Ricardo Mosner a présenté 150 expositions personnelles dont plusieurs rétrospectives: à la Maison de la Culture de Loire Atlantique, au Parc de la Villette à Paris, au Confort Moderne de Poitiers, au Centro Cultural Recoleta et à l’Alliance Française de Buenos Aires, à la Chantrerie de Cahors, au Musée Paul Valéry de Sète, à l’Espace Julio Gonzalez d’Arcueil, Oeuvres 1988-2008 à la galerie des Tuiliers à Lyon, et “Paintings” à l’Art gallery du Consulate of Argentine à New York. Pour “Mosnérien Ubuesque”, sa dernière exposition à la galerie Lara Vincy à Paris, il montrait objets, sculptures et installations. À cette occasion, il présentait également l'ouvrage “Ubu Roi”, drame d’Alfred Jarry, peintures de Ricardo Mosner, livre d’art aux éditions Gallimard. Ses fresques décorent le mur de la rue du Baigneur (commande de la Ville de Paris), un pilier et le plafond de la célèbre brasserie parisienne La Coupole, classés monuments historiques. Il a réalisé des pochettes de disques, livres et affiches pour beaucoup de personnalités et de manifestations artistiques: le Festival d’Avignon, la Carnavalcade de Saint-Denis, Claude Nougaro, les Rita Mitsouko, El Camarón de la Isla, Astor Piazzolla, Michel Butor… RM collabore à l’emission de radio “Des papous dans la tête” sur France-Culture. Il organise les expositions du groupe d’artistes “El Colectivo” et il est le directeur artistique de la revue “Tango”, le dernier numéro est dedié à Buenos Aires, Jorge Luis Borges et aux écrivains voyageurs excentriques. En octobre-novembre 2011 l'exposition “Ricardo Mosner, Tangos” a lieu au Musée Toulouse-Lautrec de la Ville d'Albi. Actuellement il travaille à la direction artistique de la pièce de théâtre "Ubu au Café de la Gare" qui débutera le 18 décembre 2011 et sera jouée durant l'année 2012. Coïncidence RM illustrera le prochain numéro de la revue du Collège de Pataphysique. D'autres informations:
www.ricardo-mosner.com www.dhalgren.net/fr/artists?artist=10 www.ergon4.fr/html/artistesediteurs/cv_mosner.htm Quelques textes d'écrivains et critiques : Ateliers de l'ARC 84. Musée d’art Moderne de la Ville de Paris Gilles de Bure (…) ça jubile, ça véloce, ça requinque, ça chatoie, ça flirte avec la littérature sud-américaine, avec Borges et Carpentier, et même avec Amado. En fait un compromis savoureux entre la BD, le Pop Art et l’expressionnisme. Eclectisme et ambiguïté sont les deux mamelles de Ricardo Mosner, personnage plein d’humour, tout droit sorti de l’univers Tex Avery, frère jumeau de Betty Boop. Crime, amour et folie, «personnages outrés, maquillés, violents, lyriques»; travelos glauques et étranges; milieu interlope, surineurs élégants; instants de crises, de pénurie et de décadences; femmes moulées dans des robes fluorescentes, Berlin des années 30, Cabaret; Grosz et Dix; tango encore et toujours, nostalgie, violence et passion. Foisonnement; notations; horizons lointains; une langue bizarre, inventée à partir de l’espagnol, de l’anglais, du flamand et du français, des mots étranges, intraduisibles, mais à la sonorité familière, à la structuration évidente, démonstrative. Ricardo écrit, joue, peint, s’expose de toutes les manières mais parle peu. Sur le pont d’un paquebot de luxe ou dans un autobus de banlieue, dans une ménagerie ou dans une maison de la Culture Mosner est toujours d’une élégance à l’image d’une génération, recherchée, cosmopolite, pleine d’humour, parfois désopilante, souvent dramatisée à l’extrême, une élégance à l’image de la peinture de Ricardo Mosner; peu de peintres rendent aussi magistralement que lui le climat spécifique de notre époque. « Tohu-bohu d’expressionnisme européen et de naïf latino-américain », a t-on écrit à propos de Mosner. Rien de plus juste, mais rien de plus limité aussi. Mosner est tout cela et beaucoup plus encore.
Sur le terrain de Ricardo Mosner
Gilbert Lascault Flux et reflux… Groupes… Bandes… Gangs…Rassemblements… Orgies… Bagarres… Tourbillons… Cortèges… Manifestations… On se rapproche…On se disperse… On poursuit… On est pourchassé… Ricardo Mosner rencontre les foules. Et il convient de se souvenir de la phrase de Baudelaire dans un poème en prose, "Les foules" : Il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art. Bien des peintures de Ricardo Mosner constituent des bains dans la multitude. Elles aident le spectateur à jouir des cohues, en une jouissance mêlée, bien sûr, d’angoisse, de tristesse. Il arrive à Ricardo Mosner de dire : "Quand j’étais à Buenos Aires, je me sentais très peu argentin. En France, je le suis redevenu". Dans certains de ses tableaux, le plan de Buenos Aires se superpose au plan de Paris. Les trottoirs de Paris. Les trottoirs de Paris continuent ceux de Buenos Aires. L’univers entier prend l’allure tango. Dans chaque rue, "la berceuse funèbre du bandonéon" se fait entendre. "Des flaques de lune se balancent sur les hanches des filles". Tout est "coupure et couteau". Les femmes dansent "comme des fauves". Chacun continue à vivre "verre à verre, peine à peine, tango à tango". Un chien aboie, la gueule tendue vers la lune. L’espoir roule "comme une boule de billard". Marchent les filles « pavoisées », les filles en robes de percale. Leurs yeux sont obscurs comme l’oubli… Pour Enrique Santos Discépolo, le tango est "une pensée triste qui se danse". Dans les tableaux de Ricardo Mosner, on voit danser des pensées tristes. Et, aussi, des pensées joyeuses, parfois, plus rarement peut-être. Assez souvent, un projecteur apparaît dans le coin d’un tableau de Ricardo Mosner et jette le doute sur le statut de la scène : ce qui se passe arrive-t-il dans la rue ou dans le studio ? le cinéma imite-t-il la vie ? ou bien les vivants se font-ils leur cinéma ? In catalogue de l’exposition Cortège et pièces détachées, Galerie Loft éditeur, Paris 1990. Ricardo Mosner n’est pas un danseur de tango
Christophe Donner S’il était resté en Argentine, on lui aurait demandé d’être intelligent, de développer son goût pour la pensée. Arrivé en France, on lui demande de nous raconter le tango. Il devient l’incontournable figurateur du tango. Les affiches de film, les pochettes de disque, les couvertures de magazine. S’il faut quelque chose de subtropical, on pense tout de suite à Ricardo Mosner. Est-ce que ça l’agace, je ne sais pas. Est-ce que son art s’est façonné à la demande française, va savoir. J’avais vu Ricardo Mosner il y a quinze ans, quand il faisait du théâtre, une pièce sur Chinatown. En pénétrant dans son atelier, j’ai tout de suite reconnu la lumière, les visages, l’ambiance de cette pièce dont j’avais complètement oublié la trame. D’ailleurs, il n’y avait pas d’histoire, c’était déjà de la peinture. Le théâtre serait-il pour Mosner une patrie qu’il faut quitter afin de la figurer ? Et s’il doit toujours se sentir étranger au domaine qu’il explore, quelle est sa vraie nature ?
Son atelier est plein d’escaliers, on est monté tout en haut, et sur les étagères, bien en ligne, classés par années ou par genres, une multitude de petits carnets, de toutes tailles et de toutes les matières. J’ai pu les ouvrir, feuilleter, et tout à coup, je me suis senti bien, comme à l’intérieur d’un journal d’écrivain, dans ce que l’intimité a de tendre et cruel, de libre surtout. Très peu de personnes pourront voir ces carnets, juste des privilégiés comme moi, parce qu’ils s’intéressent vraiment à cette peinture, parce qu’ils sont des amis. Comme je m’attarde sur ces carnets, il me parle d’un projet d’en éditer un, soit en intégralité, soit en sélectionnant les meilleures pages de plusieurs carnets, je me marre. Je sais que c’est impossible. Le carnet d’un peintre est le dernier rempart de son intimité, il est infranchissable. Et c’est très bien ainsi. Paru dans Globe Hebdo en juillet 1995, à l'occassion de l'exposition Le Tango de Mosner, à la Villette. Emmanuel Daydé (...) Ricardo Mosner, petite machine en perpétuelle attention au monde, qui croque avec voracité dans d'innombrables carnets toutes les figures de ses déambulations, ce cinéaste des foules intérieures piège ses propres ombres. (...) "Quand j'étais à Buenos Aires, je me sentais très peu argentin, avoue-t-il. C'est en France que je le suis redevenu". Véritable caméra des fantasmes de sa ville natale, ce rapporteur pour aveugles ne cesse de recréer avec une boulimie déconcertante les archétypes du mythe argentin: danseurs de tango aux cheveux noirs et huilés à la Carlos Gardel, gouapes élégantes portant foulard et chapeau, prostituées métisses d'indiennes et d'italiennes, adossées en bas résille aux murs de rues sans joie, machos et rachos, nus et morts. In catalogue UNO, éditions Tiempo. Jean-Luc A. d’Asciano (…) Qu’il s’agisse de ses peintures aux chromatismes violents et aux personnages forts, de ses sculptures des plus humoristiques ou de son théâtre qui fut en son temps violemment d’avant-garde, Mosner transforme la nostalgie d’Argentine et son art de la mise en scène et de la distanciation par une vitalité et une sensualité qui le conduisent à toujours incarner des corps d’une grande présence. Personnages terriblement denses, habités par une vigueur parfois ravageuse, grands habitants des foules multicolores et des villes tentaculaires, barons et reines du monde des gouapes et des faubourgs, les êtres de Mosner sont ceux du grand théâtre de la vie, de la mort et du désir, de la magie et des rêves d’exil. In revue Ligeia. Christine Frérot (...) Ricardo Mosner est un artiste travaillé par l’obsession et l’inquiétude. Son interrogation sur les rapports de l’homme au monde a placé la figure humaine au centre de ses préoccupations formelles et esthétiques. Pivot et socle de sa véritable interrogation, la figure est triturée, malaxée, étirée, ramassée, découpée, dédoublée; toujours humaine. Réinventée avec verve et malice, elle a pour support la toile, le carton, le fer, le bois, le fil de fer, le plâtre, le papier. Les pigments sont travaillés au maximum de leur potentialité, dans une gestualité et un désir d’expérimentation qui permettent à Mosner d’établir un registre infini d’attitudes, de physionomies et de caractères. Flirtant avec la bande dessinée, son art montre une aisance boulimique et fait exploser une jubilation de la matière où, comme dans le dessin, il ne sent aucune contrainte, aucune barrière. Ce qui caractérise et fait l’intérêt de l’art de Mosner, c’est qu’il ne déroge pas au fameux adage libertaire du poète : « Fais ce qu’il te plaît ». (…) Les capacités à peindre, dessiner, découper, coller et assembler font de Ricardo Mosner un artiste et un artisan de la jouissance et de la liberté. Dans la force et la faiblesse entremêlées de la forme et de « l’objet », rien de ce qui est humain ne semble lui être étranger. In Art Contemporain d’Amérique Latine, éditions L’Harmattan. CONTACT PRESSE - Augustine Brick:
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