30-05-2012

LE MUSEE PRIVE
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75017 Paris
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GUGLI PAR JEAN PAUL GAVARD PERRET

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POUPEES (PRESQUE) BRISEES

Laurent Gugli est un artiste post-pop qui aime à mixer les contraires. Par exemple ses « bad handmade poster » mélangent superficialité et une mystique détournée. Venus de l’enfance  Winnie L’Ourson ou la Peach de Mario s’accouplent avec des fashionista sexy et parfois délicieusement obscènes (du moins juste ce qu’il faut). Cultivant un charme nonsensique son pop-art est fidèle à l’essence même du genre : à savoir le détournement des images. Un ours en peluche menotté sert ainsi de cache sexe à une Lolita qui ne voulait tout offrir au regard. Cultivant autant le cynisme que la joie celui qui est aussi peintre que graphiste crée des œuvres où le moindre détail garde son importance.

 

 
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 Gugli Sweet Song Acrylique sur toile 61 x 88 cm signée en bas à gauche

Son univers faussement enfantin et plaisamment pervers permet de restituer l'état émotionnel de l'individu post-moderne et la façon dont il perçoit et regroupe divers éléments des icônes qui l’environnent. Cela ne mènera à rien,  mais qu'importe : Gugli ne prétend pas à apporter des réponses seuls les questions sont l’intéressent. Et l’on pourra citer à son propos Bataille lorsqu’il écrivait dans « L’Alléluia » : « Il est temps qu'en chaque chose connue de toi, ta folie sache apercevoir l'envers. Temps pour toi d'inverser au fond de ton être une image insipide et triste du monde. Je te voudrais déjà perdu dans ces abîmes où tu entreras dans la vérité ». L’artiste ne se prive pas de saisir d’un tel désir par l’euphorie de ses créations. Elles jouxtent le monde des rêves, mais aussi à la réalité contemporaine, ses références et ses tabous .

 
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 Gugli Flesh Lover acylique sur toile 150 x 150 cm signée en bas à gauche

Son pictorialisme évanescent triomphe dans la disparité et le convergence afin d’ouvrir de nouvelles potentialités à travers l’ordre qu'il installe. Un tel constructivisme devient affirmation particulière de la postmodernité liée à une civilisation de l’image. Gugli explore les limites entre la réalité et le rêve, le présent et le souvenir par la multiplication des strates qu’il connexe. S’instruit une limpidité dans laquelle se déploie la puissance d’un imaginaire particulier et faussement décadent. Cela donne un rythme étrange à des œuvres qui emmènent ceux qui les regardent vers des circulations  entêtantes au sein de portraits où l’ouate du rêve gonfle par hybridation  en une stylistique particulière.

 
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Cette fantasmagorie particulière pousse à une activation de notre propre imaginaire. Ce qui semble enseveli ou immergé trouve une nouvelle dimension par effets de modulation. L’art redevient une zone de potentialité. Tout concourt à excepter l’évidence directe pour d’autres « figures » plus expressives au sein d’une « corporéité» particulière, aussi dérisoire qu’alchimique.  L’œuvre est de l’ordre de la célébration en dérivation. Nous sommes dans la situation contradictoire d’avoir affaire à un monde et à son absence. Les plans sont des compositions à la fois fermées et ouvertes en un schème d’immanence, de dispersion et de concentration. Chaque élément est inclus dans une forme générale sans véritablement la rencontrer. Cela permet l’épanouissement d’un phénomène de pollinisation spirituelle en l’alliance de deux principes fondamentaux de la postmodernité : objectivité et fragmentation au sein d’une langue visuelle immédiatement compréhensible.

Jean-Paul Gavard-Perret

 
 

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