Michele Katz Charles Pennequin Galerie Limits |
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MICHELE KATZ : TEMPS DU CORPS par Jean-Paul Gavard-Perret Michèle Katz, Fragmentum 1971-2011 Œuvres sur papier, Galerie Limitis, 49 rue du Moulin de la Pointe, Paris XIIème, 6 avril 14 mai 2011 Face à l'humanité spongieuse, pâteuse, animale les figures douloureuses lorsqu’il s’agit des femmes, tyranniques lorsqu’ils s’agit des maîtres avancent chez Michèle Katz pour relire l’Histoire des exterminations. La Shoah est bien sûr présente mais elle est hélas pas la seule. Les femmes deviennent souvent des autoportraits sublimés de l’artiste dont la "langue" plastique avance dans l'inconnu sous le poids des Talmud et des Bible. Michèle Katz n’attend rien des hommes sinon les écritures qu’ils ont donné aux dieux. Et elle ne fait confiance qu’à sa lumière du crépuscule qui n’appelle pas de répliques. Dans le mystère de la gravité et la pâleur de neige de son œuvre elle trône en majesté.
Depuis l’origine de son travail et en une sorte de commémoration perpétuelle Michèle Katz ne se lave jamais les mains des désastres du passé. Ils sont toujours renaissants. C’est pourquoi dans la cendre et sa couleur, par illumination du papier la créatrice "entrace" et dessine ses corps souffrants. Il faut alors de souvenir alors de la phrase de Derrida dans son "Schibboleth" et à propos de Celan : "Comment dater autre chose que cela même qui toujours se répète ?". En ce sens que Michèle Katz garde comme seul horizon celui de la blessure dont rien ne sera dit sinon et par exemple le sceau d'une bouche ouverte ou d’un sexe urinant sa peur. Restent des percussions presque blanches sur lesquelles chaque gisante se lève et se fige là où transparaît une forme particulière de sensualité entre attraction et répulsion. Michèle Katz hors des ornières de l'ornement entre écorchure et échancrure, le corps n'étouffe pas : il berce ouvre la ténèbre sur la lumière. Elle mène aux aurores précaires, monte le cœur d'un cran. L'état naissant qu'elle provoque avec l'insurrection de l'altération du corps revient à faire sa fouille afin qu'une autre forme s'exhausse. Fouiller n'est donc pas arpenter les dépôts pour en retirer ses choses mortes : c’est œuvrer afin que chaque silhouette porte en elle la mémoire de son devenir. Restent des figures sans voix. Elles gardent une certaine constance au fil des décennies. Par elles montent les questions généalogiques : Que sommes-nous dans le temps ? D'où venons-nous ? De quoi sommes-nous orphelin? Michèle Katz ne fait pas de nous pour autant des narcisses mélancoliques. Elle met en mouvement la mémoire par une dynamique de violence et de fascination . Elle provoque une décharge quasiment physique dans laquelle jouent l’émotion, la mémoire en un étrange échange “ génétique ” entre le réel et ce qui en est recomposé Jean-Paul Gavard-Perret VIDEO |
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