En Sisyphe Skoda reprend la tâche, la clôture d’un lieu où une image morte renaît. Elle devient la lrace vive de l'émoi sur la piste des nuits. Il faut donc se laisser emporter dans l’enfer où flamboient les sensations d’un seuil de remontrance. Il s’abat, rebondit, revient. On ne bouge pas de là pour aller jusqu'au au bout de ce qui ne se pense pas encore. Echos, échos même lorsque la nuit avance. Nuit sensuelle, aube spirituelle. Nous pouvons aller au-delà de l’errance, dans ce retour qui n’est pas éternel mais le pas en avant. D’une ressemblance obscure naît une autre. Chute qui ne tombe pas. L’orage est différent de l’eau rage. Dans les tempêtes impossibles à résorber, l’amour inoubliable. La lumière des éclairs augmente de chaque douleur. Les êtres y demeurent. Tous. Mais seuls. Ils sont dans le saut qui précède le temps. La fontaine des clairvoyants restent sans bord., les corps en sont jonchés. Et par une telle œuvre les idées ne sont pas de l’esprit mais des animaux égarés. Elles donnent lieu à des manipulations rituelles données pour des réalités. Au premier rang : l’idée d’éternité. Elle crée le mal suprême au nom duquel nous avons tant de mal à meubler le temps. Skoda ne recherche pas à combler ce que nous prenons pour vide sous prétexte que la sale idée d’éternité retient dans l’attraction d’un ailleurs. Il ne peut être comblé n’ayant jamais existé. Le silence du cosmos ne demande rien. Mais Skoda répond de lui. Afin que chacun ne finisse pas en dupe consentante. L’univers fait sa roue, l’être pédale. C'est une dynamo étrange. Cela à un nom pour l’humain : c’est l’existence. Du fer à l'intérieur et le poids de nuit. Reste l'image. La seule. Qui n'ajoute rien mais ne retranche pas plus. Le cosmos est tout compte fait comme l’image : une petite pute et une grande misère. Il n ‘est que ce rebord : C’est tout. Ni dehors, ni dedans. Les corps passent du lieu du paroxysme à celui la ré-énumération - Insaisissable limite. Continuel passages des images vivantes aux images mortes. Le cosmos c'est du Rakmaninov. Lenteur où tout le monde galope, rapidité où l’on bouge à peine. Vider son étang reviendrait à voir les poissons morts. Skoda crée donc les déplacement pour se dégager de l’incompréhension, de l'ignorance. C'est de la folie qui dure. La folie pure. La rencontre impossible, le seuil infranchissable. L’artiste sait combien peu d'interrogations comportent de réponses. Dans la nécessaire débâcle ses oeuvres restent les enfants du silence de l'immense chaos, de la grande nuit antérieure et de l'antique confusion originelle. Manque et mélancolie : l'un ne va pas sans l'autre. L'un est l'horizon de l'autre, l'autre sa verticale. Les eaux tombent d'en bas. Ciel et terre dans la même lumière qui n'est pas. Le monde est sans décor. Comme voué au passé absolu. Il est attaché au néant et s'en remet à lui. Appel du vide. Du vide à combler. A force de se retenir en croyant se donner chacun finit par perdre jusqu'à ses larmes. Amour, amour, flocon d'absence. Fœtus de non-vie. Filet de sens pissant. L'absence tient lieu de sac. Surplus d'oubli. Ça a un nom. C'est l'existence.
Jean-Paul Gavard-Perret |