PASCAL FAUVET : JEUX DES "DELICES" par Jean-Paul Gavard-Perret Pascal Fauvet par ses prises comme par ses montages prouve que l’art se doit d'assumer son caractère artificiel en développant un langage propre. En émane un “ ordre ” particulier entre réalité, fiction voire science-fiction parfois sexy. Choisissant pour contexte des éléments du corps ou des objets codés - parfois par la peinture ou le cinéma, comme son chapeau tiré d’un tableau de Magritte ou sa soucoupe volante extrait d’un film de S-F des années 50 - l’artiste crée des narrations souvent ironiques du réel.
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Pascal Fauvet Récréation n°1 |
| Jouant sur un formaliste affiché clairement, il crée des œuvres dont le propos converge parfois vers un centre formel et parfois vers un jeu érotique décalé come dans la sé »rie « Récréations » délicieusement et ironiquement coquines. Il illustre combien fond et forme ont quelque chose d’intéressant à dire et que l’art n’est pas le réel. De second ne demeure dans le premier qu’une fiction ordonnée, civilisée par des signes culturels et esthétiques emblématiques. Le réel, ses images et sa scénaristique donnent donc lieu ici à de nombreuses évocations. Elles reflètent le contexte historique, esthétique voire politique. Il s’agit de montrer combien "le ver est dans le fruit" et qu'un nouvel ordre se "dessine". |
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Pascal Fauvet Récréation n°2 |
| L’artiste représente, reproduit en apparence objectivement ce qu’il décale selon diverses techniques : répétitions d’éléments, décadrages ou jeus érotiques détournés par exemple. Il ne faut pourtant pas chercher dans ce travail une valeur documentaire. Les codes figuratifs sont ironisés pour montrer l’“ idéologie ” d’où ils sortent pour illustrer ce que Robbe-Grillet selon affirmait "l’idéologie est l’ordre établi qui se fait passer pour naturel ”. L’image devient pour une part un “ instrument ” capable de connoter tout en la détruisant la stabilité de l’ordre établi dans la mesure où elle est capable de "reproduire" (dans le sens premier et dans le sens où l'entend Bourdieu) l’ordre de l'ordre par le choix des objets « distingués »et celui de leurs théâtralisations. |
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Pascal Fauvet Récréation n°3 |
Lorsque Pascal Fauvet montre des objets tout semble se figer. A l’inverse lorsqu’il « montre » du corps, les limites spatiales du cadre paraissent incapables de le refléter en son entier. La perte entre l’original (modèle) et la « copie » photographique est parfois soulignée de façon en dépit d’“ ordres ” pour figer la réalité. Mais l’artiste semble ne pouvoir en donner que des visions partielles ou ludiques Là encore l’humour n’est pas absent. Tant s’en faut. Et l’œuvre induit que la réalité est insaisissable. Les différents éléments introduits le prouvent. Cadrages et multiplications, jeux des jeux plus ou moins libres plus que libertins réent des effets cinétiques d’abîme. Elle montre aussi que la représentation est un système de codes arbitraires. Elle est vouée à être à terme remplacée par un autre système (tout comme cela évolue entre les « collages » et les photographies).
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Pascal Fauvet Récréation n°4 |
| En conséquence d’une part Pascal Fauvet semble tourner en dérision l’artiste, de l’autre il dénonce les faux-semblants de l’ordre. C’est pourquoi l’artiste multiplie les emprunts et le pastiche. Cela permet de souligner l’artificialité de toute représentation en multipliant les genres et en opérant divers types d’exagération. Par ailleurs il démonte les ressorts narratifs de l’art afin d’appuyer sur ses limites. Grâce à tous ces questionnements sur la représentation l’œuvre est extrêmement réflexive. Elle “ nous regarde la regarder ”. Et cette impression peut être particulièrement déstabilisante. |
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Pascal Fauvet Récréation n°5 |
L’œuvre en revendiquant son artificialité et son hétérogénéité assume la multitude d’interprétations et de subjectivités qu’on dit propre aux œuvres « postmodernes ». La signification n’est pas fixée, le sens apparaît comme une construction non pas donnée par l’auteur, mais échafaudée, à partir d’éléments hétérogènes, par le spectateur, qui doit en assumer seul l’instabilité. Ainsi, la « mort de l’artiste », selon l’expression de R. Barthes, serait concomitante à la « naissance du regardeur ». Preuve que tout ordonnancement est toujours déjà représentation, construction artificielle. Si l’on est prêt à l’assumer, la fiction artistique devient le moyen le plus puissant d’appréhender le Réel. Autant alors jouer avec le feu de l’artifice et laisser s’enflammer les semblants. Pascal Fauvet le propose et l’assume. Jean-Paul Gavard-Perret |
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Pascal Fauvet Récréation n°6 |
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Pascal Fauvet Récréation n°7 |
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Pascal Fauvet Récréation n°8 |
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Pascal Fauvet Récréation n°9 |
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Pascal Fauvet Récréation n°10 |
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Pascal Fauvet Récréation n°11 |
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Pascal Fauvet Récréation n°12 |
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Pascal Fauvet Récréation n°13 |
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Pascal Fauvet Récréation n°14 |
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Pascal Fauvet Récréation n°15 |
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Pascal Fauvet Récréation n°16 |
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Pascal Fauvet Récréation n°17 |