30-05-2012

LE MUSEE PRIVE
139, rue Cardinet
75017 Paris
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INTERVIEW D'EMMANUEL RENE PORTRAIT D'UN HOMME LIBRE

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par J-Paul Gavard-Perret.

Qu’est-ce qui vous fait lever le matin ?  la « gnac », quand elle est là, et, à l’inverse, le « faut bien y aller » quand la gnac, elle, fait la grass’mat. !

Que sont devenus vos rêves d’enfant ? Mes mauvais rêves sont toujours là, perturbant le sommeil et la nuit, c’est rare que « la petite musique qui fait chanter la vie » s’y glisse. Ils demeurent, donc, et …« quand partiront-il, dis-moi le sais-tu ? » . Me faut bien les soigner, (et encore que qui connaît la dose prescrite ?), analyses ( psycha-bidons ou autres (« qui lo sa » ?) ;  médicaments ; religions (ou absence de)). è Pendant l’éveil …  Mes rêves d’enfant ???? Tiens, oui, c’est plutôt le jour, qu’ils sont là. 1- Il y a ceux que je n’ai pas vus depuis belle lurette, genre : «  je m’voyais déjà, en haut de l’affiche… » (de super-Aznavour), en effet, j’ai plutôt déchanté…

 

2- il y a ceux qui trainaillent encore : « y a pt être un ailleurs » (Super Lavilliers). Tiens, c’est vrai ça, mes rêves d’enfant quand ils se manifestent, c’est qu’ils sont devenus des chansons qui me font fredonner. ??? « la petite musique qui fait chanter la vie » ??? è Et, quand pousse-t-elle la chansonnette chez moi ? Quand le travail a été bien fait, et le résultat est, (ce qui n’est pas nécessairement lié), au rendez-vous, entends-moi bien le résultat est là « quand ma prod. me plait et aussi aux autres », rare, è donc le + svt, si cela plaît, j’ai plus tendance à faire confiance aux autres qu’à moi… ?

A quoi avez-vous renoncé ?  J’ai renoncé 1- à fuir le présent quand je m’en sent capable de l’affronter, 2-inversement à l’affronter quand je ne m’en sent pas capable. Du coup, dans le concret, je suis assez, (trop, c’est selon), malléable aux évènements présents (faut bien les prendre en compte, puisqu’ils se sont manifestés), et assez impitoyable, (trop, c’est selon), quand il s’agit de prévenir ce qui peut encore être évité. Il s’en suit qu’en peinture, je ne fais pas de quartier. En effet, entre la présence de l’ouvrage et sa mort-destruction, c’est moi qui décide..

D’où venez-vous ?  De la graine de mon « papa », (Louis), du ventre de ma « maman », (Madeleine), de la vie commune avec « mon » épouse, (Marie-No), M, et de « mes enfants », ( Claire, Alice, Stephane, Alexandre) , è les autres sources me semblent moins prégnantes.

Qu'avez vous dû "plaquer" pour votre travail ?  1- Mes rêves d’enfants ;  2- les « miens » (au sens de mes proches, cf. supra), bien que ce dernier point mérite réflexion car pour leur être présent, faut parfois commencer par payer de son absence auprès d’eux.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres artistes ?  C’est que je n’en suis pas un. Mais peut-être d’autres artistes n’en sont pas non plus, dans ce cas, alors rien ne me distingue de ceux-là. Sur la technique, je fais partie de ceux(elles) 1- qui partent peu souvent d’un support toile vierge pour y préparer un «  jus », puis y administrer formes et coloris . 2- de ceux dont le choix de épart n’exclu a priori  rien, et peuvent aller dans tous les sens. Simplement, je m’attache, et m’apprends  à discerner quel pourra être la prod. finale, c’est sympa à partager avec « les potes », qui s’amusent à articuler les trouvailles techniques et ce qu’elles produisent sous leur main,(Tiens ais-je dit « art-iculer » ?, Prononcer distinctement, «  frapper, saisir le spectateur pour l’articuler à l’art.

Quel livre relisez-vous ? L'œuvre en procès: La main en procès dans les arts plastiques " Par Éliane Chiron Publications de la Sorbonne, 2000 - 312 pages). (j’ai pas lu, mais ai trouvé la citation en regardant à « origine du mot articuler ». Finalement, rien ne me distinguerait-il des autres artistes ? même de ne pas en être un ? En effet, comme tous les potes : mon moteur, n’est-il pas « jouir afin de réjouir le regard de l’autre », et mon filet de sécurité : « produire ce qui me plait à voir ».

Où travaillez vous et comment ?  Comme un nomade. je bouge (entre acquisition du matos de base, brocante, super marché pas trop cher, musée pour «  piquer » des œuvres, repro, idées, j’ai du mal à accéder à la «  culture et façon », ça ne me prends que par instant, pour ne me rentrer dans la caboche qu’a des moments imprévisibles), puis je campe où je peux pour procéder à mes manips.. Depuis peu j’ai taxé une place de parking, qui ferme à clef, est éclairée par une baie vitrée pour m’y faire un atelier, on m’y fiche la paix, et, incroyable…, «  depuis, mes visiteurs me prennent pour un pro. (c’est le coup de l’habit qui fait le moine…), coté tarif, c’est plus que correct pour un parking dans Paris…

Quelles musiques écoutez-vous en travaillant ?  Je n’arrive pas à le faire, à regret, mais c’est trop dur pour moi.

Quel est le livre que vous aimez relire ?  « En lisant, en écrivant » (de super Julien Gracq, je ne peux te le passer car, malheureusement son éditeur, en 1980, Corti ni ses distributeurs ne l’ont laissé en accès libre ni via Europa ni via Google)

Quelles taches ménagères vous rebutent le plus ?  Celles qui risquent de me compliquer encore plus la tache, (dans la négo. avec Marie-No, je me suis « abonné » au samedi pour taches répétitives è passer l’aspiro, è après avoir « fait les  poussières », è sdb et wc et finir ( ouf ! par laver les carreaux des sols, oui, c’est un peu très long à sécher, mais on a trouvé notre équilibre,( instable),, alors gardez vos conseils pour vous !) Donc je réponds à ta question directement tout ce qui réparation et imprévu quand aux conséquences, c’est l’horreur, pour moi… Je te passe la compta familiale, dans laquelle je suis incapable majeur ( décidément je me sent plus productif quand je n’ai pas d’objectifs que quand j’en ai un..)

Quels sont les artistes dont vous vous sentez le plus proche ?  Tiens, c’est bizarre, enfant j’avais un engouement pour les « derniers quatuors » de Beethoven, mais, à 63 balais, il n’y a pas un(e) œuvre ou auteur qui regroupe sur ses prods. le pannel de ce qui me les rendraient proches ; Cpdt pour répondre à ta question :j’opte pour, en haut de mon affiche y mettre 1- Pieter Bruegel (j’ai vérifié avant d’écrire son nom)   (ou Brueghel) dit l'Ancien, 2- Pablo Casals « suites pour violoncelles de JS Bach, donc Bach en profite en ex-æquo, 3- Baltasar Gracián,  « l’art de la prudence ».

Qu’aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?  Être remis sur mes pieds, car je plane, tu ne peux pas savoir comme, et c’est pénible pour les proches, genre Bernard Palissy, t’imagines…

Que défendez-vous ?  La liberté de ne rien « devoir défendre », le droit de pouvoir remercier quand ce qui se produit me semble convenir.

Que vous inspire la phrase de Lacan : "L'Amour c'est donner quelque chose qu'on n'a pas à quelqu'un qui n'en veut pas"?  Cela me va. En effet, j’y trouve une autre façon de formuler ma réponse à ta question 3 : è En effet, par instant, pour l’un & l’autre, simultanément, n’est-ce fuir le présent faute de se sentir capable de l’affronter, 2-à d’autres instants, également pour l’un & l’autre, simultanément à l’affronter s’en sentant capable è Reste que fort heureusement, chez l’un c’est mois ou pire que l’autre, et que dans la vie, ce n’est pas entre le bien et le mal que l’on a choisir, mais entre le mal et le pire.

Et celle de W. Allen : "La réponse est oui mais quelle était la question ?" Cela me va aussi. En effet, entre ce que l’on voulait me demander, ce que l’on m’a demandé, ce que j’ai entendu, ce que j’ai compris, ( dans l’aphorisme devenu classique il y en a plus), cela fait au moins 4 raisons de me tromper en répondant. Or répondre oui, laisse ( souvent, mais c’est à méditer), plus de place que la réponse non pour préciser, ( si l’on veut des œufs au plat ou à la coque, bof !)

 
 

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