30-05-2012

LE MUSEE PRIVE
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75017 Paris
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Mary Sue Galerie Rabouan Moussion

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Mary Sue - Exposition "La permanence"
15 octobre 2011 - 12 novembre 2011
Vernissage 15 Octobre 18h00
Galerie Rabouan Moussion
121, rue Vieille du Temple
75003 Paris
T 01 48 87 75 91
www.galerie-rabouan-moussion.com
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heures d'ouverture lundi - samedi 10h-19h

MARY SUE : DELICES DES LEURRES OU LE SURIDENTICATION FEMININE par
Jean-Paul gavard-Perret

Les œuvres de Mary Sue peuvent être prises comme des fables sensuelles, legères et gorgées d’humour puisque l’artiste s’amusent avec tous les stéréotypes. Son personnage fétiche et fétichisé est une poupée de cire, une fiction de sa propre fiction.

 

L’artiste répond ainsi par la bande à Barthes qui voyait dans une certaine peinture populaire une mise en scène de la communication iconographique sociale et une aliénation de la fable. Mary Sue « fictionne » donc sur le romanesque le plus populaire et le fait en même échapper à la honte qui s’attache à lui par la torsion qu’elle opère. En effet si l'oeuvre a pour première matière le magma confus des stéréotypes féminins elle en devient la contradiction. L’artiste déclenche le mécanisme inversé à celui qui alimente le robinet du subconscient et de ses sensations « vicaires » (J. Henric). Les pesudo principes de réalité que feint de respecter l’artiste débouchent sur de bien étranges « romances » et sur une narration dégingandée.

Le nom de l’artiste est aussi ambiguë que son œuvre. A l’origine Mary-Sue est un terme négatif donné à un personnage de fiction représenté d'une manière idéalisée, sans défaut notable. Généralement. une Mary Sue a toujours raison et est appelée à un destin grandiose finissant de manière épique. Elle est donc l’archétype féminin pendant des supermen. Le terme vient d'un personnage de Paula Smith : le Lieutenant Mary Sue la plus jeune lieutenant de Starfleet âgée seulement quinze ans et demi" et immortalisée dans la parodie "A Trekkie's Tale" (1974). On notera que concept ne tire pas son origine d'un exemple précis mais de sa propre parodie.

 
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La Mary Sur de Mary Sue à l’inverse de ses modèkles ne fait pas montre d'une haute moralité. Elle tire sa puissance non d’une quelconque magie mais de sa beauté de Lolita sulfureuse et dévergondée  qui laisse souvent voir sa petite culotte… Le personnage de Mary Sue est donc  désormais codifié et identifiable. Il effectue un transfert dans le réel et l'on observe des formes les plus approfondies de l'identification de ce  personnage de fiction dans le réel Mais l’artiste plasticienne nommée "Mary Sue" a  revêtu les codes qui constituent la Mary Sue au sens le plus large pour mettre en avant un phénomène d'inversion. À défaut de placer dans son personnage des idées et des éléments qui constitueraient des indices autobiographiques, elle gomme habilement tout ce qui a trait à l'identité, au personnel. Portant ce pseudonyme elle détruit par là même ce qui constitue habituellement l'identité la plus forte d'un individu, le nom de famille, ses racines, son histoire... Mary Sue (la créatrice) propose donc une critique du monde qui l'entoure, de la société de mass-média et de l'ère d'une généralisation de la pensée comme dela destruction de l'identité d'une personne.

Devenue personnage, laissant le concept de « Persona » cher  à l'écart, Mary Sue fabrique par le biais de la photographie, de l'installation, de la sculpture et de la vidéo une histoire globale d'une jeune femme conditionnée par la publicité, la morale, la  sexualité, l’éducation. Le personnage est bien plus qu’un reflet narcissique de l'égo de son auteur. Il tend à modifier l'univers de référence, à en saper le réalisme et l'intérêt.. L’artiste "anonyme" crée une fiction. Elle se désigne comme expérimentation de la représentation  et de l'imaginaire comme exercice et expérience du sujet.  Le contrat de fiction qu'elle implique différe très sensiblement de l’habituelle représentation. Quelque chose doit être cassé dans la mécanique de cette représentation  mais rien ne transparaît.  La mise en scène, la narration sont  désignées comme pures visions mentales. Elles définissent le réel  comme hypothèse de l'imaginaire. Celui-ci fait disjoncter le contrat habituel de regard porté sur le réel. Il  manifeste l'absolue  fiction non seulement du monde qui s'élabore mais aussi de la pratique imageante. La fiction se désigne  donc comme pur effet d’image où cette dernière  fait problème.

Mary Sue fait plus : elle met à mal  la distinction sartrienne entre auteur (celui qui invente) et narrateur (celui qui narre). Rappelant qu'il faut "ne  pas nommer un auteur » l’artiste congédie toute objectivation de la fonction narrative.  Mais l'oeuvre de Mary Sue en son rapport au "vrai" ne saurait se réduire aux seules notions de feinte et de détour. Elle manifeste un conflit propre à l'image, un divorce pensée-forme. L'effort de la langue pour saisir l'objet qui lui échappe pousse à la contestation de ses productions. Le conflit de l'activité fabulatrice et de la fable dont l’image est le récit représente l'expression d'une puissance négative à l'œuvre.

Le jeu de la fonction imageante avec elle-même ne fait aucun doute. Il ne s'agit pas toutefois de la seule manipulation de techniques de représentation mais l'expression d'un grand jeu. La fiction de la fiction devient la profondeur ouverte sur l'expérience qui la rend possible. Elle produit l'étrange mouvement qui va de l'oeuvre vers l'origine de l'œuvre. Imager revient à désimager non par effacement mais en accentuant les effets du stéréotype. La contestation à laquelle se livre Mary Sue n'est que d'un nihilisme apparent. Cette contestation porte au point de dysfonctionnement de l’image et du réel, mais rien n'est plus éloigné de l'oeuvre que la tentation du désastre. L'illusion n'est plus à ce stade de déjouer "du" réel mais la fiction de l’image elle-même présentée comme –dirait Pinget – « hypothèse dérisoire » dans une poétique ou une "politique" du leurre.

L’image et sa fiction, le vrai et le leurre jouent un rapport  dans lequel la feinte est une nécessité. Il faut donc envisager le travail de l'artiste comme  une rhétorique parodique de la postmodernité. Le travail de l’artiste d ne se résume pas au simple jeu de la fonction imageante. La déconstruction exploite le fonctionnement de l’image narrative  jusqu'au vertige  en l’ouvrant à l'interrogation inouïe de son sens. L’image en ses simulacres constituent ce que Blanchot émet « Jamais un tableau ne pourrait seulement commencer, s'il se proposait de rendre visible la peinture comme le réel » (Le livre à venir, p.273).  Néanmoins l’œuvre de Mary Sue vise à l'inverse à faire venir au jour cette part de réalité qui se cache sous les apparences - la réalité étant prise ici dans le sens de conformité non pas avec les choses, mais avec le sens des choses. Sa découverte dépasse la seule expression du sujet et de son identité en faisant de la narration plastique une dérive et une errance, une excursion autour de la nécessité du possible impossible.

Jean-Paul Gavard-Perret

 
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La permanence
Mary Sue

SILENCE ! Silence dans la salle… JE VEUX entendre les mouches voler ou la
première qui amusera la galerie sera consignée en permanence !
Bzzzzz ! Comme d’habitude !
Mary Sue a rendu ses copies :
Elles sont toutes concentrées sur des devoirs plus ou moins au programme, bien
installées à la galerie Rabouan Moussion pour une révision générale qui durera
29 X 24 soit 696 heures, la plus longue de tous les temps. C’est que le sujet,
justement est fastidieux.
Par exemple, prenons un cas précis :
En partant du principe de base que les maths, c’est pas le fort de Mary Sue
(surtout les formules complexes à plusieurs degrés avec plein d’inconnues), mais
si on considère que le temps qu’elle passe sur les bancs de l’école à user ses
fonds de culotte est proportionnel à ce qu’elle y apprend, alors on conclut
fastoche que l’école et elle, c’est pour la vie.
« Euh M’sieur, ça vaut pour la moyenne ? »
La Permanence, c’est le nom donné à cette nouvelle exposition. Le terme
englobe à la fois le caractère de ce qui est constant, figé dans le temps et dans
l’espace et le nom donné aux salles d’études où les élèves se regroupent entre
deux heures de cours, deux « séances d’apprentissage ». Un moment de relâche
pour certains, une heure consacrée aux leçons pour d’autres. Ici, le rapport entre
l’apprentissage formatant des adultes en devenir et le sentiment de liberté
infantile, se conjuguent (non sans faute) avec toute l’ironie et les incohérences
révélées par cette nouvelle série, ce nouveau laboratoire. Si l’on veut bien
admettre que la vie à l’école est l’école de la vie, Mary Sue porte déjà en elle ce
qu’elle sera. Son avenir est gravé sur le bureau, son présent est son futur : sa
permanence.
L’installation photographique et la vidéo Le supplice de la bonne élève
plantent le décor d’un lieu d’étude en tous points. Tant pour cette classe de
sciences « physiques et sociales » à disséquer au scalpel, que pour le spectateur
contraint et forcé de prendre son rôle de surveillant général très à coeur (du fait
du peu de respect que la bûcheuse et ses camarades semblent observer pour le
mobilier scolaire).
Les Gravures récentes réalisées pour certaines avec un acharnement juvénile
et idolâtre (Study on Study), signe l’état des lieux de cette classe d’aujourd’hui
à l’étude de son époque. D’autres, soulignent de manière fictionnelle en un clin
d’oeil espiègle, le sort réservé aux meilleurs cancres (Early works).
Mary Sue
 
 

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