BIOGRAPHIE DE JEAN HELION 1904 Jean Hélion naît le 21 avril à Couterne (Orne) où il est élevé par sa grand-mère jusqu’à l’âge de 8 ans. 1912-1920 Rejoint ses parents à Amiens en 1912 et suit ses études primaires. En 1920, études de chimie à l’Institut industriel du Nord. Il quitte Lille pour Paris. 1921 Employé comme apprenti-dessinateur chez un architecte, il découvre Paris, visite le Louvre où il est impressionné par Poussin et Philippe de Champaigne. 1922 Premières peintures (Rues la nuit, Toits à l’aube, Escaliers). 1924 Avec le peintre belge Luc Lafnet, il expose à la « Foire aux croûtes » de Montmartre. Visite les galeries, découvre les oeuvres de Cézanne, Matisse, Derain et Vlaminck. 1925-26 Hélion rencontre Georges Bine, son premier collectionneur. Celui–ci lui offre son premier contrat. Il abandonne l’architecture pour se consacrer à la peinture et suit des cours de nu à l’académie Adler. En 1926, Hélion s’installe dans un atelier, rue Marcel-Sembat, à Paris. Il se lie d’amitié avec le peintre uruguayen Joaquin Torrès-Garcia qui lui fait découvrir l’art moderne, notamment le cubisme. Avec Luc Lafnet, Jean Réande et Jamblan, Hélion fonde la revue l’Acte (quatre numéros publiés). 1928 Hélion expose deux tableaux au Salon des indépendants, mais est refusé au Salon d’automne. Il organise une exposition de protestation « Les 5 Refusés » (avec Torrès-Garcia, Engel-Pak, Aberdam et Pierre Daura). 1929 Hélion quitte Montmartre pour Montparnasse. Il poursuit ses recherches abstraites. En juillet, l’artiste expose ses premières oeuvres abstraites à la galerie Dalmau de Barcelone. De retour à Paris à l’automne, il rencontre Théo van Doesburg, Otto Carlsund et Léon Tutundjian. Ensemble, ils fondent le groupe et la revue Art Concret. Hélion fait aussi la connaissance de Arp, Charchoune, Mondrian, Pevsner et Vantongerloo. 1930 Parution au mois d’avril du premier et unique numéro de la revue Art Concret. Sous l’impulsion de van Doesburg, le groupe Art Concret s’élargit et devient alors Abstraction-Création (avec Arp, Delaunay, Herbin, Kupka, Gleizes, Valmier et Tutundjian puis, après la mort de van Doesburg, de Vantongerloo). Hélion la connaissance de Calder, Gorin, Léger, Ozenfant, Seuphor et du poète Suédois Gunnar Ekelöf, puis de Duchamp, Ernst et Tzara. L’artiste voyage à travers l’Europe avec le peintre américain William Einstein : à Berlin, visite à Nam Gabo ; en URSS où ils rencontrent Tatline. Séjour en Suède où il rejoint Carlsund et Ekelöf. A son retour à Paris, en novembre, il emménage dans un nouvel atelier, rue Daguerre. 1932 Divorcé de sa première femme, Hélion épouse Jean Blair, originaire de Virginie. Il rencontre Pierre Loeb qui organise, dans sa galerie parisienne, la première exposition personnelle du peintre (peintures orthogonales et Tensions circulaires). Hélion rencontre également le critique d’art américain J-J. Sweeney, A-E. Gallatin, et Christian Zervos, directeur des Cahiers d’art. Se lie d’amitié avec Mondrian, Arp et Giacometti. L’artiste dirige le premier numéro de la revue Abstraction-Création où il publie un article : « A Solder ». Durant l’automne il séjourne en Virginie et à New York où il rencontre Gorky, Sydney Janis, Kiesler, G.L.K. Morris). Il revient à Paris en décembre dans un nouvel atelier, impasse Nansouty. 1933-34 Au mois de juillet 1933, Hélion traverse l’Atlantique en bateau en compagnie de Calder, avant de rejoindre son domicile en Virginie en janvier 1934. De retour à Paris en février, il rencontre Raymond Queneau, Miró, Lipchitz et Pierre-Georges Bruguière qui commence à collectionner ses oeuvres. Lors de son premier voyage à Londres avec Gallatin, Hélion rencontre Ben Nicholson, Herbert Read, Henry Moore… Hélion quitte le groupe Abstraction-Création. 1935 Hélion collabore à la revue londonienne Axis (six numéros publiés). Voyages en Suisse puis en Angleterre où il rencontre Henry Miller, Kandinsky et Hartung. Il s’installe dans un nouvel atelier, boulevard Saint-Jacques, où il entreprend de réaliser de grandes compositions abstraites. 1936-38 Hélion participe à de nombreuses expositions de groupe à Paris, Londres et New York. Avant de repartir, au mois de juillet aux Etats-Unis, où il restera jusqu’à l’été 1937, l’artiste fait la connaissance d’André Breton. Hélion construit son atelier à Rockbrige Baths (Virginie), mais passe l’hiver 1936-1937 à New York où il rencontre Meyer Schapiro, de jeunes peintres et écrivains américains. Pendant l’été 1937, ses compositions abstraites se structurent en figures. En avril 1938, Hélion revient à Paris où il rencontre Yves Tanguy. A son retour en Virginie en août, l’artiste peint de grandes compositions abstraites et des études d’arbres d’après nature. Ses toiles révèlent une amorce de retour vers la figuration. 1939 Dernières compositions abstraites dont Figure tombée. Séries de « têtes » : Émile, Édouard, Charles. Hélion peint sa première grande toile figurative, Au cycliste. 1940-43 En janvier 1940, Hélion quitte New York pour rejoindre l’armée française. Fait prisonnier en juin, il séjourne dans un camp en Poméranie, puis à Stettin où il sert d’interprète dans un bateau-prison. Il s’évade le 13 février 1942, traverse l’Allemagne, se rend à Paris, puis gagne Marseille où il retrouve Duchamp, Tzara, Brauner et Hérold. Hélion repart en octobre aux Etats-Unis, où il rédige le récit de sa captivité et de son évasion dans They Shall not Have Me (New York, E.P. Dutton, 1943). 1944-1946 Mort de sa femme Jean. En janvier 1944, Hélion s’installe à New York. Il retrouve Mondrian, Ernst, Calder, Tanguy, Léger, Seligman, Ozenfant, Breton et André Masson, réfugiés aux États-Unis. Séries des Allumeurs, des Fumeurs, des Femmes aux cheveux jaunes, suivies, en 1945, des Salueurs, des Promeneurs, des Figures de pluie. Hélion revient en France en avril 1946, passe l’été à Cagnes-sur-mer où il peint des nus. Il s’installe en automne à Paris, 4 rue Michelet, où il demeurera jusqu’à sa mort. En novembre, épouse Pegeen Vail, fille de Peggy Guggenheim. 1947 Au printemps, peint À rebours, toile capitale, dans laquelle il résume toutes ses recherches antérieures – des premières abstractions aux nus de l’été précédent insérés dans des architectures ou fenêtres, déjà présentes, dès 1939, dans la toile Au cycliste. 1948 Premier voyage en Italie (Venise et à Gênes). Hélion découvre, entre autres, Magnasco dont il se souviendra dans ses scènes de rues peintes dans les années soixante. À Paris, fait la connaissance des poètes Yves Bonnefoy, André du Bouchet, Alain Jouffroy et Francis Ponge. Première série de Journaliers et de Natures mortes à la citrouille. 1950 Année consacrée aux séries des Journaliers et gisants et aux petites et grandes Mannequineries achevées l’année suivante. 1951 Les Mannequineries semblent clorent la période « surréalisante » du peintre. Dès l’automne, il peint des chrysanthèmes d’après nature. Allégorie et quotidienneté sous-tendent sa production des années cinquante. Le vérisme de sa nouvelle manière entraînera sa longue exclusion de la scène artistique parisienne entièrement tournée, à cette époque, vers l’abstraction. Nouvel atelier, avenue de l’Observatoire, faute d’espace rue Michelet, y peint des natures mortes aux lapins, aux citrouilles, aux pains et des nus d’après nature. 1952-53 Hélion voyage en Espagne, visite les musées. Durant l’été 1953, il se rend pour la première fois à Belle-Île où il achètera une maison l’année suivante. Il y réalise de nombreuses études d’après nature. 1954 Il met en chantier une grande composition inspirée du Jardin du Luxembourg (nombreuses études de promeneurs, de balayeurs, de statues, de bancs…) qu’il achèvera l’année suivante. 1955 Sous les toits de son atelier de la rue Michelet, Hélion peint des scènes d’intérieur (portraits de sa femme, natures mortes et vanités) selon une technique renouvelée par l’étude de la lumière irradiée à travers de grandes verrières. Nouveau voyage en Italie à la découverte de Masaccio. 1957-58 Nus à l’atelier, citrouilles et vanités. Hélion se sépare de sa femme Pegeen. À l’automne, il peint Le Grand Brabant. 1959 Hélion réalise des portraits de ses amis poètes et collectionneurs (Yves Bonnefoy, Georges Bine, André du Bouchet, Pierre Bruguière). 1960-61 Il reprend le motif du Luxembourg et des toits avec personnages et voyage en Hollande avec Jacqueline Ventadour (qu’il épousera en 1963) pour revoir des oeuvres de Rubens et de Franz Hals. 1962 Achète une propriété à Bigeonnette, près de Chartres, où il dispose d’un grand atelier, mais continue à peindre à Belle-Île durant l’été. Le théâtre de la rue parisienne (voitures, les Halles et ses porteurs, les étalages) sont ses nouveaux sujets. Hélion commence à peindre à l’acrylique, libérant ainsi son pinceau de la contrainte graphique. 1963 À Belle- Île, il peint des motifs sur le port : pêcheurs et pinasses ; à Paris, des figures hiératiques aux Halles. 1964-67 Décors et costumes du Roi Lear de William Shakespeare réalisés en 1964 pour la Télévision française. En 1966, Hélion peint le triptyque Au niveau de la rue, et met en chantier une suite de Rues et de Cafés dont l’aboutissement, Le Triptyque du Dragon, sera réalisé à Bigeonnette en 1967. Il se lie d’amitié avec les peintres Gilles Aillaud et Eduardo Arroyo. 1968 Après l’intérêt porté au Cirque d’hiver (études des gens du spectacle), les événements de Mai 68 l’intéressent: réalisation du triptyque Choses vues en mai. 1969 Voyage en Tchécoslovaquie et en Allemagne. À Paris, il revient aux motifs du cirque et du métro. 1970 Rétrospective de son oeuvre à Paris, au Galeries Nationales du Grand Palais. Parallèlement, une exposition itinérante de peintures voyage à travers la France. L’artiste expose ses dessins dans les Maisons des jeunes et de la culture de Paris. 1971-72 Nouveau voyage en Allemagne et en Tchécoslovaquie. À Prague, un incident (problème rétinien) le contraint à écourter son voyage. 1973-74 Hélion s’installe définitivement à Bigeonnette en 1973. Réalise des oeuvres ayant pour thèmes la campagne : peintures de choux, marchés (Triptyque du marché), suites maraîchères. En 1974, début d’une collaboration avec le galeriste Karl Flinker, qui durera douze ans. 1975 À Belle-Île, gouaches de homards et de mareyeurs ; à Bigeonnette, Nu au perroquet, Perroquet bleu, un diptyque et quatre toiles inspirés du 11 novembre. 1976 Séjour à New York : Hélion réalise de nombreux croquis qui inspirent des oeuvres telle New York Scene. De retour à Paris, il peint les terrasses de café, les pissotières dans une grande composition La Ville est un songe. En 1977, nouveau voyage en Espagne. 1978 À Paris, ses motifs s’inspirent des Puces qui aboutiront au grand triptyque Le Jugement dernier des choses. Voyage en Toscane pour revoir les primitifs siennois, notamment Piero della Francesca. 1979-80 Le Centre Pompidou - Musée national d’art moderne organise une exposition itinérante de ses dessins présentée notamment à la Pinacothèque nationale d’Athènes. Puis les Palais des beaux-arts de Pékin, Shanghaï et Nanchang seront les trois étapes de la rétrospective de son oeuvre. 1981-82 Sa vue s’affaiblit. Travaillant sans relâche à la réinterprétation de ses anciens motifs, il aborde de nouveaux thèmes. Dernier séjour aux États-Unis (à Skowhegan, Maine) pour y donner une conférence et s’entretenir avec les étudiants. 1983-85 Hélion, aveugle, ne quitte pratiquement plus son atelier de Bigeonnette. Dès la fin de cette année et jusqu’en 1985, il dicte des commentaires critiques sur ses peintures inachevées ou « ratées », conservées à Bigeonnette. Ce Mémoire de la chambre jaune sera suivi de trois cahiers consacrés à son enfance et aux rencontres décisives de sa vie de peintre débutant. 1986-87 Après avoir vendu sa maison de Bigeonnette, retour à Paris, rue Michelet. 1987 Jean Hélion s’éteint à Paris le 27 octobre. Pour célébrer le centenaire de la naissance de Jean Hélion, le Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, a présenté, du 8 décembre 2004 au 7 mars 2005, une exposition rétrospective de l’oeuvre de l’artiste. A travers quatre-vingts peintures, cette manifestation retrace les étapes d’une carrière atypique : de l’abstraction la plus radicale au début des années trente à la figuration adoptée par l’artiste après la Seconde Guerre mondiale, au moment même où s’impose partout la peinture abstraite. En 1930, Jean Hélion fait irruption dans l’histoire de l’art moderne en fondant, avec Théo van Doesburg, Otto Carlsund, et Léon Tutundjian, la première avant-garde française (Art Concret), vouée à un art radicalement abstrait. Son activisme dépasse les frontières : en Angleterre, il participe à la fondation de la revue Axis. Aux Etats-Unis, son atelier devient un lieu d’information capital sur les mouvements modernes européens : « Vous ne pouvez pas avoir affaire avec l’AAA (association des Artistes Abstraits Américains) dans les années trente ou au début des années quarante sans la présence d’Hélion », déclarera Ad Reinhardt. Si la peinture figurative, inspirée des scènes de la vie quotidienne, que pratique Hélion à partir de 1939, est, pour un artiste «pop» tel Jim Dine, une référence historique majeure, elle apparaît en France, après la Seconde Guerre mondiale, alors que triomphe l’abstraction, comme un anachronisme. C’est une fois encore une nouvelle génération de peintres, celle de Gilles Aillaud, Eduardo Arroyo, qui rendra compte, au début des années soixante, de l’actualité de l’art de Jean Hélion. Centre Pompidou 75191 Paris Cedex 4 métro : Rambuteau ou Hôtel de Ville téléphone : 00 33 (0)1 44 78 12 33 télécopie 00 33 (0)1 44 78 12 07 POUR PLUS D’INFORMATIONS www.centrepompidou.fr |