"Se travestir est une forme d’art politique. Un processus demandant beaucoup de travail utilisant un large spectre de supports. La conversion compliquée d’un corps masculin en un féminin commence par une exécution technique précise, quelle soit celle de "plucking, tucking, and styling", de s'épiler, se dissimuler les organes génitaux, ou de se looker. Le processus pourrait faire envie à bien des peintres quand il s’agit à coups de pinceaux de rendre un visage parfait (“beat a face flawless” dans la terminologie drag, littéralement “frapper un visage jusqu’au sans-défaut”). Une fois sorties sur leurs talons aiguilles, le monde entier devient pour elles une scène et la performance artistique commence. Souvent dans les nightclubs, la démarche artistique sous jacente est mise de côté pour pouvoir imiter au mieux la frivolité. Une fois encore, cela demande un œil compréhensif et extérieur pour lui rendre son contexte artistique et sa place au mur d’une galerie d’art."
"Drag is a political art form. A labor-intensive process that uses a wide-ranging spectrum of media. The complicated canvas of a male body being converted to female starts with the precise technical execution of plucking, tucking, and styling. The process can often put most painters to shame with its fine brushstrokes to “beat a face flawless,” as it is called in drag terminology. Stepping their stilettoed feet outdoors, the entire world becomes a stage and performance art begins. Often in a nightclub setting the context is lost to camp frivolity. Once again, it takes an understanding, outside eye to properly give it context and its due place on a gallery wall." - Ladyfag Né à Corpus Christi au Texas, Jeremy Kost était, comme les héros des chansons de Lou Reed, prédestiné à monter un jour à New York. Photographe par accident, ou plutôt pour masquer sa timidité dans les clubs et parties à la mode où il fut entraîné dès son emménagement, ce Rastignac warholien a commencé par immortaliser les people, armé d’un polaroïd. Jeremy Kost flirte avec les limites de la nudité, quand le nu devient hiératique. Désacraliser le sexuel, en le rendant à sa beauté originelle. Ses photographies reprennent en ce sens les fragments des peintures antiques. La reconstitution qu’en ont fait les modernes provient des vestiges passés d’une civilisation perdue. Une épaule, un bras, des pieds, le regard de Kost est syncopé, le corps est mutilé puis reconstitué dans ses collages.
Born in Corpus Christi, Texas, Jeremy Kost was destined to arrive in New York one day, like one of the heroes in a Lou Reed song. A photographer by accident, or rather as a cover for his shyness in the fashionable clubs and parties he frequented following his move, this Warholian Rastignac began by immortalising personalities, armed with a Polaroid camera. Kost flirts with the limits of nudity- the moment at which the nude becomes sacred. In its desecration, the sexual is restored to its original beauty. In his photographs he retrieve aspects of ancient paintings, their modern reconstitution tracing back to the relics of a lost civilization. One shoulder, an arm, the feet... Kost’s gaze is syncopated, the body mutilated, then reconstructed in his photographs.
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