catal. disponible à partir du 10 mai 2010 
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Prochaines Expositions

Association Arts au château de Guers
Juin 2011, exposition annuelle sous l'égide de la mairie de Castelnau de Guers et du conseil général de l' Hérault, qui réunit de nombreux peintres et sculpteurs de la région
Contact : Josette FERRER, Av Camille Guérin, 34120 PEZENAS, 04 67 98 84 85, Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Fin juillet - début août 2011 Visites aux Chandelles Château de Valencay
http://www.chateau-valencay.fr/chandelles.php?rub=5
Emmanuel René va présenter en première mondiale son spectacle LightsOnColors (TM) (variations de lumières sur couleurs à la façon d'un "disc jockey") cf http://www.lightsoncolors.com/

LE MUSEE PRIVE
139 rue Cardinet
75017 Paris - France

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 Emmanuel René Expose dans Le Musée Privé - Photo Patrick H. Reynolds

CONTACTER L'ARTISTE EN DIRECT

Emmanuel René
75 rue de Saussure
75017 Paris
Tel. 01 47 63 37 66
Port. 06 18 00 14 12

E-mail : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Pour en savoir plus : http://www.emmanuelrene.fr/

Texte par Jean-Paul Gavard-Perret

EMMANUEL RENE : VISITATIONS


Ouvrant la profondeur de la peinture Emmanuel René en traverse l’histoire, en escalade les remparts pour nous transporter en des lieux inconnus à travers du – a priori - reconnaissable. Son travail livre les clefs de la libération d’un cortège d’œuvres qui cohabitent avec l'immortel afin d’accéder à un autre empyrée parcouru de frissons. Se chevauche le temps vers l'ailleurs et l'absolu. Celui-ci est façonné de sirènes, de tempêtes et d’essors de paix qui  filent sur la voix lactée de nos mémoires.

Définissant lui-même son formalisme comme « iconoclaste et abscons »  les œuvres du créateur accroissent les limites de l’art ancien par une avancée en déconstruction. L’iconographie primitive, originale n’est présente qu’en contrepoint et filigrane dans des agencements de formes et de couleurs traitées avec rigueur par la scansion de diverses métamorphoses programmées. Les toiles séculaires sont revisitées en devenant des étranges diagrammes de visibilité. Les œuvres d’Emmanuel René créent en conséquence des ouvertures par essence paradoxales  puisqu'au moment où sa peinture s'ouvre au monde visible elle devient par le recouvrement qu'elle induit (et enduit) "une dissimulation". Mais c'est à travers un tel mouvement qu'elle donne accès à l'envers du monde, à ce qui en lui reste la région de la dissemblance.

Certes l’artiste nous laisse bien seul avec sa peinture : mais pour notre plaisir. Il nous « abandonne » avec uniquement des bribes d'images. Nous sentons  qu'elles nous regardent, nous touchent au plus profond mais nous éprouvons tout autant que nous n'en saisirons jamais les tenants et les aboutissants. Cela est donc pire que dans nos cauchemars ou nos rêves qui nous laissent seuls - parfois jusqu'au désespoir -  lorsque nous ne parvenons pas à les tirer de cette masse d'oubli  dont nous sentons bien que toute notre vraie vie s’y tisse en secret et dans l'ombre de l'ombre.  L’œuvre d’Emmanuel René, dans ses fragmentations et ses déplacements, procède de la même manière. Elle nous laisse orphelins de nos illusions dans ce qui tient d’une énigme programmée.

Si l'histoire de l'art suit l'histoire des êtres et de leur connaissance Emmanuel René comme un Warhol mais par une autre voie en signifie à la fois la déroute et la reprise. Il ne faut pas se limiter à savoir ce que deviennent les formes anciennes mais comment et pourquoi elles se transforment soudain en glissant vers l’abstrait. L’artiste, les redistribuant sans cesse, modifie leur propre statut, leur rapport au regard. Il convient aussi de se demander non seulement comment elles apparaissent mais comment elles disparaissent un temps plus ou moins long. Et l’artiste illustre comment toute l'histoire de nos images est  celle de combat sans merci contre l'oubli. C'est pourquoi le corps à corps que l’artiste opère avec l’art  devrait plutôt se nommer « l’image à image ».

Emmanuel René n’est  pas un chasseur d’icônes, un chercheur de trophées imaginaires à ramener chez lui mais un destructeur, un dépeupleur d'images  qu'il dévore comme ces dernières dévorent sa vie. De la masse des œuvres du passé il cherche par son alchimie à savoir comment tramer d’autres voies. A notre propre chaos livré à l’énigme d’images célibataires il propose une redistribution de leurs « cartes » et de leur « peau ». Sur leur tatouage figural il incise une autre  hiérarchie hors imitation. Il n’y a plus copie et modèle. La copie dévore  le modèle. Seule celle-là et telle qu’elle devient jouit du privilège d’exister. Ce qui peut apparaître comme un « moins être » devient un plus non par ce que chaque œuvre créée assemble mais dissemble.

Son pouvoir à la fois terrifiant et fascinant tient au fait qu’elle rejette toute forme envisagée ou tenue comme telle. Ce qu’elle découvre n’était pas prévu : une forme germe en avançant. Elle condense en transposant l’image première dans un autre champ de perception sensorielle.  La matérialité mise en oeuvre dans ce travail d'une extrême précision recherche ainsi l’émergence de phénomènes de « chaomorphisme » dont Didier Vancostenoble, à la manière d’un typographe assure la postproduction. Face à l’hallucination née de visions picturales antérieures  Emmanuel René offre donc une conversion par effet de surface. L’image picturale créée n’est donc jamais équivalence de celle dont elle est tirée, elle n’est pas un portant visuel du passé mais un point de capiton sur le futur. Ainsi entre l’œuvre de « base » et l’œuvre de l’artiste surgit  le noeud parfait qui n’a pas besoin de corde et qui ne peut être défait.

Par sa conversion;  son hystérésis l’œuvre qui émerge n’est pas représentation mais présentation, connaissance. Il existe un transfert dans le mental et sur l’écran-matrice de la toile « subjectile » où la « choséité » (Beckett) de la peinture a prise. Il ne faut plus chercher à reconnaître du visible « déjà vu » mais se laisser prendre dans ce qui est d’abord un chaos de constellations formelles. Elles ne peuvent se saisir puisque dans cette approche nous ne possédons pas encore de points de repère. Ajoutons que la forme et la couleur doivent leur état à leur de chimie. C’est elle qui fait varier les tensions de lumière et ses traversées. C’est elle qui décide. 

Et pour cet abstracteur de quintessence qu’est Emmanuel René il n’y a pas d’autres histoires à la peinture que celle du travail. Lui seul permet d’atteindre par la subversion des images une sorte de vérité. Et le peintre pourrait faire sienne la phrase d’un autre peintre  : « Il y a des gens qui veulent tirer de la peinture des enseignements pour la vie. Pour cette sorte de gens très respectables je dois dire qu'à mon immense regret je ne peins pas » (Josef Ciesla).  Le travail d’Emmanuel René reste un phénomène rare dans l’histoire de la peinture.  A sa manière l’artiste demeure – en dépit des apparences et de son statut - un marginal dont l’oeuvre « schizophrénique » (ce qui n’est pas le cas de son créateur !) parcourt le temps afin d’épuiser les images admises. Ne se réclamant d’aucune école, aussi lancé vers le futur que reconnaissant envers les maîtres du passé le créateur reste porteur des valeurs subtiles  de la peinture. Certes il ne  la considère pas comme vecteur du “ progrès universel ” mais il demeure le sismographe appliqué qui ébranle les rapports de la peinture face à l’impérialisme de l’image.

Joie, spontanéité, rêves et poésie restent pour lui des mots-clés face au dressage, à la soumission et à l’aliénation qui prolifèrent et gagnent en consistance (virtuelle) dans un monde lui-même de plus en plus virtualisé. Son œuvre est une manière de résister. Les lignes précises, fines, aériennes, les couleurs violentes soulignent un univers en déréliction puisque du passé. Mais ses « vitrines » prouvent l’agilité d’esprit d’un créateur dont l’exubérance est à la fois déchaînée mais contrôlée. Il est facile d'imaginer la concentration et la patience qu'implique le choix d’un tel « territoire » de prospection.  Ce dernier demeure  autant un espace intime qu’un laboratoire et un dédale. Emmanuel René peut y laisser parler sa fantaisie, tester l'« acoustique » que créent ses oeuvres par échos et confrontations. Il peut y défier tous les codes et cultiver l'art de sa bouffonnerie métaphysique. Il devient le roi et son fou  - ou son maître à danser -  avec une incoercible liberté iconographique dans un jeu quasi ailé aux seins des maillons de la chaîne historique des images.

L’artiste envoie au regard  - de ceux qui se croient beaucoup trop intelligents,  de ceux qui ne sont pas capables de garder leur aplomb devant un peu de « sotie », de ceux qui n'ont pas même encore appris à devenir ignorants, de ceux enfin que l'on ne peut presque pas convaincre – l’évidence curieuse de quelque chose capable de dissoudre les leurres de leur intelligence ou de ce qui en tient lieu. Cet aspect funambulesque, cette manière d'aventurer la peinture au-dessus de l'abîme lui-même mis en abyme, requiert virtuosité et discipline. Ces qualités l’artiste les met au service de ses gammes chromatiques en des sortes de feuilletons ou de visitations. Ils et elles permettent une lecture plus que divertissante du monde.

Le peintre engage aussi un dialogue avec ceux à qui il « empreinte » les offices. Il en tire des étincelles poétiques neuves en ses dérives hallucinées et contrôlées. Emerge une errance où le "je" du peintre  jubile au sein  de tourbillons  créés par la prestesse la plus stupéfiante.  Emmanuel René est donc à sa manière un peintre pointilleux et pointilliste. Et s’il « parle » constamment de lui c’est à travers les autres : modèles ou références détournées comme s’il existait là un dispositif schizophrénique, une scission du moi qui non seulement se scinde en deux mais se démultiplie de manière rhizomatique.  

Le peintre invente des  stratégies qui libèrent l’invisibilité sous-jacente  dans un travail éloigné de toute pensée capiteuse. Il ouvre l’image-reflet - en la désaxant - à son creux  en une sorte d’immense fable du désir.  Avec sa curiosité joyeuse il trouve sa route en ouvrant des œuvres comme des huîtres.  Son "je peins donc je suis" détermine la conclusion de tout un mouvement passé  (par effet d'une généalogie) et  signale le commencement d'un mouvement à venir (l'appel à une nouvelle généalogie en gestation). Nous restons suspendus entre deux temporalités au moment où la peinture demeure un moyen de poser la question cruciale du temps et par voie de conséquence à l'engendrement. L’artiste remet en cause ce qu'il en est de la peinture, de son passé, de son devenir. Et pour ce « doute » il  garde sans cesse la  bonne distance  :  celle qui  autorise les transgressions des règles à travers une énorme ironie à l’égard de soi, du monde et de la peinture elle-même.

Jean-Paul Gavard-Perret

Ecrivain et Critique d'Art

INTERVIEW D'EMMANUEL RENE : PORTRAIT D'UN HOMME LIBRE

par J-Paul Gavard-Perret.

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?  la « gnac », quand elle est là, et, à l’inverse, le « faut bien y aller » quand la gnac, elle, fait la grass’mat. !

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? Mes mauvais rêves sont toujours là, perturbant le sommeil et la nuit, c’est rare que « la petite musique qui fait chanter la vie » s’y glisse. Ils demeurent, donc, et …« quand partiront-il, dis-moi le sais-tu ? » . Me faut bien les soigner, (et encore que qui connaît la dose prescrite ?), analyses ( psycha-bidons ou autres (« qui lo sa » ?) ;  médicaments ; religions (ou absence de)). è Pendant l’éveil …  Mes rêves d’enfant ???? Tiens, oui, c’est plutôt le jour, qu’ils sont là. 1- Il y a ceux que je n’ai pas vus depuis belle lurette, genre : «  je m’voyais déjà, en haut de l’affiche… » (de super-Aznavour), en effet, j’ai plutôt déchanté… 2- il y a ceux qui trainaillent encore : «  y a pt être un ailleurs » (Super Lavilliers). Tiens, c’est vrai ça, mes rêves d’enfant quand ils se manifestent, c’est qu’ils sont devenus des chansons qui me font fredonner. ??? « la petite musique qui fait chanter la vie » ???  è Et, quand pousse-t-elle la chansonnette chez moi ? Quand le travail a été bien fait, et le résultat est, (ce qui n’est pas nécessairement lié), au rendez-vous, entends-moi bien le résultat est là « quand ma prod. me plait et aussi aux autres », rare, è donc le + svt, si cela plaît, j’ai plus tendance à faire confiance aux autres qu’à moi… ?

A quoi avez-vous renoncé ?  J’ai renoncé 1- à fuir le présent quand je m’en sent capable de l’affronter, 2-inversement à l’affronter quand je ne m’en sent pas capable. Du coup, dans le concret, je suis assez, (trop, c’est selon), malléable aux évènements présents (faut bien les prendre en compte, puisqu’ils se sont manifestés), et assez impitoyable, (trop, c’est selon), quand il s’agit de prévenir ce qui peut encore être évité. Il s’en suit qu’en peinture, je ne fais pas de quartier. En effet, entre la présence de l’ouvrage et sa mort-destruction, c’est moi qui décide..

D’où venez-vous ?  De la graine de mon « papa », (Louis), du ventre de ma « maman », (Madeleine), de la vie commune avec « mon » épouse, (Marie-No), M, et de « mes enfants », ( Claire, Alice, Stephane, Alexandre) , è les autres sources me semblent moins prégnantes.

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?  1- Mes rêves d’enfants ;  2- les « miens » (au sens de mes proches, cf. supra), bien que ce dernier point mérite réflexion car pour leur être présent, faut parfois commencer par payer de son absence auprès d’eux.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?  C’est que je n’en suis pas un. Mais peut-être d’autres artistes n’en sont pas non plus, dans ce cas, alors rien ne me distingue de ceux-là. Sur la technique, je fais partie de ceux(elles) 1- qui partent peu souvent d’un support toile vierge pour y préparer un «  jus », puis y administrer formes et coloris . 2- de ceux dont le choix de épart n’exclu a priori  rien, et peuvent aller dans tous les sens. Simplement, je m’attache, et m’apprends  à discerner quel pourra être la prod. finale, c’est sympa à partager avec « les potes », qui s’amusent à articuler les trouvailles techniques et ce qu’elles produisent sous leur main,(Tiens ais-je dit « art-iculer » ?, Prononcer distinctement, «  frapper, saisir le spectateur pour l’articuler à l’art.

Quel livre relisez-vous ? L'œuvre en procès: La main en procès dans les arts plastiques " Par Éliane Chiron Publications de la Sorbonne, 2000 - 312 pages). (j’ai pas lu, mais ai trouvé la citation en regardant à « origine du mot articuler ». Finalement, rien ne me distinguerait-il des autres artistes ? même de ne pas en être un ? En effet, comme tous les potes : mon moteur, n’est-il pas « jouir afin de réjouir le regard de l’autre », et mon filet de sécurité : « produire ce qui me plait à voir ».

Où travaillez vous et comment ?  Comme un nomade. je bouge (entre acquisition du matos de base, brocante, super marché pas trop cher, musée pour «  piquer » des œuvres, repro, idées, j’ai du mal à accéder à la «  culture et façon », ça ne me prends que par instant, pour ne me rentrer dans la caboche qu’a des moments imprévisibles), puis je campe où je peux pour procéder à mes manips.. Depuis peu j’ai taxé une place de parking, qui ferme à clef, est éclairée par une baie vitrée pour m’y faire un atelier, on m’y fiche la paix, et, incroyable…, «  depuis, mes visiteurs me prennent pour un pro. (c’est le coup de l’habit qui fait le moine…), coté tarif, c’est plus que correct pour un parking dans Paris…

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?  Je n’arrive pas à le faire, à regret, mais c’est trop dur pour moi.

Quel est le livre que vous aimez relire ?  « En lisant, en écrivant » (de super Julien Gracq, je ne peux te le passer car, malheureusement son éditeur, en 1980, Corti ni ses distributeurs ne l’ont laissé en accès libre ni via Europa ni via Google)

Quelles taches ménagères vous rebutent le plus ?  Celles qui risquent de me compliquer encore plus la tache, (dans la négo. avec Marie-No, je me suis « abonné » au samedi pour taches répétitives è passer l’aspiro, è après avoir « fait les  poussières », è sdb et wc et finir ( ouf ! par laver les carreaux des sols, oui, c’est un peu très long à sécher, mais on a trouvé notre équilibre,( instable),, alors gardez vos conseils pour vous !) Donc je réponds à ta question directement tout ce qui réparation et imprévu quand aux conséquences, c’est l’horreur, pour moi… Je te passe la compta familiale, dans laquelle je suis incapable majeur ( décidément je me sent plus productif quand je n’ai pas d’objectifs que quand j’en ai un..)

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?  Tiens, c’est bizarre, enfant j’avais un engouement pour les « derniers quatuors » de Beethoven, mais, à 63 balais, il n’y a pas un(e) œuvre ou auteur qui regroupe sur ses prods. le pannel de ce qui me les rendraient proches ; Cpdt pour répondre à ta question :j’opte pour, en haut de mon affiche y mettre 1- Pieter Bruegel (j’ai vérifié avant d’écrire son nom)   (ou Brueghel) dit l'Ancien, 2- Pablo Casals « suites pour violoncelles de JS Bach, donc Bach en profite en ex-æquo, 3- Baltasar Gracián,  « l’art de la prudence ».

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?  Être remis sur mes pieds, car je plane, tu ne peux pas savoir comme, et c’est pénible pour les proches, genre Bernard Palissy, t’imagines…

Que défendez-vous ?  La liberté de ne rien « devoir défendre », le droit de pouvoir remercier quand ce qui se produit me semble convenir.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?  Cela me va. En effet, j’y trouve une autre façon de formuler ma réponse à ta question 3 : è En effet, par instant, pour l’un & l’autre, simultanément, n’est-ce fuir le présent faute de se sentir capable de l’affronter, 2-à d’autres instants, également pour l’un & l’autre, simultanément à l’affronter s’en sentant capable è Reste que fort heureusement, chez l’un c’est mois ou pire que l’autre, et que dans la vie, ce n’est pas entre le bien et le mal que l’on a choisir, mais entre le mal et le pire.

Et celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?" Cela me va aussi. En effet, entre ce que l’on voulait me demander, ce que l’on m’a demandé, ce que j’ai entendu, ce que j’ai compris, ( dans l’aphorisme devenu classique il y en a plus), cela fait au moins 4 raisons de me tromper en répondant. Or répondre oui, laisse ( souvent, mais c’est à méditer), plus de place que la réponse non pour préciser, ( si l’on veut des œufs au plat ou à la coque, bof !)

 
 

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