30-05-2012

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NIKI DE SAINT PHALLE NORA HAIME GALLERY

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La Norah Haime Gallery de New York présente l'exposition "Niki de Saint Phalle: son art, sa vérité, sa fantaisie", du 7 Septembre au 29 Octobre 2011.
Cette exposition rétrospective comprendra des oeuvres de 1960 à la mort de l'artiste en 2002. L'Art de Niki de Saint Phalle est le point de confluence d'une histoire personnelle parfois sombre mais aussi extravagante. Après avoir eu une dépression nerveuse et recevoir des chocs électriques dans un hôpital psychiatrique en 1953, elle a commencé la peinture comme une forme d'auto-thérapie pour exprimer sa peur et sa rage. Mais comme dans un conte de fée, tout se termine bien, Niki de Saint Phalle a contré ses démons et dépassé les problèmes de sa vie en pratiquant une auto-thérapie en créant des oeuvres qui nous transmettent la magie et les couleurs de la vie à travers un art qui dégage un sentiment de bonheur associé à une gaité particulière. L'exposition rend compte du chemin qu'elle a suivi pour dépasser ses démons.

 

Niki de Saint Phalle est née à Neuilly-sur-Seine, dans les hauts de Seine, près de Paris, d'une mère Jeanne Jacqueline (née Harper) et d'un père André-Marie Fal de Saint Phalle, banquier anéanti financièrement pendant la Grande Dépression. La famille a quitté la France pour les Etats-Unis en 1933. Niki s'inscrit à la prestigieuse école Brearley à New York, mais elle a été rejetée pour la peinture rouge sur des feuilles de figuier statuaire de l'école. Elle a ensuite fréquenté l'école Oldfields à Glencoe, dans le Maryland où elle a diplomée en 1947. Pendant ses années de jeunesse, elle a été mannequin à l'âge de seize ans, elle est apparue sur la couverture du magazine Life (Septembre 26, 1949), et, trois ans plus tard, sur la couverture Novembre 1952 du Vogue français ainsi que Elle.
À dix-huit, Niki de Saint Phalle s'enfuie avec l'auteur Harry Mathews, qu'elle avait connu depuis l'âge de douze ans, et a déménagé à Cambridge, Massachusetts. Pendant que son mari a étudié la musique à l'Université de Harvard, Niki de Saint Phalle a commencé à peindre, d'expérimenter divers médias et styles différents.
Leur premier enfant, Laura, est née en avril 1951. Niki De Saint Phalle a rejeté le guindé, les valeurs conservatrices de sa famille dictées par la société bourgeoise conservatrice qui imposait aux épouses des conduites et des règles stéréotypées.
Toutefois, après avoir épousé un jeune homme avec lequel elle a eu deux enfants, elle s'est retrouvée paradoxalement vivant dans un cadre de vie bourgeois qu'elle avait tenté de rejeter; le conflit interne engendré par cette situation va provoquer chez elle une dépression nerveuse.

Comme une forme de thérapie, elle a été invitée à poursuivre sa peinture. De passage à Paris pour une mission de modèle, Niki de Saint Phalle a été présenté au peintre américain Hugh Weiss, qui est devenu à la fois son ami et mentor. Il l'a encouragée à continuer à peindre dans son style personnel autodidacte. Elle a ensuite déménagé à Deià, Majorque, en Espagne, où son fils Philippe est né en mai 1955.
Alors qu'en Espagne, Niki de Saint Phalle lit les ouvrages de Proust, lors de ses visite à Madrid et à Barcelone, elle est devenue profondément touchée par l'œuvre d'Antonio Gaudí. L'influence de Gaudí a ouvert de nombreuses possibilités jusque-là inimaginables pour de Saint Phalle, en particulier à l'égard de l'utilisation de matériaux inhabituels et d'objets trouvés-comme des éléments structurels de la sculpture et l'architecture. De Saint Phalle a été particulièrement frappé par "Parc Güell" de Gaudi, qui a persuadée de créer un jour son propre jardin, à base illustrations qui combinent à la fois artistique et éléments naturels. Niki de Saint Phalle a continué à peindre, surtout après qu'elle et sa famille s'installe à Paris dans le milieu des années 1950. Son première exposition a eu lieu en 1956 en Suisse, où elle a affiché son style authentique, brut, singulier dans ses peintures à l'huile. Elle a ensuite développé un travail à base de collages qui mettent souvent en vedette des images et des instruments de violence, tels que des fusils et des couteaux. À la fin des années 1950, de Saint Phalle était malade souffrant d'hyperthyroïdie qui a finalement été traitée par une opération en 1958.
Pendant le début des années 1960, elle a quitté son premier mari. Elle se lance alors dans des performances appelées "Les Tirs" "Shotting paintings".

Les Tirs, performances durant lesquelles des spectateurs sont invités à tirer à la carabine sur des poches de couleur, éclaboussant ainsi des assemblages de plâtre, la rendent célèbre. Elle intègre alors le cercle des nouveaux réalistes, jouant le rôle de médiatrice entre les avant-gardes française et américaine.
En 1961 date de sa première exposition, elle se rend célèbre en réalisant les Tirs : fixés sur une planche, des tubes emplis de couleurs sont recouverts de plâtre et sont percés à l'aide de tirs à la carabine.
Cette nouvelle manière de peindre la projette sur la scène artistique internationale.
Cette technique nouvelle est de l'ordre de la performance artistique. L'œuvre est constituée de plusieurs éléments, tout d'abord le moment du tir, qui fait lieu de performance, mais aussi la peinture finale,cette planche éclaboussée de peinture comme saignée à vif. Les Tirs sont d'ailleurs la représentation d'une violence matérialisée. Etant très tourmentée par son passé, les Tirs sont un moyen d'extérioriser ces démons intérieurs, ainsi en tirant sur ces toiles, elle tire sur son père, sur la société, pour se libérer. Comme elle le dit « Il existe dans le cœur humain un désir de tout détruire. Détruire c'est affirmer qu'on existe envers et contre tout. »

 
Image

Niki de Saint Phalle - Les trois Grâces- 1994 Synthetic resin and vinyl paint - edition of 8 - 66 x 78,7 x 88,9 cm, © Niki Charitable Art Foundation. Courtesy Norah Haime Gallery NEW YORK - EXhibition Niki de Saint Phalle : Her Art, Her Truth, Her Fantasy - From september 7th until october 29th

Après les "Tirs" est venu un moment où elle a exploré la représentation artistique des différents rôles de la femme et réalise des poupées grandeur nature.. Elle explore la représentation artistique du rôle de la femme et réalise des poupées grandeur nature. Ces femmes prennent progressivement consistance et deviennent les Nanas femmes plantureuses et colorées en grillage, papier mâché et polyester.. Une série est en exposition permanente à l'endroit où s'installe le marché aux puces de Hanovre (Allemagne).
Elle fabriquait des poupées de femmes grandeur nature, avec des thèmes de la mère et l'enfant et des nativités. Ils étaient généralement vêtus de blanc. Ils ont été principalement faites de polyester avec un cadre métallique.
Ils étaient généralement créés à partir de papier mâché. Inspirée par la grossesse de son amie Clarice Rivers, épouse de l'artiste américain Larry Rivers. Elle a commencé à utiliser ses œuvres comme symbole de sa réflexion sur la position des femmes dans la société. Son expression artistique de la proverbiale Everywoman ont été nommés «Nanas». La première de ces formes posées librement faites de papier mâché, fil et tissu ont été exposées à la Galerie Alexandre Iolas à Paris en Septembre 1965. Pour ce spectacle, Iolas publié son premier livre d'artiste qui comprend ses paroles manuscrites en combinaison avec ses dessins de «bananes». Encouragé par Iolas, elle a commencé un important travail graphique repris à travers toutes les expositions et repris dans les affiches, les livres, et ses écrits.

De juin à septembre 1966, elle réalise avec l'aide de Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt, Hon/Elle, une istallation de sculpture à grande échelle, femme monumentale de 28 m de longueur sur 6 m de hauteur et de 9 m de largeur, couchée sur le dos avec les jambes écartées au Moderna Museet de Stockholm Suède. Les visiteurs peuvent pénétrer la sculpture par son sexe. À l'intérieur, ils peuvent découvrir plusieurs pièces réalisées par l'artiste.
La pièce a suscité d'immenses réaction du public dans les magazines et les journaux à travers le monde. La qualité interactive de la "Hon" combiné avec une fascination continue avec des types fantastiques d'architecture intensifie sa détermination à voir ses propres rêves architecturaux réalisés. Pendant la construction du «Hon», elle a rencontré l'artiste suisse Rico Weber, qui est devenu un assistant et collaborateur importante pour Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Pendant les années 1960, elle a aussi conçu des décors et des costumes pour deux productions théâtrales: ". Lysistrata» un ballet de Roland Petit, et une adaptation de l'Aristophane. Divorcée de l'écrivain Harry Mathews, elle épouse le 13 juillet 1971, Jean Tinguely, lui-même récemment divorcé de sa femme Eva Aeppli.
 
Ses œuvres plus tardives comme la Fontaine Igor Stravinski à Paris devant Beaubourg, le Jardin des Tarots à Capalbio en Toscane, ou les Meta-Tinguely en hommage à son mari disparu, mêlent poésie et humour, esprit du jeu et angoisse. Engagée dans l'association AIDS, elle succombe à une maladie respiratoire liée aux vapeurs toxiques inhalées durant la préparation de ses œuvres.
 
Inspirée par le Parc Güell de Gaudi à Barcelone, elle réalise, à Capalbio en Toscane, à partir de 1979, le jardin des Tarots qui réunit des sculptures monumentales inspirées par les figures du jeu de tarots. Il a ouvert ses portes en 1998. Ces sculptures étant habitables elle y vivra avec sa famille pendant plusieurs années.
 
Après la restauration de la grotte qui se trouve au nord-ouest du Grand Jardin Herrenhäuser de Hanovre - à l'occasion de l'Expo 2000 - Niki transforme l'intérieur de ce bâtiment en une véritable œuvre d'art.
Ce travail commence dès 2001 et est terminé en 2003, fidèle à ses plans. Elle est composée de trois salles ornées de mosaïques : l'aile gauche est couvertes de miroirs blancs, l'aile droite de morceaux de verres bleu-nuit et noirs, et la pièce centrale - par laquelle on entre - est ornée de bande de galets de toutes nuances, de miroirs tantôt blancs tantôt dorés et de verreries rouges, jaunes et orange.
Toutes les mosaïques sont recouvertes de figurines plastiques sur le thème La Vie de l'Homme. Les ornements en forme de spirales à l'entrée de l'édifice représentent la Spiritualité. La salle des miroirs blancs sur le thème Jour et Vie montre avec plus de 40 figurines en relief des exemples de presque toutes les périodes de l'artiste. L'aile bleue est La Nuit et le Cosmos. Des figurines féminines dansent dans le ciel bleu-nuit et s'accrochent aux étoiles. Les fenêtres et portes de la grotte sont des grilles incrustées aussi de miroirs et de verreries.
 
Saint Phalle est décédée en 2002, à l'âge de 71 ans à La Jolla, en Californie.

La Nohra Haime Gallery a été fondée en 1981. Son principal objectif est la représentation d'un groupe international d'artistes contemporains dont les diverses pratiques comprennent la peinture, dessin, sculpture, vidéo et photographie. Le programme comprend des artistes historiques ainsi que des artistes établis et de nouvelles voies ouvertes par des artistes emergents. La galerie est également connue pour organiser des expositions de groupes historiquement significatifs. Depuis sa fondation, la galerie s'est également specialisée dans la revente d'œuvres d'art de sélection à partir du 20e siècle, y compris l'Art latino-américain.
La galerie Nohra Haime est situé au 730 Fifth Avenue, New York. La galerie est un membre de l'Association des marchands d'art d'Amérique.
site web la galerie : http://www.nohrahaimegallery.com

Expositions posthumes récentes


2009 : exposition itinérante dans plusieurs villes de la Maremme toscane (Arcidosso) : L'ange luminaire,
2010 : à Manderen, château de Malbrouck, en Moselle, au printemps.
2011 : Nohra Haime Gallery 730 Fifth Avenue, New York
 
Bibliographie


Niki de Saint Phalle, Rétrospective, Musée d'art moderne de la Ville de Paris, 1993 ;
Niki de Saint Phalle, de Peter Schamoni, Documentaire-Portrait de l'artiste Niki de Saint Phalle, 1995 ;
Niki de Saint Phalle, Catalogue raisonné, éditions Acatos, Lausanne, 2001 ;
Niki de Saint Phalle, La Donation, Musée d'Art moderne et d'Art contemporain, Nice, 2002.
Niki de Saint-Phalle et le jardin des tarots, Paris, Éditions Fernand Hazan, 2010
 
Filmographie
 Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Les Bonnie and Clyde de l'art, film documentaire de Louise Faure et Anne Julien, ARTE, 2010, 55 mn

Biographie de Niki de Saint Phalle


1930
Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle naît le 29 octobre à 6 heures 40 à Neuilly-sur-Seine sous le double signe du Scorpion. Elle est la deuxième des cinq enfants de Jeanne Jacqueline, née Harper, et de André Marie Fal de Saint Phalle. Son père est propriétaire avec ses six frères de la banque familiale. Lors du krach de 1929, il perd toute sa fortune ainsi que l’affaire familiale. Marie-Agnès est envoyée chez ses grands-parents paternels dans la Nièvre où elle passe les trois années suivantes.


1933
Marie-Agnès rejoint ses parents à Greenwich, dans le Connecticut. Elle passe régulièrement les mois d’été au château de Fillerval, dans l’Oise, propriété de son grand-père maternel.


1937
La famille s’installe dans un appartement à New York, 88 East Street. Marie-Agnès, que l’on appelle désormais Niki, fréquente l’école religieuse du Sacré-Cœur, 91 East Street.


1941
Renvoyée de l’école, Niki est accueillie chez ses grands-parents maternels qui ont fui la France en guerre et se sont réfugiés à Princeton, dans le New Jersey. On l’envoie dans l’école publique du quartier.


1942
Niki revient vivre chez ses parents, qui l’inscrivent à la Brearly School à New York. Elle lit Edgar Allan Poe, Shakespeare et les tragédies grecques. Elle participe aux représentations théâtrales de l’école et écrit ses premières pièces et poèmes, dont La Peste.


1944
Niki peint en rouge vif les feuilles de vigne qui couvrent le bas-ventre des statues grecques de l’école. La directrice décide qu’elle ne sera gardée qu’à condition qu’elle soit suivie par un psychiatre. Ses parents l’envoient en pension à l’école religieuse de Suffren, dans l’Etat de New York.


1947
Niki de Saint Phalle passe son baccalauréat à la Oldfield School dans le Maryland.


1948-1949
Elle travaille accessoirement comme mannequin. Des photos d’elle paraissent dans Vogue, Harpers’ Bazaar et en couverture de Life Magazine. A 18 ans, Niki s’enfuit avec Harry Mathews ; ils se marient civilement le 6 juin 1949 à New York.


1950
Cédant aux instances de sa mère, Niki de Saint Phalle et Harry Mathews se marient à l’église française de New York en février. Ils s’installent ensuite à Cambridge dans le Massachusetts, où Harry commence des études de musique à Harvard. Pendant ce temps-là, Niki peint ses premières huiles et gouaches.


1951
Naissance de leur fille Laura à Boston le 23 avril.


1952
Niki, Harry et Laura quittent le Massachusetts et s’installent à Paris. Harry Mathews poursuit ses études musicales dans l’espoir de devenir chef d’orchestre. Niki s’inscrit à un cours d’art dramatique. Ils s’occupent tous les deux activement de leur fille. Durant l’été, la famille voyage à travers le Sud de la France, l’Espagne et l’Italie, et visite musées et cathédrales. Niki est profondément marquée par l’idée de la cathédrale en tant qu’ “idéal collectif” – une idée qu’elle appliquera plus tard dans son propre travail de création.


1953
Suite à une grave dépression nerveuse, Niki Mathews est admise dans un hôpital psychiatrique à Nice. La peinture l’ayant aidée à s’en sortir, elle décide alors d’abandonner le théâtre pour devenir artiste. Au même moment, Harry Mathews met fin à ses études musicales et entreprend d’écrire son premier roman.


1954
En mars, le couple rentre à Paris où il partage une maison avec le musicien de jazz et compositeur américain Anthony Bonner. Niki est présentée au peintre américain Hugh Weiss qui lui servira de mentor au cours des cinq années suivantes et l’encouragera à garder sa spontanéité d’autodidacte. En septembre, Niki, Harry et Mathews quittent Paris pour Deyá, dans l’île de Majorque.


1955
Naissance de leur fils Philip le 1er mai. Niki visite Madrid et Barcelone où elle découvre l’œuvre de Gaudí. Cette découverte, notamment du Parc Güell, va changer sa vie et la conduire un jour à créer son propre jardin de sculptures.


1956-1958
La famille Mathews passe plusieurs mois à Lans-en-Vercors dans les Alpes françaises. Niki réalise une série de peintures à l’huile et réalise sa première exposition dans la petite ville de Saint-Gall en avril 1956.
En août, la famille retourne à Paris et s’installe dans un petit appartement de la rue Alfred-Durand-Claye.

Harry et Niki font de fréquentes visites au Louvre et dans d’autres musées parisiens. Niki découvre les œuvres de Paul Klee, d’Henri Matisse, de Pablo Picasso et du Douanier Rousseau. Grâce à Harry, qui poursuit dorénavant une carrière littéraire, elle rencontre de nombreux auteurs américains contemporains, dont John Ashbery et Kenneth Koch.

En 1956, Niki fait également la connaissance de Jean Tinguely et de sa femme Eva Aeppli. Lorsqu’elle entreprend, quelques mois plus tard, de réaliser sa première sculpture, elle demande à Jean Tinguely de souder une armature métallique qu’elle recouvre ensuite de plâtre.

Niki visite le Palais Idéal de Joseph Ferdinand Cheval à Hauterives.


1959
Niki découvre au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris les œuvres des artistes américains Jasper Johns, Willem de Kooning, Jackson Pollock et Robert Rauschenberg.


1960
Niki se sépare d’Harry Mathews qui s’installe avec les enfants dans un nouvel appartement, tandis qu’elle reste rue Alfred-Durand-Claye. Elle poursuit ses expériences artistiques, notamment sous forme d’assemblages en plâtre et de tableaux-cibles. A la fin de l’année, elle s’installe avec Jean Tinguely Impasse Ronsin, où ils partagent le même atelier et vivent entourés d’autres artistes. Jean la présente à Pontus Hulten, directeur du Moderna Museet de Stockholm, à qui elle devra sa participation à plusieurs expositions importantes de l’époque, et qui achètera quelques-unes de ses œuvres pour le Moderna Museet.


1961
En février, Niki expose un assemblage avec cible, Portrait of my Lover, au Salon « Comparaison : Peinture – Sculpture » organisé par le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris.

Le 12 février, elle organise, Impasse Ronsin, la première de quelque douze actions - tir qui se dérouleront entre 1961 et 1963. Il s’agit de tirer avec une carabine sur un assemblage d’objets disparates fixés sur un support à l’aide de plâtre, et de faire éclater des sachets de couleurs dissimulés sous le plâtre afin qu’ils éclaboussent le relief de leur contenu. Le travail achevé prend le nom de Tir. Plusieurs Nouveaux Réalistes sont présents lors de l’action inaugurale. Enthousiasmé, Pierre Restany invite Niki à se joindre au groupe auquel appartiennent Arman, César, Christo, Gérard Deschamps, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Martial Raysse, Mimmo Rotella, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé.

En mars, Niki participe à l’exposition « Bewogen Beweging » organisée par Pontus Hulten au Stedelijk Museum d’Amsterdam. L’exposition sera ensuite présentée au Moderna Museet de Stockholm et au Lousiana Museum à Humlebaek au Danemark.

Le 20 juin, Niki, Jean Tinguely, Jasper Johns et Robert Rauschenberg prennent part à un concert-performance de John Cage, intitulé Variations II, à l’Ambassade des Etats-Unis à Paris. Pendant que David Tudor joue du John Cage au piano, les artistes plasticiens exécutent leurs œuvres sur scène.

Pierre Restany organise à la Galerie J. dirigée par sa femme Jeannine de Goldschmidt, la première exposition personnelle de Niki, « Feu à Volonté », présentée du 30 juin au 12 juillet. Les visiteurs sont invités à tirer sur les tableaux. Leo Castelli, Robert Rauschenberg, Jasper Johns et tous les Nouveaux Réalistes assistent au vernissage. Rauschenberg achète un Tir.

Marcel Duchamp présente Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely à Salvador Dalí. Lors de leur voyage en Espagne, Dalí les invite à fabriquer un Toro de Fuego (Taureau de Feu) pour une corrida qui doit se tenir à Figueras. Niki et Jean construisent un taureau rituel : une bête grandeur nature en plâtre et en papier, le ventre rempli de fusées de feux d’artifice qui, conformément à la tradition, entrera dans l’arène à la fin de la corrida et explosera dans un fracassant spectacle de lumière et de couleurs.

En octobre, Niki participe à l’exposition « The Art of Assemblage » organisé par le Museum of Modern Art de New York. L’exposition sera ensuite reprise par le Dallas Museum for Contemporary Art et par le San Francisco Museum of Art.

De juin à septembre, plus de cinquante revues et journeaux internationaux publient des articles sur le travail de Niki.
A l’automne, Larry Rivers et sa femme Clarice viennent s’installer dans l’un des ateliers de l’Impasse Ronsin ; très vite, ils se lient d’amitié avec Niki et Jean.


1962
En février, Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely se rendent en Californie et visitent les Watts Towers de Simon Rodia, dans les environs de Los Angeles. Niki prend part au tournage par la chaîne de télévision américaine CBS d’un documentaire sur le Happening Study for the End of the World Number 2, organisé par Jean Tinguely, et réalisé dans le désert du Nevada.

Niki met en scène ses deux premières actions - tir aux Etats-Unis: la première a lieu le 4 mars devant la maison de Virginia Dwan sur la plage de Malibu, la seconde, avec l’assistance d’Ed Kienholz, dans les collines surplombant Malibu.

Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely poursuivent leur voyage jusqu’au Mexique.

Le 4 mai, Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely participent, en compagnie de nombreux autres artistes, dont Robert Rauschenberg et Frank Stella, à la représentation de la pièce de Kenneth Koch, Construction of Boston, mise en scène par Merce Cunningham. Au cours de la représentation, Niki se livre à une action - tir sur la Vénus de Milo.

De retour en Europe, elle présente dix Tirs et Autels à l’occasion d’une exposition personnelle organisée par la Galerie Rive Droite à Paris. Parmi les visiteurs figure Alexandre Iolas, qui lui propose d’exposer en octobre dans sa galerie new-yorkaise. Ainsi commence une longue collaboration entre l’artiste et le galeriste, qui la soutiendra financièrement pendant de nombreuses années et organisera pour elle de multiples expositions. C’est également par son intermédiaire que Niki rencontrera les peintres surréalistes Victor Brauner, Max Ernst et René Magritte.

Yves Klein meurt subitement le 6 juin.

Du 30 août au 30 septembre, Niki participe avec Robert Rauschenberg, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt à « Dylaby » (Dynamic Labyrinth), une importante installation au Stedelijk Museum d’Amsterdam.

Du 15 octobre au 3 novembre, Alexandre Iolas organise la première exposition personnelle de Niki à New York. A cette occasion, elle présente Hommage au Facteur, un assemblage complexe sur lequel le public est invité à tirer, ainsi que dix autres pièces.


1963
En mai, Virginia Dwan organise une action - tir à Los Angeles au cours de laquelle Niki tire sur un King Kong monumental. L’œuvre achevée sera achetée par le Moderna Museet de Stockholm. King Kong est l’un des premiers monstres à venir prendre place dans l’univers artistique saint-phallien; de nombreux autres suivront.

Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely achètent une ancienne auberge, l’“Auberge du Cheval Blanc”, à Soisy-sur-Ecole dans l’Essonne. Niki entame une réflexion sur les rôles féminins traditionnels qui donnera lieu à une série de sculptures de femmes accouchant, de mères dévorantes, de sorcières et de prostituées.


1964
Niki passe l’été à Lutry, dans les environs de Lausanne, où elle travaille sur de grandes têtes en laine et papier-mâché ainsi que sur quelques Mariées et sur Saint Georges et le Dragon.

En septembre a lieu sa première exposition personnelle à Londres, organisée par la Hanover Gallery.

En octobre, elle se rend à New York. Dans sa chambre de l’hôtel Chelsea transformée en atelier, elle réalise une série de sculptures-collages : des Nanas, des Cœurs et des Dragons.


1965
Inspirée par la grossesse de Clarice Rivers, Niki crée en avril ses premières Nanas en tissu et laine.

En août, Monique Jacot rédige un article de 12 pages sur Niki pour la revue d’art suisse DU.

En septembre, elle présente ses Nanas lors d’une exposition personnelle à la Galerie Alexandre Iolas à Paris, qui publie conjointement le premier livre d’artiste de Niki, enrichi d’un texte manuscrit et de dessins de Nanas.

Encouragée par son galeriste, elle se lance dans une importante production d’œuvres imprimées et signées destinées à promouvoir ses expositions (invitations, affiches, livres et écrits divers). Elle commence aussi ses premières sérigraphies.


1966
En collaboration avec Martial Raysse et Jean Tinguely, Niki dessine les décors et les costumes du ballet de Roland Petit, Eloge de la Folie, présenté en mars au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

En juin, Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely et Per Olof Ultvedt sont invités par Pontus Hulten à installer une grande sculpture dans l’entrée du Moderna Museet de Stockholm. Ensemble, ils réalisent une Nana couchée monumentale, mesurant 28 mètres de long, 9 mètres de large et 6 mètres de haut. L’œuvre est baptisée Hon (« Elle » en suédois).
A Stockholm, Niki et Jean font la connaissance du jeune artiste suisse Rico Weber qui se joint à la réalisation de Hon, et qui restera pendant de nombreuses années leur assistant et collaborateur.

En octobre, Niki dessine les costumes et les décors de Lysitrata d’Aristophane, mise en scène par Rainer von Diez et produite au Staatstheater de Kassel, en Allemagne.


1967
Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely réalisent Le Paradis Fantastique, une commande du gouvernement pour le pavillon française de L’Expo’67 à Montréal. L’œuvre achevée se compose de neuf sculptures peintes, réalisées par Niki, et de six machines cinétiques noires construites par Jean Tinguely. Une fois l’exposition terminée, Le Paradis Fantastique est présenté à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo, au nord de l’Etat de New York, puis dans Central Park, dans la ville de New York durant un an. Aujourd’hui, l’ensemble se trouve à Stockholm, tout près du Moderna Museet.

En août, la première exposition rétrospective de Niki, les Nanas au pouvoir, ouvre ses portes au Stedelijk Museum d’Amsterdam. Y figurent la première Nana-Maison, la première Nana-Fontaine, ainsi que le plan d’une Nana-Ville.
Ces nouvelles pièces sont réalisées en résine de polyester, matériau avec lequel Niki a commencé depuis peu à travailler.


1968
En juin, le Staatstheater de Kassel présente la première pièce de Niki de Saint Phalle, ICH, écrite et mise en scène en collaboration avec Rainer von Diez. Elle en réalise les décors, les costumes et l’affiche.

Le Kunstverein für die Rheinlande Westfalen de Düsseldorf présente une exposition intitulée Niki de Saint Phalle : « Werke 1962-1968 », que reprendra ensuite un autre musée allemand, le Kunstverein de Hanovre.

En octobre, Niki expose un relief mural en 18 parties, Last Night I Had a Dream, à la Galerie Alexandre Iolas à Paris.

Elle dessine des Nanas gonflables, qui seront produites et diffusées à New York.

Vers la fin de l’année, Niki souffre de problèmes pulmonaires liés à l’inhalation des vapeurs et des poussières du polyester qu’elle utilise désormais quasi exclusivement pour ses sculptures.

Elle fait un voyage au Maroc.


1969
Au retour d’un voyage en Inde, Niki travaille à son premier projet architectural : trois maisons dans le Sud de la France, une commande de Rainer von Diez. Elles seront achevées en 1971. Leur dénomination poétique : Le Rêve de l’Oiseau.

La Galerie munichoise Stangl présente différentes facettes de l’œuvre de Niki dans une exposition intitulée « Plastiken, Zeichnungen und Graphiken von Niki de Saint Phalle ».

Le Whitney Museum of American Art de New York acquiert la Black Venus de Niki et l’exhibe en avril dans l’exposition « Contemporary American Sculpture, Selection 2 ».

Pendant ce temps, à Milly-la-Forêt, commence la construction du Cyclop (connu aussi sous le nom de La Tête), projet lancé par Jean Tinguely et auquel collaborent Niki et plusieurs autres artistes, auquel Jean Pierre Raynaud participera sous la forme d’une immense Jauge de 22 m de hauteur.


1970
Lors de l’inauguration, le 29 novembre, du festival organisé par Pierre Restany et Guido Le Noci à Milan pour commémorer le 10ème anniversaire de la fondation du groupe des Nouveaux Réalistes, Niki tire sur un assemblage-autel.

Une série de 17 sérigraphies est éditée à Paris sous le titre Nana Power.

Niki, accompagnée de Jean Tinguely, découvre l’Egypte.


1971
Le 13 juillet, Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely se marient à Soisy, puis partent en voyage au Maroc. Le 10 août, à Bali, naît la première petite-fille de Niki, Bloum, fille de Laura et de Laurent Condominas.

Niki dessine ses premiers bijoux.

A la fin de l’année, elle se lance dans la construction du Golem, une structure pour enfants destinée au Rabinovitch Park de Jérusalem qu’elle achèvera l’année suivante.


1972
Niki fait appel à Robert Haligon pour la production de ses sculptures monumentales et pour ses éditions de multiples. Commence alors une longue collaboration, qui se poursuivra plus tard avec le fils de Robert, Gérard.

En juillet, Niki loue le Château-de-Mons, près de Grasse, dans le Sud de la France, où elle commence le premier tournage de Daddy, écrit, réalisé et produit en collaboration avec Peter Whitehead. Le film sera présenté en novembre au Hammer Cinema à Londres.

La Galerie Bonnier à Genève présente l’exposition « Niki de Saint Phalle : Niki avant les Nanas ».

Niki visite la Grèce.


1973
En janvier, Niki réalise une seconde version de Daddy, avec de nouveaux tournages à Soisy et à New York et la participation supplémentaire de Clarice Rivers, Rainer von Diez et Mia Martin.

La première mondiale de cette nouvelle version aura lieu en avril au Lincoln Center, dans le cadre du 11ème festival de cinéma de New York, dont on demande à Niki de réaliser la couverture du programme.

Elle dessine une piscine pour la résidence de Georges Plouvier à Saint-Tropez.

A Knokke-le-Zoute en Belgique, elle construit Le Dragon, une maison de jeux pour les enfants de Fabienne et Roger Nellens.


1974
Niki de Saint Phalle installe à Hanovre en Allemagne trois Nanas géantes que la ville baptise Caroline, Charlotte et Sophie, du nom de ses trois reines.

Ses maquettes de projets architecturaux sont présentées à la Galerie Alexandre Iolas à Paris.

A Baden-Baden en Allemagne, la Galerie Dr. Ernst Hauswedell présente différents aspects du travail de Niki au cours d’une exposition intitulée « Niki de Saint Phalle: Skulpturen, Zeichnungen, Graphik, Ballon-Nanas ».

Niki souffre d’un abcès pulmonaire dû à plusieurs années de travail avec le polyester. Après son hospitalisation, elle entame une longue période de convalescence en Arizona, puis séjourne à Saint-Moritz dans les montagnes suisses. Elle y retrouve Marella Agnelli, une ancienne amie rencontrée dans les années 50 à New York, à qui Niki fait part de son rêve de créer un jardin de sculptures. Les frères de Marella, Carlo et Nicola Caracciolo, lui offrent un terrain en Toscane où réaliser ce rêve.


1975
Niki écrit le scénario du film Un rêve plus long que la nuit. De nombreux amis artistes participent au tournage. Le mobilier figurant dans les décors est dessiné par Niki. A l’occasion du Festival Europalia-France 1975, le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles accroche sur sa façade divers éléments des décors du film.


1976
Niki passe l’année entière dans les montagnes suisses, où elle travaille à la conception de son jardin de sculptures.

Le Musée Boymans van Beunigen de Rotterdam présente divers projets architecturaux de Niki dans une exposition intitulée « Beelden, modellen en maquettes van Niki de Saint Phalle ».

Au Nordjyllands Kunstmuseum d’Aalborg au Danemark a lieu l’exposition « Niki de Saint Phalle Sculpturer ».

La Galerie Bonnier à Genève présente « Niki de Saint Phalle : Œuvres récentes ».


1977
Niki de Saint Phalle dessine avec Constantin Mulgrave les décors du film The Traveling Companion, tiré d’un conte de Hans Christian Andersen.

Elle voyage au Mexique, puis dans l’état américain du Nouveau-Mexique.

Ricardo Menon devient son assistant; il le restera pendant dix ans.


1978
Mise en œuvre du Jardin des Tarots à Garavicchio en Toscane, sur le terrain mis à disposition par Carlo et Nicola Caracciolo. Niki se lance dans une série de 22 sculptures monumentales inspirées par les cartes du Tarot, dont les figures et le symbolisme la fascinent.


1979
Niki passe la plus grande partie de son temps en Toscane, où elle établit les fondements de son Jardin des Tarots.

En mars, elle inaugure sa première exposition au Japon, organisée par la Galerie Watari à Tokyo.

A New York, la Gimpel & Weitzenhoffer Gallery présente « Niki de Saint Phalle : Monumental Projects, Maquettes and Photographs », une exposition que reprendront ensuite quatre autres musées américains.

Niki crée les premières sculptures de la série des Skinnies.


1980
En avril, Niki commence à travailler au Magicien et à l’Impératrice pour le Jardin des Tarots.

Sa sculpture Le poète et sa muse est installée sur le site de l’Université d’Ulm. Une exposition de son œuvre graphique a lieu parallèlement de mai à juillet dans la galerie d’art de l’université.

De juillet à septembre, le Centre Georges Pompidou lui consacre une grande rétrospective. Le lendemain de l’inauguration, Niki subit sa première crise d’arthrite. Après Paris, la rétrospective circule à travers l’Europe, notamment en Allemagne, où elle est présentée successivement au Wilhem-Lehmbruck Museum der Stadt à Duisburg et au Kunstmuseum à Hanovre.

Yoko Masuda inaugure le Space Niki à Tokyo avec la première d’une série d’expositions consacrées à l’œuvre de Niki de Saint Phalle.

Niki réalise ses premières chaises-, vases- et lampes-serpent, en polyester


1981
Niki de Saint Phalle loue une petite maison près du Jardin des Tarots. Elle embauche de jeunes gens dans les alentours. Jean Tinguely et son All Star Swiss Team, composée de Seppi Imhoff et de Rico Weber, prennent en charge la soudure des sculptures pour le Jardin.

Au printemps, elle peint la carlingue d’un nouveau bi-moteur, le Piper aérostar 602P, qui prend part en juin à la « Première Course Aérienne Transatlantique », sous le parrainage de la Peter Stuyvesant Foundation.


1982
La société américaine Jacqueline Cochran invite Niki à créer un parfum à son nom, dont les recettes l’aideront à financer la construction du Jardin des Tarots.
Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle travaillent ensemble sur un projet de fontaine/sculpture composé de 15 éléments, destinée à la Place Igor Stravinsky, adjacente au Centre Georges Pompidou. Ils sont assistés par Pierre-Marie Lejeune, aujourd’hui encore l’un des proches collaborateurs de Niki.

Les galeries Gimpel & Weitzenhoffer à New York et Gimpel Fils à Londres présentent successivement les Skinnies.

Les travaux se poursuivent au Jardin des Tarots. L’artiste hollandais Doc Winsen succède à Jean Tinguely pour la réalisation de l’armature métallique des sculptures. A la fin de l’année, on commence à couler les ciments.


1983
La Stuart Collection commande une sculpture pour le campus de l’Université de Californie à San Diego. Ce sera le Sun God.

Dans le Jardin des Tarots, Niki s’installe à l’intérieur du bâtiment en forme de sphinge qui porte le nom d’Impératrice ; il lui servira de maison et d’atelier pendant les sept années à venir.

Comme matériaux de surface pour les sculptures, elle décide d’utiliser, outre des miroirs et du verre, des céramiques ; pour les produire, elle fait appel à Venera Finocchiaro, professeur de céramique à Rome, découvert par Ricardo Menon, et qui dès lors réalisera tous les travaux de céramique du Jardin.


1984
Niki consacre tout son temps au Jardin des Tarots.


1985
Avec l’aide de son équipe, Niki achève plusieurs sculptures : Le Magicien, La Tour, L’impératrice et La Papesse. Jean Tinguely construit une machine qui couronnera La Tour de Babel.

Le Casino de Knokke-le-Zoute en Belgique organise une exposition Niki de Saint Phalle.


1986
Niki passe une grande partie de l’année au Jardin des Tarots, où d’autres sculptures sont installées.

Elle écrit, en collaboration avec le professeur Silvio Barandun, le livre AIDS : You can’t catch it holding hands, dont elle assume aussi l’illustration. D’abord publié en anglais par Lapis Press (maison d’édition créée par l’artiste Sam Francis), le livre est ensuite traduit dans cinq langues. Au total, 70.000 exemplaires en sont tirés, qui seront ou vendus ou donnés à des centres de soins et à des écoles.

Ricardo Menon quitte le Jardin des Tarots et retourne à Paris pour y poursuivre une formation théâtrale. Il y rencontre Marcelo Zitelli qu’il présente à Niki, à la recherche d’un jardinier. Du jardin, Marcelo passera bientôt à l’atelier et deviendra l’assistant de Niki.


1987
En mars, la Kunsthalle de la Hypo-Kulturstiftung de Munich inaugure la grande exposition « Niki de Saint Phalle – Bilder – Figuren – Phantastische Gärten ».

La Galerie Bonnier à Genève présente « Niki de Saint Phalle: Œuvres Récentes ».

Le Nassau County Museum of Fine Arts à Roslyn, Long Island, offre à Niki sa première rétrospective américaine, intitulée « Fantastic Visions : Works by Niki de Saint Phalle ».


1988
Le Président de la République François Mitterrand commande à Niki de Saint Phalle et à Jean Tinguely une fontaine pour la place de la Mairie de Château-Chinon, dont il a été le maire pendant de nombreuses années. Il l’inaugure en personne le 10 mars.

Helen Schneider commande à Niki une nouvelle fontaine pour le Schneider Children’s Hospital de Long Island. Niki réalise un Arbre aux serpents d’une hauteur de 5,5 mètres.

Elle dessine un cerf-volant géant, L’Oiseau amoureux, pour une exposition mondiale itinérante organisée par l’Institut Goethe du Japon et consacrée au cerf-volant.


1989
L’exposition Oeuvres des années 80, organisée conjointement par la Galerie JGM et la Galerie de France, présente des pièces réalisées par Niki en collaboration avec Jean Tinguely.

Le Palais Bénédictine de Fécamp consacre une exposition au Jardin des Tarots, accompagnée de textes rédigés par Pontus Hulten, Pierre Restany et Jean Tinguely.

Niki réalise une série de divinités égyptiennes, ses premières œuvres en bronze.
Ricardo Menon meurt du sida.


1990
En juin, Niki présente son travail des années soixante dans deux expositions simultanées, l’une à la Galerie de France, l’autre à la Galerie JGM, sous le même titre : « Tirs... et autres révoltes 1961-1964 ».

En collaboration avec son fils Philip Mathews, Niki réalise un film d’animation tiré de son livre AIDS : You can’t catch it holding hands.

En novembre, elle projette son film sur le sida au Musée des Arts Décoratifs à Paris. Parallèlement, le musée monte une exposition de dessins réalisés pour le film et pour une nouvelle version du livre. L’Agence Française de Lutte contre Le Sida publie Sida: tu ne l’attraperas pas, et le distribue dans toutes les écoles de France.


1991
Niki réalise une maquette (échelle 1/4) pour le Temple Idéal, qu’elle décrit comme « une église pour toutes les religions », et dont la conception initiale remonte à 1972.

En juin, la Galerie Gimpel Fils à Londres organise une exposition intitulée « Gods », présentant une série de statues inspirées par d’anciennes divinités indiennes, mésopotamiennes et égyptiennes.

Jean Tinguely meurt en août.

Niki construit son premier tableau éclaté et le baptise Méta-Tinguely.

Paul Sacher propose de créer un Musée Jean Tinguely à Bâle.


1992-1993
Sous les auspices de la Kunst- und Ausstellungshalle de Bonn, Pontus Hulten organise une grande rétrospective Niki de Saint Phalle, qui sera ensuite présentée, sous une forme chaque fois modifiée, aux McLellan Galleries de Glasgow, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris et au Musée d’Art et d’Histoire de Fribourg.

Elle réalise une série de reliefs cinétiques ou de peintures en mouvement, auquel elle donne le nom de Tableaux Eclatés.

La ville de Duisburg en Allemagne installe la fontaine qu’elle a commandée à Niki, baptisée Lebensretter (Le Sauveteur).

Niki crée une sculpture, Les Footballeurs, pour le Musée Olympique de Lausanne, en Suisse.


1994
Niki s’installe à San Diego en Californie, où elle a vécu et travaillé jusqu’à son décès en mai 2002. Peu après son arrivée, elle réalise une série de lithographies intitulées Californian Diary, éditées par Ebi Kornfeld.

Niki commence à travailler avec deux anciens collaborateurs de Sam Francis, le lithographe George Page et Samuel Jacob, maître en eaux-fortes et gravures. Au cours des années suivantes, elle produira 26 lithographies avec le premier, 13 avec le second, toutes éditées par Ebi Kornfeld.

Niki charge Lech Juretko d’organiser un atelier pour la coupe des miroirs, du verre et des pierres, matériaux qui permettent d’affiner le plaisir tactile du contact avec l’objet sculpté. Pour mener à bien ce travail méticuleux, Lech constitue une équipe de six ouvriers qui aideront à la réalisation de tous les futurs grands projets.

En octobre a lieu l’inauguration du Musée Niki à Nasu, au Japon, consacré à la vie et à l’œuvre de Niki de Saint Phalle, et dirigé par Yoko Masuda.

Niki se lance, avec l’architecte Mario Botta, dans la réalisation d’un projet de sculpture/architecture de grande envergure, L’Arche de Noé, qui leur a été commandé par la Fondation de Jérusalem.

Elle dessine un timbre portant le message Stop AIDS/Stop SIDA pour la Poste suisse.

Niki reçoit le prix Caran d’Ache.


1995
Peter Schamoni réalise un long métrage sur la vie de Niki de Saint Phalle : Who is the Monster? You or Me?

L’agence culturelle AFAA (Association Française d’Action Artistique) organise une exposition itinérante qui sera présentée successivement par plusieurs grands musées d’Amérique Centrale et Latine, y compris le Museo Rufino à Mexico, le Museo de Arte Contemporaneo à Caracas au Venezuela, le Museo de Arte Moderno à Bogota en Colombie, la Pinacoteca do Estado à São Paulo au Brésil, et le Museo Nacional de Bellas Artes à Buenos Aires en Argentine.


1996
Niki commence la construction de Gila, une maison pour enfants en forme de dragon haute de 3,63 mètres et large de 9,09 mètres, couverte d’une mosaïque de miroirs, de cailloux, de céramiques et de verre, destinée à une résidence privée à San Diego. La réalisation de Gila est facilitée par le recours à un procédé d’agrandissement assisté par ordinateur, dont la mise en œuvre est confiée à Gary Kirk. Ce procédé est l’une des nombreuses avancées techniques que Niki découvrent et adoptent après son arrivée en Californie.

Ouverture du Musée Jean Tinguely à Bâle (architecte Mario Botta). Niki fait don de 55 sculptures majeures et plus de cent œuvres graphiques de Jean, qui constitueront le fonds de la collection.


1997
Les Chemins de Fer Fédéraux Suisses commandent à Niki une statue de 10 mètres de haut, L’Ange Protecteur, pour le hall de la gare de Zurich. Elle sera inaugurée en novembre.

Mario Botta construit une grille et un mur d’entrée pour le Jardin des Tarots.

Niki dessine des chaises-serpents en bois avec incrustation de mosaïques, réalisées par Dell Cover et Dave Carr.


1998
Le Jardin des Tarots ouvre officiellement ses portes le 15 mai.

Niki achève les dernières grandes sculptures d’animaux qui doivent prendre place sur L’Arche de Noé, destiné à un terrain de jeux pour enfants à Jérusalem. Pour la réalisation de ces sculptures, ainsi que de toutes celles qu’elle a conçues depuis le début des années 80, elle est assistée par Marcelo Zitelli.

Elle crée une série de sculptures intitulée Black Heroes en hommage à plusieurs grands noms de la communauté noire américaine qui se sont particulièrement illustrées dans le sport ou le jazz, y compris Miles Davis, Louis Armstrong et Josephine Baker. Cette série est dédiée à ses arrières petits-enfants, qui sont métis.

Le Mingei International Museum de San Diego présente la plus importante rétrospective Niki de Saint Phalle américaine à ce jour, organisée par une amie de Niki, Martha Longnecker.

Elle écrit le premier volume de son autobiographie, Traces.


1999-2000
Le Ulmer Museum présente une exposition rétrospective intitulée « Niki de Saint Phalle – Liebe, Protest, Fantasie » à Ulm en Allemagne. L’exposition est ensuite reprise par le Wilhelm-Hack-Museum à Ludwigshafen-am-Rhein.

Une exposition Niki de Saint Phalle a lieu à l’Espace Jean Tinguely et Niki de Saint Phalle à Fribourg, Suisse.

Niki commence à exposer dans les Galeries Tasende de San Diego et de Los Angeles.

Elle construit Skull, un crâne de 5 mètres de haut, recouvert de mosaïques, avec à l’intérieur une salle de méditation aux murs revêtus de miroirs. Cette sculpture est destinée à la ville de San Diego.

Niki travaille sur un monument de 125 mètres de diamètre, entouré d’un mur-serpent, qui prendra place dans un jardin public à Escondido, en Californie du Sud. Le jardin rendra hommage à la reine Califia, reine légendaire de la Californie, dont il portera le nom.

Niki se voit confier l’aménagement des trois salles des Grottes du Grand Jardin de Herrenhausen par la ville de Hanovre. Sur ce projet travaillent avec elle Pierre-Marie Lejeune et Gary Kirk.

Niki crée une nouvelle série de vases.

Niki de Saint Phalle figure parmi les lauréats du Praemium Imperiale remis en octobre 2000 à Tokyo. Le Praemium Imperiale est considéré comme le Nobel des Arts. Il est attribué aussi au compositeur de comédies musicales Stephen Sondheim, au peintre américain Ellsworth Kelly, au compositeur allemand Hans Werner Henze et à l'architecte britannique Richard Rogers.

Le 17 novembre est signée la donation Niki de Saint Phalle au Sprengel Museum de Hanovre. Le Bourgmestre de la Ville de Hanovre ainsi que le conservateur du musée, Ulrich Krempel, ont signé le document. Le 19 novembre est ouverte au public l’exposition « LaFête - die Schenkung Niki de Saint Phalle ».


2001
Le 25 septembre est inaugurée l’exposition rétrospective Niki de Saint Phalle au Museum Jean Tinguely de Bâle. La plus grande partie de la donation faite au Sprengel Museum est présentée, complétée de prêts de l’artiste et de collections privées.

Au Musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice, le 11 octobre, dans une des salles de la collection permanente, est entériné l’acte de la donation faite par Niki de Saint Phalle à la Ville de Nice pour le musée. 190 œuvres, dont 63 peintures et sculptures, 18 gravures, 40 lithographies, 54 sérigraphies, de nombreux documents originaux font le corps de la donation. Jacques Peyrat, Maire de Nice, et Gilbert Perlein, Directeur du musée, ont signé le document en présence des représentants de l’état dans le département, et d’une nombreuse assistance. Maître Marie-France Pestel-Debord représentait l’artiste empêchée. Un moment émouvant de l’événement a eu lieu lorsqu’une liaison téléphonique a pu être établie entre le Maire de Nice et Niki de Saint Phalle restée à San Diego.


2002
16 mars, inauguration de la rétrospective Niki de Saint Phalle au Mamac de Nice.

22 mai : Niki de Saint Phalle décède à l’hôpital de San Diego en Californie, des suites d’une insuffisance respiratoire chronique. Tenue informée régulièrement des préparatifs de l’exposition, elle n’a malgré tout jamais été en mesure de se rendre à Nice.

Après la rétrospective, une salle permanente Niki de Saint Phalle / Jean Tinguely est installée dans les espaces permanents du musée, regroupant une sélection des œuvres de la donation, mises en regard avec plusieurs œuvres du sculpteur, déposées par Niki. Le musée répond ainsi à un désir exprimé par l’artiste de souligner le lien affectif très profond qui l’unissait à l’artiste suisse. Un travail de diffusion de l’œuvre s’échafaude en collaboration et avec l’appui de la Niki Charitable Art Foundation.

 
 

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