Pérusat ou l'art d'être marchand Après Milshtein en 2006, le marchand d'art Claude Pérusat expose Berroeta au château Angelus.
Après Milshtein fin 2006, Claude Pérusat revient sur le devant de la scène picturale. Non pas dans sa pleine lumière mais en retrait comme le marionnettiste s'efface derrière son personnage. Toujours au château Angelus, à Saint-Émilion, c'est à une exposition unique d'une trentaine de toiles du peintre Pierre de Berroeta que le marchand d'art et collectionneur convie les amateurs de l'oeuvre de cet artiste mort en 2004 à Istaritz (64), à l'âge de 90 ans (1). « Le marché et l'histoire de l'art vont découvrir ce peintre, le dernier des cubistes », annonce d'emblée Claude Pérusat. Déjà, l'écho de cette exposition, pourtant loin des regards jacobins, résonne jusque dans les milieux éclairés. Avec cette rétrospective, le collectionneur veut réparer une injustice. |  |
Aimer les peintres Claude Pérusat est donc marchand d'art. Il prétend qu'« il n'y a pas de grands peintres sans grand marchand. » À voir. Sa galerie occupe discrètement le premier étage d'un immeuble de la rue Gambetta à Libourne. Là dans cet appartement, son bureau, au-dessus de l'ancien magasin de décoration qui appartenait à sa belle famille, il vit entouré des peintres qu'il aime. Oui, qu'il aime ! Michel Bardin, entre autres, le dernier en date qu'il a pris sous son aile. Un contrat d'un an, en attendant mieux, car tous deux hésitaient jusque-là à mêler le travail à l'amitié. Mais la foi de Claude Pérusat dans le talent de l'artiste installé à Fronsac l'a décidé à franchir cet écueil. De cette voix au débit de mitrailleuse, cet homme à la sensibilité à fleur de peau explique : « C'est quoi un marchand d'art ? Peut-être pas un philanthrope mais si vous n'aimez pas les peintres que vous défendez, à quoi ça sert ? Notre rôle, c'est de déceler avant les autres le talent d'un artiste et d'acheter ce que les autres ne veulent pas. » Le métier nécessite donc un flair de renard doublé de convictions sans faille pour parier sur... Sur quoi ? Une émotion forcément subjective. Reconnu dans le sérail Reste le jeu de l'offre et de la demande. « C'est un grand business. Un métier solitaire, stressant où il faut beaucoup écouter et se risquer, parfois en une fraction de seconde, au moment d'acheter une oeuvre en se demandant si l'on a pris la bonne décision. » Claude Pérusat avoue, ironique : « Je me suis souvent trompé. » Sous-entendant néanmoins que le temps lui a donné parfois (souvent ?) raison. À la longue, l'ancien tapissier décorateur, né à Bordeaux il y a 59 ans, a creusé son sillon dans ce monde mercantile, loin de la crise. Il raconte avoir joué à la pétanque avec Lino Ventura, croisé Jean Marais et César, le sculpteur, à Saint-Paul-de-Vence, et rencontré André Verdet, confident de Braque et Matisse. Claude Pérusat peut maintenant suivre des enchères à la salle Drouot, l'oreille collée à son téléphone portable, depuis son bureau libournais, parce que son nom parle maintenant aux intermédiaires du sérail. « Il vaut mieux être le premier dans sa ville que le second à Paris », affirme cet homme attachant qui porte l'imperméable façon Colombo et la chemise blanche et le blue-jean repassés comme BHL. « Je ne fais pas ce métier pour l'argent, même s'il faut bien manger. » Il vit, depuis 2007, de cette unique passion pour l'art qu'il a héritée de son grand-père. Hier Milshtein et Damiano, Berroeta aujourd'hui. « Milshtein, six mois après le château Angelus, il était accroché au Palais du Luxembourg. » Claude Pérusat jubile : « Je vous le disais, je me trompe souvent. » (1) Au château Angelus du 7 décembre au 29 janvier 2010. Entrée gratuite, du lundi au vendredi de 10 heures à 12 heures et de 15 heures à 18 heures. Contact : 06 26 95 45 47. Auteur : Alain Montanguon
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La région bordelaise rayonne sur le plan culturel, une ville de Bordeaux magnifiquement restaurée à l'initiative de Alain Juppé ancien Premier Ministre , désormais inscrite depuis 2007 sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO. C’est la reconnaissance de la valeur et de l’unité patrimoniale de la ville de Bordeaux exemplaire par l’unité de son expression urbanistique et architecturale, classique et néoclassique, qui n’a connu pratiquement aucune rupture stylistique pendant plus de deux siècles. Le projet urbain lancé en 1996 par Alain Juppé et concrétisé par le ravalement des façades, l’aménagement des quais en bord de Garonne, la mise en service du tramway alimenté par le sol, la requalification des espaces urbains est venu renforcer cette volonté de protection et de mise en valeur du patrimoine bordelais. Bordeaux compte ainsi plus de 350 édifices classés ou inscrits aux Monuments Historiques, dont 3 édifices religieux inscrits au Patrimoine Mondial depuis 1998 au titre des chemins de Saint Jacques de Compostelle. C’est également l’aboutissement d’un long travail concerté avec toutes les collectivités et les autorités de l’État. A l’initiative d’Alain Juppé, la ville a construit et défendu sa candidature avec l’aide d’architectes, d’urbanistes, d’historiens, de chercheurs, et de représentants d’associations impliquées dans la préservation du patrimoine. Originaire de la région bordelaise dans laquelle je reviens chaque été à Arcachon, je suis évidemment particulièrement sensible à ce mouvement artistique qui je suis sûr va s'amplifier au fil du temps dans la région. Le journal Sud Ouest incontournable par la qualité de son information rend parfaitement compte de l'activité culturelle de la région en relayant ces informations à travers le site Internet www.sudouest.com dont nous publions avec leur aimable autorisation l'article de Alain Montanguon. Claude Pérusat est un homme de culture, un humaniste au sens du XVIIIème siècle, mais avant tout un collectionneur amoureux de l'art de 1945 à nos jours et de l'art contemporain.
Patrick Reynolds |