Pourquoi ouvrir une nouvelle rubrique sur les écrits d’artistes ou mots d’artistes? Le propre des grands artistes est ce besoin permanent de faire sortir d’eux leurs créations qu’elle soient plastiques ou intellectuelles, c’est pour eux aussi vital que respirer. Découvreur des talents de demain, un des éléments de jugement important dans la détection de la qualité d’un artiste, est l’appréciation chez l’artiste de ce besoin vital de créer tant sur le plan plastique que conceptuel. L’art est toujours par essence conceptuel comme l’écriture le premier art conceptuel. On ne peut donc pas parler d’art sans aborder le domaine des écrits d’artistes.
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Il nous est apparu essentiel de proposer cette réflexion parfaitement illustrée par le livre de Françoise Levaillant « Les écrits d'artistes depuis 1940 » - Actes du colloque international Paris et Caen, 6-9 mars 2002 dont nous vous livrons ci-dessous la présentation et que nous vous conseillons de lire. Plus de trente spécialistes d’histoire de l’art du XXe siècle ont accepté de relever le défi que posent les écrits des artistes contemporains. Pourquoi l’artiste écrit-il ? Quels sont ses supports de diffusion ? Ses écrits restent-ils confidentiels – journal (Toti Scialoja), biographie (Dubuffet), « dessins d’insomnie » (Louise Bourgeois) – ou sont-ils destinés à devenir des « armes » (Buren), lancées publiquement contre les institutions, les critiques, les confrères… ? L’écriture constitue-t-elle un « suspens » dans le processus de la création plastique ? Ou bien l’artiste peindrait-il justement « parce qu’il écrit » (Alberola) ? Et si le dernier mot ne devait pas, néanmoins, revenir à la peinture (Hélion, Svenungsson…) ? Picasso s’interroge sur l’opportunité de faire un livre de ses écrits ; Lhote met en scène la fin de sa participation à la littérature artistique de son temps ; des artistes japonais, prolixes, sont sollicités par leurs éditeurs ; des femmes artistes accompagnent par des textes poétiques ou théoriques leur lutte pour la reconnaissance de leur statut. Il y a aussi tous ceux à qui la violence de l’Histoire ne permet de texte que censuré ou camouflé jusqu’au secret. Dans les moments de guerre, d’exil, d’internement, les uns poursuivent un nouveau mythe (Wols), les autres imaginent une nouvelle langue (Schwitters). Les peintres allemands de « l’année zéro » – 1945 – craignent la manipulation politique de l’écrit. En URSS, dans les années 1950-1970, des groupes pratiquent une transmission orale de la tradition moderniste. Tous ces moments de tension sont mis en évidence dans ce volume. Le choix de la période étudiée – de 1940 à nos jours – répond à plusieurs préoccupations : intégrer les « années noires » dans l’historiographie de la deuxième moitié du XXe siècle, réviser notre approche des écrits d’artistes (Brancusi, Calder, Dalí, Picasso, etc.) perçus comme les « grands noms » d’une histoire considérée à tort comme déjà écrite, nous confronter aux nouvelles pratiques, aux nouveaux enjeux, que proposent des artistes plus jeunes comme Carl Andre, Daniel Buren, Yayoi Kusama, Jean-Jacques Rullier, Roman Signer et bien d’autres. Les artistes de trois continents (Europe, Asie, Amérique), à travers dix pays, sont ici saisis dans les moments les moins connus mais peut-être les plus aigus de leur créativité. De nombreux inédits et la référence à des fonds d’archives encore peu sollicités confèrent à ces actes de colloque le statut d’un livre de référence. Les écrits d'artistes depuis 1940 - Actes du colloque international Paris et Caen, 6-9 mars 2002 Françoise Levaillant , Collectif Broché Paru le: 03/12/2004 Editeur : IMEC Collection : in octavo ISBN : 2-908295-72-5 EAN : 9782908295726 Nb. de pages : 510 pages Poids : 950 g Dimensions : 17cm x 23,5cm x 2,8cm
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