LE MUSEE PRIVE 139, rue Cardinet 75017 Paris tél: (33) 09 75 80 13 23 et (33) 01.40.54.77.03 Port. 06 08 06 46 45 Ligne directe en priorité : 09 75 80 13 23
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Métro : Malesherbes | Horaires d'ouverture : jeudi, vendredi 14h-18h et sur rendez-vous ouverture à la demande. | |
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CLAIRE TABOURET GALERIE ISABELLE GOUNOD
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Claire Tabouret, L'Ile Exposition du 7 janvier au 18 février 2012 GALERIE ISABELLE GOUNOD 13, rue Chapon 75003 PARIS +33 (0)1 48 04 04 80
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www.galerie-gounod.com du mardi au samedi de 11h à 19h / opening hours: tuesday to saturday from 11 AM to 7 PM LES PRESENCES INQUIETANTES DE CLAIRE TABOURET PORTRAIT DE L’ARTISTE EN FUNAMBULE PAR JEAN-PAUL GAVARD-PERRET |  |
| Plus que quiconque Claire Tabouret sait que seule l'invention poétique permet de prévenir la destruction imminente. C'est pourquoi même lorsqu'elle présente des sortes de naufrages l’artiste poursuit une visée rédemptrice. Formellement accomplies ses "narrations" nous hissent hors de l’eau pour atteindre une île mystérieuse Le potentiel narratif possède une éloquence visuelle rare par le velouté des surfaces, le mouvement et les directions des formes, le jeu des vides invisibles, la vulnérabilité paradoxale dominatrice d'ensemble qui participent à l'effet miroir. Les scènes agencées pour un effet de souplesse et de légèreté démentent leurs composantes. Reste que l'aventure est spectaculaire et détourne de toute modernité de façade. | | | Claire Tabouret Le radeau 2011 acrylique sur toile 250 x 180 cm | | Loin de tout fétichisme de type postpop ou néo futuriste, elle trouve dans le thème de l’île non un point d’arrivée mais s’intéresse au mouvement qui mène vers elle. Claire Tabouret est jeune. Née en 1981 elle vit et travaille à Pantin et est Diplômée de l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et de la Cooper Union School of Art de New-York. Son œuvre est pourtant très mature. Sans doute parce qu’elle est sous-tendue d’une réflexion à la fois esthétique et existentielle mais la qualité de ses accrochages est ancrée dans les problématiques du temps retravaillées par son propre imaginaire : « L’île tout comme la peinture est un endroit de solitude. Un espace délimité qui, de par sa contrainte même, rend la liberté possible » écrit-elle. Le point de départ de ses œuvres est constitué par des images reprises d’Internet, des journaux télévisés. Sa peinture lui offre le moyen de « resserrer ce que ces flux d’images dispersent ». Elles les essorent pour en extraire des indices et une lumière particulière. Cela ne se fait pas forcément par un seul tableau. D’où le recours à la série qui lui permet des narrations de personnages et de situations qui ne peuvent par forcément se resserrer dans une seule pièce. Surgir une interrogation serrée entre diverses tensions : d’un pays à un autre, du féminin et masculin, de l’ombre à la lumière. D’où ce balancement entre la force des images et ce qu’elles racontent et la réalité inhérente à la peinture qui fait de l’artiste, comme elle le revendique, une « funambule ». Et l’artiste de préciser : « ce n'est pas un métier, c'est une manière de vivre. Une traversée sur un fil est une métaphore de la vie (…) Le funambule relie les choses vouées à être éloignées, c'est sa dimension mystique. » | | | Claire Tabouret les Solitaires 2011 acrylique sur toile 180 x 250 cm | | L’île paradoxalement n’est pas essentielle : ce qui compte reste la dérive vers l’ailleurs. Des migrants agglutinés dans de frêles embarcations s’imposent par exemple dans l'espace de la toile en les dégageant d’un simple contexte factuel, historique. La peinture impose un périple « in progress » laissant ouvert la question de l'exil et de la liberté rêvée. Le mouvement est saisi en suspens. Les êtres sont entrain de passer d'un monde à l'autre. Une matérialité énigmatique est mise en exergue et la peinture dans sa fixité impose une lenteur. Claire Tabouret elle-même travaille avec lenteur, application, précision. Des couches d'acrylique fluide sont superposées afin d’offrir un glacis. Il donne une profondeur aux teintes en même temps que des traits d'encre charpentent l'espace et le schéma des œuvres. Surgit un rythme doux quand par exemple il faut suivre une route la nuit tombée. L'île devient ce qu’elle est par essence : lieu refuge mais cerné dans l’étau des éléments qui l’entoure. Avec le paradoxe qu’elle induit en tant que point d’arrivée et/ou point de départ. L'artiste recherche avant tout une économie symbolique des signes qui rapproche diverses époques et esthétiques toujours liés aux dures contingences du temps. Cela implique une austérité des formes réduites à l'essentiel sur des bases " (est)éthiques " liées à une compréhension formelle moins simple et moins classique qu’il n’y paraît au premier regard. Claire Tabouret fait toujours preuve d’une conscience aiguë de son temps et chaque œuvre en devient la trace à la fois comme vestige et état naissant ou, et pour reprendre une expression de Giuseppe Penone : " un point de vie et un point de mort ". | | | Claire Tabouret La cabane 2009 tissu fil peinture 19,5 x 22,5 x 12,5 cm | L’œuvre devient la porte-empreinte du monde qui l'a - à l'origine - fabriqué et de l'être qui le façonne. Car le corps est lui aussi bien présent. Prisonnier et libre lui aussi. La peinture devient le champ de fouille du temps et du lieu où à la fois il surgit et dans lequel il est cerné. Tout joue entre passé et futur à l'instant de la présence. En conséquence l’artiste crée des images pénétrantes, perturbantes. Elles rappellent un passé mais elles n'ont cesse de le dépasser en devenant par leurs formes simples et subtiles, des icônes primitives du futur. Il y a là adhérence, pression, lecture visuelle et ce non selon un jeu de la métaphore mais en un jeu de miroir d'un presque déjà vu mais aussi d'un pas encore advenu. Dans ces peintures abyssales émerge un développement des formes. Ce développement est mathématique, algébrique, géométrique. Développement temporel aussi. On parlait plus haut d'état naissant ou peut aussi parler de processus de croissance qui continue de solliciter le propre imaginaire du spectateur en convoquant son regard, ses pensées, son affect. C'est pourquoi la formule de l'art selon Minkovski : "création absolue par perte de contact avec la vie" est donc à refuser. Les images violentes de la créatrice ne se réduisent pas à une simplification de la vie mais symbolisent son approfondissement afin de voir "de quoi c'est fait" (pour reprendre une formule beckettienne). Bref l'artiste ne veut pas connaître le néant avant d'avoir compris le pourquoi de ce qui l'engendre. L’artiste métamorphose son travail en un poème orphelin et un grand livre d’images « architecturales ». Emportés, déportés, égarés, abasourdis, sonnés les personnages de ses « narrations » deviennent des jaillissements plastiques. Ils sont à la fois dedans et hors d'eux tant la créatrice provoque en leur sein une trouée immense qui tient de la transe et de l'espérance. Les œuvres provoquent un épanchement, un appel. Leur " chair " devient gigantesque en ce cabotage et une succession de "ponts". Soudain tout est là, tout devient clair : des poches de silence se percent, des failles, des détours naissent. Emerge une énergie particulière en écheveaux de perturbations dynamiques. Remous sculpturaux, spectraux et géologiques tout est là afin que dans sa fixité la peinture devienne un déplacement. Jean-Paul Gavard-Perret | | | Claire Tabouret le Passeur 2011 acrylique sur toile 200 x 250 cm | BIOGRAPHIE Claire TABOURET | Née en 1981. Vit et travaille à Pantin. http://www.clairetabouret.com/ | EXPOSITIONS PERSONNELLES | 2012 - L’île, Galerie Isabelle Gounod, Paris. 2011 - Carré noir, Centre d’art contemporain, Amiens. 2010 - Où est passée la journée d’hier ?, Galerie Isabelle Gounod, Paris. 2008 - Orangerie, Château de la Louvière, Montluçon. | EXPOSITIONS COLLECTIVES | 2011 - Dépeindre. Exposition collective au 6b, Saint-Denis. Une proposition de Kurt-forever et Chamalot Résidence d’artiste . Jeune Création, au 104, Paris. Outre Forêt. Exposition collective au 6b, Saint-Denis. Commissariat par Mathieu Buard & Joël Riff. Nominée Prix Mourlot, Galerie Montgrand, Marseille. Nominée Prix SJ Berwin, ENSBA, Paris. Art Protect, Galerie Yvon Lambert. Chain-letter, SAMSON Gallery, Boston, USA. Dessins / 3 / Desseins, Galerie Isabelle Gounod. ZE2, Les Grands Terrains, Marseille. Drawing Now 2011, Carrousel du Louvre, Galerie Isabelle Gounod. Vendanges de printemps, exposition des résidents 2010, Chamalot. ART-O-RAMA, Astérides, Marseille Salon international d’art contemporain. 2010 - Salon du Dessin Contemporain, Galerie Isabelle Gounod. Novembre à Vitry. 2009 - Vert et Bleu. Exposition avec Delphine Renault. Pontault Combault. 2008 - Vidéo-Salon 3, Galerie 10m2, Sarajevo. 2006 - Carré des Arts, Salon du Livre, Paris. 2005 - Lubalin Center, New York. 2003 - En Suspend, École Spéciale d’Architecture, Paris. | BIBLIOGRAPHIE | 2011 - Vendanges de printemps, Edition Chamalot, Résidence d’artistes. 2009 - Claire Tabouret. Échos, texte de Jérémy Liron dans Semaine, Editions Analogues. Où est passée la journée d’hier ? Marguerite Pilven. 2008 - Catalogue d’exposition, texte de Frédéric Bouglé, édition Shakers. | COLLECTIONS | 2010 - Fondation pour l’Art contemporain Claudine et Jean-Marc Salomon 2009 - Acquisition d’une œuvre par la ville de Pontault Combault. | PRIX | 2011 - Lauréate du Prix SJ Berwin, remis à l’ ENSBA le 20 septembre, Paris. 2009 - Lauréate du Prix Jeune créateur décerné par la ville de Pontault Combault. | BOURSE / AIDE / RÉSIDENCE | 2011 - Astérides, résidence d’artiste, Marseille. 2010 - Chamalot, résidence d’artiste, Haute-Corrèze. 2008 - Shakers-Lieux d’effervescence, résidence d’artiste, Montluçon. 2005 - Aide individuelle à la création de la Mairie de Paris. Bourse d’étude Colin Lefranc à Cooper Union, New-York. | FORMATION | 2006 - Diplôme National Supérieur d’Art Plastique, ENSBA, Paris.
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