30-05-2012

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MARIE LELOUCHE GALERIE ALBERTA PANE

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Galerie Alberta Pane
14 rue Saint-Claude
75003-PARIS
Tel : 01 43 06 58 72
www.galeriealbertapane.com
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MARIE LELOUCHE : COREE-GRAPHIES

Marie Lelouche, « Korean Landscape », du 14.1 au 11.2 2012, « Variation in building », du 16 au 25.2 2012, Galerie Alberta Pane, Paris.

 

 
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De retour de Corée du Sud, Marie Lelouche présente ses travaux tirés de cette expérience et de ses résidences - au Goyang Art Studio en 2010 et au Nanji art studio en 2011 - à la galerie Alberta Pane avec une exposition en deux volets La jeune artiste s’est spécialisée dans l’art du verre soufflé et de la porcelaine qu’elle confronte à des matériaux bruts (textile, bois). Elle questionne les limites de la matière pour en extraire des formes uniques afin d’entretenir des sensations subtiles et presque évanescentes parfois. Ses représentations échappent aux projections littérales et habituelles des images sous l’effet d’incandescences et de transformations. Tout dans son travail tient à une limite : chaque pièce peut s’anéantir comme se cristalliser de manière imprévue et qui intègre la surprise et les obstacles inattendus. L’artiste d’ailleurs le précise elle-même : « je pousse le processus dans sa complexité et aux limites du réalisable. » Elle ne peut donc anticiper, imaginer à l’avance l’imprévisible qui va faire signe et qu’elle revendique pour l’assimiler à ses travaux et ses expérimentations comme si « l’inconscient » des matériaux et de leurs transformation contribuait au jaillissement des sensations recherchées.

L'artiste sait comme elle l'écrit " qu'au delà de nos cultures et des lieux où nous vivons, nous appartenons tous à l’espèce humaine. Cette part commune à l’humanité se décline à travers les cultures, les représentations symboliques, les mythes, les contes et les rêves". On comprend dès lors l'importance de son passage par la Corée où les rituels artistiques restent encore différents des méthodes occidentales dans leur manière de conjurer les peurs. Avant l’aplatissement du monde, sa standardisation la créatrice a puisé aux sources de l'imaginaire extrême oriental une sorte de désobéissance salutaire par rapports au savoir faire d'ici.

A travers la Corée, Marie Lelouche s’est donc immergée une nouvelle fois dans des contextes différents pour atteindre une liberté vis-à-vis de l’art et des « objets » qu’il peut produire. Telle une architecte anthropologue, elle a mené une réflexion sur les rites et coutumes de Corée du sud. Avec « Korean landscape » l’artiste présente une série de pièces résultant de techniques diverses (dessin mural, verre soufflé, porcelaine, installation). Ces travaux développent les différentes facettes de la notion de paysage.

 
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Avec « Variation in building » elle propose  installations et dessins au feutre  créés  à Goyang. De la cité coréenne, l’artiste a choisi de retenir un objet précis et significatif :  les bandes de tissu colorées utilisées dans la construction d’immeubles afin de protéger de la poussière. Pour elle cet objet (ou cette pièce) symbolise autant l’évolution du pays en termes de construction que la mémoire et la spécificité locale du lieu. Ce travail révèle une structure urbaine utopique fondée sur le renouvellement inconscient des traditions

L’artiste crée des images neuves sollicitées à son imaginaire par cet élargissement coréen. Le lieu lui a permis d’affiner et de prolonger sa réflexion en acceptant de nouvelles propositions. Tout en oubliant jamais que seule  l'invention poétique donne à l’art sa vérité . En ses  structures faites de vide et de plein les formes restent duales mais proposent toujours à une vision rédemptrice, une élévation. Formellement accomplis ses "objets"  peuvent être pris apparemment comme  nonsensiques puisqu’ils ne cherchent pas à copier le réel. De fait ils le structurent sous de nouvelles lois formelles qui ne cherchent jamais à devenir de simples métaphores.

Marie Lelouche ne choisit pas la facilité. Son travail reste un saut dans le vide. On ne peut que difficilement la rapprocher de courant existants. Elle utilise le matériau de manière faiblement contextuelle au sein même des installations dont le caractère "réaliste" est à peine esquissé. Ce travail ne se veut en rien une "reproduction". Et même s'il n'apparaît jamais en tant que tel - le corps semble l'élément central de l'œuvre. Elle l'appelle comme une invitation à venir compléter ou remplir le vide. D'où l'importance des structures duales citées plus haut.

Par ailleurs on peut lire ce travail en ses surfaces, ses formes, ses assemblages et le choix des matériaux  comme une forme de critique consumériste même si l'artiste ne réduit pas de ses créations des commentaires sociologiques. C'est pourquoi l'aventure est spectaculaire mais dans le bon sens du terme. 

L'œuvre n'a rien à l’inverse de décorative. Elle agit et de manière uniquement poétique loin de toute version post pop d’un fétichisme de l'objet. La créatrice réinvente tout une économie symbolique des signes. Elle les réduit ou les métamorphose à l'état de rébus très éloignés de la simple compréhension formelle du principe moderniste de la vérité des matériaux.

C’est pourquoi l’œuvre échappe à tout potentiel mimétique. L'éloquence visuelle, le velouté éventuel des surfaces, le mouvement et les directions des formes, le jeu des vides, la vulnérabilité paradoxale, le légèreté dominent des ensembles qui renvoient à une série d'interrogations.

En se sens Marie Lelouche se rapproche des bases du minimalisme américain à la Tony Smith même si son œuvre peut relever en un sens et pour une part de l'arte povera. Elle appelle cette pauvreté comme une conscience aiguë du fait suivant : la plasticité est avant tout une affaire de formes plutôt que d' objets. Le "sujet" de l'oeuvre est une empreinte. Celle-ci est à la fois un vestige et un état naissant, un point de vie prenant éventuellement racine sur ce qui disparaît. La créatrice offre donc une nouvelle lecture de l'objet en tant que corps. Une lecture productrice d'une connaissance plus intime, plus rapprochée est donc possible.

Deux solutions s'imposent alors à celui qui contemple ses travaux. Ou bien il choisit de s'en éloigner tant ils résistent. Ou bien il cherche une connaissance plus charnelle. Et soudain l'objet de la vision devient celui du toucher au moment où l'œuvre nous dessaisit de nous-mêmes. Créant ses oeuvres par modelages et structures Marie Lelouche crée des donc des portes empreintes incongrues dont la matière autant que le dessin deviennent des champs de fouille émis moins qu dehors et du paysage que depuis l'intérieur du crâne ou de sa pensée inconsciente relayée par les muscles et les émotions.

En conséquence les images sont pénétrantes, perturbantes. Elles rappellent un passé, un présent  mais elles n'ont cesse de les dépasser. Elles deviennent par leurs formes simples et subtiles, des icônes primitives du futur. Certes l'univers créé reste abyssal mais en même temps un processus de croissance continue de solliciter le propre imaginaire du spectateur. Ce processus convoque le regard, les pensées, l'affect et parfois le toucher. En ce sens le corps en demeure  l'enjeu tout autant que l’esprit.

Jean-Paul Gavard-Perret

 
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Premier Volet : Korean landscape
14.01.12 | 11.02.12
Vernissage samedi 14 janvier 2012 de 16h à 21h
De retour de Corée du Sud, Marie Lelouche investit la galerie Alberta Pane avec une
exposition en deux volets directement inspirée par ses séjours au pays du matin calme
(résidences au Goyang Art Studio en 2010 et au Nanji art studio en 2011). Cette jeune artiste
française, née en 1984 et diplômée de l’Ensba en 2008, s’est spécialisée dans l’art raffiné du
verre soufflé et de la porcelaine, qu’elle confronte à d’autres matériaux bruts comme le tissus
ou le bois, interrogeant les limites de la matière pour en extraire des formes uniques.
Par le voyage, Marie Lelouche s’immerge dans des contextes socioculturels différents de
ceux qu’elle a l’habitude de fréquenter, afin de conditionner sa pratique. Véritable exote —
selon la définition de Victor Segalen — l’artiste fait l’expérience du divers et du différent de
soi pour atteindre une liberté vis-à-vis de l’objet qu’elle décrit ou ressent. L’observation
participante et l’expérience, comme supports de création, sont au coeur de sa pratique
artistique.
Dans le premier volet de l’exposition, Marie Lelouche a choisi de présenter une nouvelle
série de pièces résultant de techniques diverses – dessin, sculpture et installation – qui
développent les différentes facettes de la notion de paysage (landscape).
Sans titre (Still life-landscape) est composée par un dessin mural et une sculpture/installation
s’inspirant de Chuseok, la fête des récoltes, qui est l’une des plus importantes en Corée. À
cette occasion, les familles dressent sur une petite table des empilements de nourritures
soigneusement arrangés, à destination de leurs ancêtres. Cette vision pourrait être celle
d’une nature morte, d’où le titre « Still life ». Sur les murs de la galerie, des lignes
horizontales sont dessinées au crayon de couleur, un nuancier subtil qui évoque le céladon
présent dans les paysages et les céramiques coréens. Au premier plan et détachée du mur,
une table-étagère où se dressent des totems composés d’anneaux de bois surmontés par
des formes dodues réalisées en porcelaine, teintées dans leur partie supérieure de différents
tons de vert, dont les coulures évoquent tant les glaçures des céramiques coréennes que
l’image d’un fruit qui pourrit.
Sans titre (landscape) est un ensemble composé par une sculpture en verre soufflé reposant
sur un support de bois au sol et une série de dessins réalisés au graphite sur papier. Le
buste de verre, moulé et doublé, repose en équilibre sur la planche de bois inclinée ; sa
forme, à la limite de l’abstraction, fait écho au corps du spectateur qui l’observe. Les dessins,
quant à eux, évoquent le corps par le vêtement ; l’artiste dit « seul un vêtement comme
morceau de corps social le ramène à une forme intelligible ».
Dans le premier volet de l’exposition Korean landscape, Marie Lelouche aborde les
thématiques du corps, de l’objet et du paysage à la manière d’une architecte anthropologue
menant une réflexion profonde sur les rites, coutumes et valeurs d’un pays radicalement
différent du nôtre : la Corée du Sud.

MARIE LELOUCHE
Deuxième volet : Variation in building
16.02.12 | 25.02.12
Vernissage jeudi 16 février 2012 de 16h à 21h

À l’occasion de ce deuxième volet intitulé Variation in building, Marie Lelouche présente un
ensemble de pièces – installations et dessins – qui a été créé lors de sa résidence à Goyang
en 2010. Cette ville fait partie de la mégalopole de Séoul, qui s’est considérablement
développée suite à l’essor économique sans précédent de ces cinquante dernières années.
L’évolution démographique et l’exode de la population vers la capitale ont engendré une
construction de masse de barres d’immeubles de type occidental. Lors de la construction de
tels bâtiments, des protections anti-poussière de différentes couleurs sont utilisées et
curieusement organisées en bandes colorées, ce qui confère aux édifices un aspect étrange,
presque fantomatique. On retrouve ce type d’ornementation, par organisation des couleurs,
dans l’architecture traditionnelle coréenne. Marie Lelouche a choisi d’utiliser ces bandes
dans son installation Variation in building, leur attribuant ainsi une réelle valeur plastique.
Suspendues aux murs tels des rideaux devant une infinité de fenêtres aveugles ou
délicatement organisées en piles de couleur sur des socles blancs, elles évoquent de façon
fluide et imagée ces constructions ainsi que l’évolution démographique coréenne. « Ces
pans de tissu sont comme une rémanence culturelle. Celle-ci, présente dans le processus de
construction, est invisible sur le bâtiment fini. »
De la mégalopole coréenne, Marie Lelouche a choisi de retenir un objet bien particulier qui, à
lui seul, évoque tant l’évolution majeure du pays en termes de construction et de
développement, que la mémoire et la spécificité locale. L’installation, ainsi que les dessins
réalisés au feutre fin révèlent une structure urbaine idéelle, fondée sur le renouvellement
inconscient des traditions.

 Voir le site de l'artiste : http://lelouche.marie.free.fr/

 
 

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