26-05-2012

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Mathias Schmied Galerie Olivier Houg

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Solid Sound
Exposition personnelle de Mathias Schmied
Vernissage le jeudi 10 juin 2010
Exposition du 11 juin au 31 juillet 2010

Not so comic

Dans ses dernières œuvres exposées à la Galerie Olivier Houg, Mathias Schmied explore deux directions principales. La première repose sur l’utilisation de pages prélevées dans des comics books des années 70 à aujourd’hui. Dans un premier temps, ils semblent témoigner d’une volonté de destruction des dessins – dont l’artiste n’est pas l’auteur – de leur dimension narrative autant que de leur caractère figuratif.
Cette transformation ne se pratique pas par le  brouillage de l’image selon des moyens conventionnels (par la tâche, le caviardage, la rature…), mais par le découpage. Mathias Schmied avait déjà utilisé cette technique, mais d’une façon différente en modifiant des images de magazines pornographiques de sorte que les filles dénudées semblaient se protéger elles-mêmes du regard du spectateur.

 

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 Mathias Schmied Special Mandrake 2010 Comics découpé 23,5 x 16,5 cm Courtesy Galerie Olivier Houg

 Mathias Schmied Special Mandrake 2010 Comics découpé 23,5 x 16,5 cm Courtesy Galerie Olivier Houg

A l'opposé de Raymond Pettibon, dans les dessins duquel le texte et l’image s’annulent et se complètent simultanément, Mathias Schmied défait la structure du langage des comics. Il agit à la fois du point de vue de la narration, de l’image ou du graphisme et du texte, soit autant d’éléments qu’il supprime, totalement ou en partie. Pourtant, son approche est distante de celle des artistes du Pop américain, comme Lichtenstein, par exemple, qui « pouvait traiter du comics comme d’un type américain de détritus » (1).

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Mathias Schmied Noise 2010 Aquarelle et encre de Chine sur papier découpé 70 x 101 cm
Courtesy Galerie Olivier Houg

Dans sa dernière série de découpages, Mathias Schmied prélève des pages isolées de comics  ou des histoires entières, puis, par découpage de certaines zones, « vide » la narration de sa substance et la représentation de sa capacité mimétique, s’orientant ainsi vers une certaine abstraction. Les trois œuvres intitulées Special Mandrake (2010) sont des pages superposées de comics dans lesquelles l’artiste ôte à chaque fois certains éléments. Ce qui reste évoque une expérimentation spatiale qui, par analogie, renvoie à la fois à l’architecture et à la peinture abstraite – comme si Mathias Schmied avait inversé la procédure des papiers collés de Matisse.

 
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Mathias Schmied 30/10 Click 2009 Page de comics découpé 24 x 16,5 cm Courtesy Galerie Olivier Houg

Parfois, seuls les contours des personnages restent, imbriqués les uns dans les autres. La découpe crée une alors une réserve dans la page, de laquelle émanent des zones colorées néo-psychédéliques.L’évidement peut aller jusqu’à ce qu’il ne reste dans la page que des bandes comportant de deux à trois cases, c’est-à-dire seulement la structure de la BD. Le blanc est alors dominant : il ne reste que des silhouettes, sans substance, et des bulles qui ne disent plus rien, semblables à d’absurdes nuages flottants. Et quand une bribe de texte subsiste, elle ne donne quasiment aucune information par rapport au récit et à la figuration qui ont été supprimés. Les pages de comics modifiées s’éloignent ainsi de leur support initial tout en en gardant leur squelette ou leur ossature. D’une certaine manière, Mathias Schmied agit à la façon d’un chirurgien ou d’un médecin légiste qui dissèque les pages de comics. Cette opération s’apparente-t-elle à une dévitalisation de ces pages ou au contraire à une revitalisation ? Il y a plusieurs façons de répondre à cette question. Parfois, dans ce processus de transformation, l’artiste change l’orientation des pages imprimées issues de la subculture, pour les amener vers la modernité artistique. Ainsi, avec les cercles partiellement concentriques de 41/1 (2009), il renvoie au motif de la cible, qui, des Roto-reliefs de Duchamp aux cercles de Mosset, est un motif privilégié de l’art abstrait du XXe siècle. En d’autres circonstances, lorsque les zones colorées dominent par rapport aux découpes, il reste une possibilité au regardeur d’échafauder des hypothèses narratives. Pourtant, Mathias Schmied ne propose alors que des amorces fragiles, une silhouette de cavalier émergeant d’une prairie, le contour d’une jambe sur un fond bleu…

La seconde voie expérimentée par l’artiste dans son exposition à la Galerie Olivier Houg est celle des œuvres textuelles, qui se distinguent des travaux récents effectués à partir des comics, où les mots sont en général supprimés. La peinture et sa matérialité font ici leur retour, à partie égale avec la découpe au scalpel. Pour réaliser ces œuvres, Mathias Schmied se sert en effet de chutes de peinture – des papiers déposés au sol dans son atelier pour le protéger. L’intérêt de ce type de support est qu’il présente des coulures ou des éclaboussures de nature accidentelle, que l’on ne saurait produire intentionnellement. Puis il découpe des mots dans ces papiers, en positif (ne gardant que les contours des mots) ou en négatif (les lettres créent des vides dans les feuilles). Le contraste entre le support déqualifié (de l’ordre du déchet), la  brutalité de la technique (la découpe) et la préciosité de l’écriture évoquant calligraphie précieuse, à volutes, penchée aboutit à un résultat complexe, mêlant une approche hard et soft. La thématique de ces word works, qui présentent une efficacité visuelle immédiate, ajoute une strate de sens supplémentaire, en rapport ou non avec leur processus de fabrication. Ce sont parfois des mots isolés comme Silence (2010). Dans certaines œuvres, on trouve aussi des phrases : Can’t even speak (2010) ou Does the noise in my head bother you (2010) (2). Le plus souvent, la présence du texte s’oppose à sa signification. On pense alors à la longue série de tableaux initiée dans les années 80 par Ed Ruscha, The End, qui poursuit la peinture tout en annonçant sa fin (3).

Qu’il s’agisse des pièces conçues à partir de Comics ou des œuvres textuelles, les stratégies esthétiques et les techniques utilisées par Mathias Schmied s’additionnent, se complètent ou au contraire s’opposent. Le décoratif voisine l’abstraction pure, la spontanéité du geste (la bombe de peinture) côtoie la méticulosité (le scalpel), les variations sur un même thème laissent la place à des explorations inédites… Mais l’ensemble reste cohérent, ne cessant de ramener le spectateur vers une sorte de formalisme punk mélancolique.
Pierre Tillet

(1) Dennis Cooper dans « Interview. Dennis Cooper in conversation with Raymond Pettibon », in Robert Storr, Dennis Cooper et Ulrich Look, Raymond Pettibon, Phaidon, Londres, première publication en 2001, réimprimé en 2003, p. 11 (« Lichtenstein might treat the comic as this Americana type of detritus »).
(2) Cf. les mémoires de Steven Tyler (lead singer d’Aerosmith), Does the noise in my head bother you, Harper & Collins, New York, 2009.
(3) Il faut préciser que la série The End renvoie aussi chez Ed Ruscha au cinéma, à Hollywood et à l’image de fin des films.

Pierre Tillet, critique d’art, collabore aux Cahiers du Musée national d’Art moderne, à Frog et à 02. Il a contribué à plusieurs ouvrages ou catalogues d’exposition consacrés entre autres à Boris Rebetez, Jean-Marc Bustamante, François Curlet, Diango Hernandez, Sabina Lang & Daniel Baumann, Pierre Joseph, Paul Pouvreau. Il enseigne l’histoire de l’art à l’École nationale supérieure d’Architecture de Lyon.

Mathias Schmied

Né en 1976 à Berne, Suisse
Vit et travaille à Crest, Drome, France.

Expositions personnelles

2010 Solid Sound, Olivier Houg Galerie, Lyon.

2009  Le Dessin évidem(m)ent, Chapelle de la Visitation, Thonon-les-Bains curated By Philippe Piguet
Galerie Contempo, Art Amsterdam.
Judy Rotenberg Gallery, Boston

2008 The Solo Project, Basel, Olivier Houg Galerie

2007 I hate the way I love, Josée Bienvenu Gallery, New York

2006  Ideal crash Test (texte du catalogue Philippe Pighet), Olivier Houg Galerie, Lyon, France

2005  AMOK, Galerie Basta, Lausanne.

2004  TIAF, Toronto, Olivier Houg Galerie
 Scope New York, Olivier Houg Galerie


Expositions de groupe

2010 Art Paris,  Paris, Olivier Houg Galerie

2009  Show Off, Paris, Olivier Houg Galerie
             Les douanes : Papiers, Olivier Houg Galerie, Lyon
             Microwave 7, Judi Rotenberg Gallery, curated by Josée Bienvenu, Boston USA
             Salon du Dessin Contemporain, Paris, Olivier Houg Galerie.

2008  Salon du Dessin Contemporain, Paris, Olivier Houg Galerie.
             Drawing Battle Round 2, Olivier Houg Galerie, Lyon
             Re-cherche, institute Français de Stuttgart, Stuttgart
             NADA art fair Miami, Josée Bienvenue Gallery (NewYork, USA)

2007  Addicted on Paper, Galerie Lelong Zurich Switzerland
              Show Off 07, Paris, France, Olivier Houg Galerie
             De leur temps (2), museum of Grenoble France,
             Josée Bienvenue Gallery (NewYork, USA)
             Balelatina Basel, Olivier Houg Galerie, Switzerland
             Arco Madrid, Olivier Houg galerie, Lyon France
             Art Brussels, Belgique, Josée Bienvenu Gallery

2006  Art on Paper Biennial, Weatherspoon Museum, The University of North Carolina at Greensborough, NC
             Show Off, Paris, Olivier Houg Galerie
             Year 2006, Josée Bienvenu Gallery, Londres
             This Ain't No Kareoke, Haas & Fischer Gallery, curated by Max Henry, Zürich, Switzerland
             Drawing Battle, Galerie Magda Danysz, Paris, France

2005  Paramour, Art 45 Olivier Houg, Lyon, France
             NADA art fair, Miami, Josée Bienvenu Gallery
             FIAC, Paris, Artcore Galerie
             Bitter Than Sweet, Olivier Houg Galerie, Lyon, France
             Rx Galerie, Paris, France
            Just What Is It That Makes...., Subsistances, Lyon, France

2004  Contemporary Art Biennial, La Spezia, Italy
             FIAC, Paris, Artcore Gallery
             TIAF, Toronto, Olivier Houg Galerie
             Galerie trois Points, Montreal, Canada
             New Papers, Josee Bienvenu Gallery, New York
             Maison des Expositions, Genas, France
             Scope New York, New York, Olivier Houg galerie

2003  Rendez-vous, Galerie des Terreaux (Exposition Organisée par le Mac) Lyon, France
             Exposition au Centre d’Art de Bretigny sur Orges, Bretigny sur Orges, France
             Window Licking, Olivier Houg Galerie, Lyon, France
             Art Rotterdam, Rotterdam, Olivier Houg Galerie

2002 Inauguration des Bureaux Parisiens de la Communauté Urbaine de Lyon,

           Olivier Houg Galerie,  Paris,   France
           Art Rotterdam, Rotterdam, Olivier Houg Galerie
           1 Sur 12, 12 Sur 1, Subsistances, Lyon, France
           Crash Test, Olivier Houg Galerie, Lyon, France
           Les Enfant du Sabbat 3, Centre d’Art Contemporain le Creux de l’ Enfer, Thiers, France

2001  Atelier 4, Subsistances, Lyon, France
            Art in Situ, Roche sur Grâne, Drôme, France

Résidence

2006 Stuttgart, Allemagne

Acquisitions  

Fondation Rothschild (New York)
Museum of Modern Art, New York
FRAC Rhone Alpes, Lyon, France
FNAC (fonds national d’art contemporain) Paris France
Musée Paul Dini, Villefranche , France
Ville de Lyon, France 
 
Contacts:

Olivier Houg:
Tel: 04 78 42 98 50
Fax: 04 78 37 97 03
Mob: 06 07 38 28 35
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Patricia Houg:
Mob: 06 07 40 90 66
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Romain Houg:
Mob : 06 61 38 11 89
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Olivier Houg Galerie
45, quai Rambaud
69002 Lyon
http://www.olivierhoug.com/
Membre du Comité Professionnel des Galeries d’Art

 
 

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